Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Vous agissez par prétérition, madame la députée : vous prétendez ne pas jeter l'opprobre sur l'ensemble des forces de l'ordre, mais, en évoquant uniquement les dérives constatées ici ou là, vous semblez vouloir porter le discrédit sur tout le système de l'amende forfaitaire délictuelle et sur l'ensemble des forces de l'ordre, auxquelles je renouvelle tout le soutien du ministre de l'intérieur Laurent Nuñez et le mien.
L'amende forfaitaire délictuelle est un outil relativement récent à l'échelle du temps de la police et de la justice. Il est en pleine montée en puissance, comme vous l'avez souligné, et le fait que de plus en plus d'amendes soient dressées entraîne mécaniquement une hausse du nombre d'amendes infligées indûment.
Il n'en demeure pas moins que ce système présente de très gros avantages. Il permet d'avoir une sanction immédiate, une sanction certaine, et surtout une sanction qui correspond à des affaires laissées auparavant sans suite ou directement classées. Sur le terrain, il apporte beaucoup de résultats et il devrait continuer à le faire grâce à la future loi Ripost – réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens. En outre, c'est un outil qui fonctionne sous contrôle hiérarchique, avec des garanties pour toutes les personnes concernées. Comme vous le savez, dans le cadre du flagrant délit, s'il n'y a pas de reconnaissance des faits, la procédure bascule automatiquement vers une procédure classique.
Vous parlez également du taux de recouvrement, qui ne doit pas être confondu avec le taux d'exécution. Déjà, un bon nombre de ces amendes sont payées immédiatement. Quand on ajoute à cela le taux de recouvrement, on atteint un bon taux d'exécution, notamment pour l'amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants. Plus d'une sur deux sont effectivement payées. En France, 500 000 amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants ont été payées depuis qu'elles ont été créées.
Si, comme je l'espère, votre but n'est pas de jeter l'opprobre sur l'ensemble du système, vous conviendrez que les garanties que sont la formation initiale et continue, le contrôle hiérarchique – puis le contrôle du juge, si l'on passe dans le système classique – et les conditions mêmes de l'amende forfaitaire délictuelle en font un très bon outil, au bénéfice de la sécurité de nos compatriotes.