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🧭Gouvernement Lecornu II



















Bruno Clavet

Le 3 juin, la société GTE-Durisotti a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Arras. La conséquence est la suivante : 161 emplois disparaissent à Sallaumines, au cœur du bassin lensois, et avec eux un pan entier de l'histoire industrielle de ce territoire déjà meurtri par des années d'abandon et de promesses non tenues des gouvernements qui se sont succédé. Fondée en 1956, Durisotti incarnait près de soixante-dix ans de savoir-faire français dans la transformation et l'aménagement de véhicules utilitaires. Cette entreprise disposait d'une expertise construite par des générations de travailleurs, de compétences rares, de salariés qualifiés ; elle était un motif de fierté locale. Pourtant, elle n'est plus.

Comment avez-vous pu laisser disparaître ce fleuron industriel sans engager de véritables plans de sauvetage, sans apporter de réponse claire aux salariés et sans montrer que cette entreprise comptait pour vous ? Mais au-delà de la colère, il y a une exigence : celle de la vérité. Les salariés veulent comprendre comment une entreprise qui disposait d'un tel héritage industriel a pu en arriver là. Ils veulent connaître les décisions prises, les responsabilités engagées, les alertes données et celles qui n'ont pas été entendues. C'est pourquoi ils ont annoncé leur intention d'engager des démarches judiciaires, notamment à l'encontre des dirigeants. Je tiens à leur adresser mon plein et entier soutien : ils ont le droit de connaître la vérité sur ce qui a conduit à la disparition de leur entreprise.

Dans un premier temps, monsieur le ministre, je souhaite que vous leur adressiez un message clair, celui que l'État sera à leurs côtés pour faire toute la lumière sur cette affaire. Ensuite, comment comptez-vous accompagner les salariés dans ces démarches et répondre à ceux qui ont le sentiment que l'État a été absent au moment où il fallait être là ?
Serge Papin,
ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
Le groupe Durisotti connaît des difficultés chroniques depuis de nombreuses années. Il a été placé en redressement judiciaire en 2013, puis en 2019, avant d'être repris par le groupe britannique Liberty, puis cédé au carrossier GTE Automotive en juillet 2024. Depuis les premières difficultés, l'État, notamment via le comité interministériel de restructuration industrielle, s'est mobilisé pour rechercher une solution pérenne. Il a accompagné la reprise par GTE Automotive, apporté un soutien financier exceptionnel et conduit des échanges avec les constructeurs automobiles qui sont les principaux clients de l'entreprise.

Malgré ces efforts, les actionnaires n'ont pas réussi à redresser l'activité. Il convient de rappeler que ni l'État ni les collectivités ne peuvent se substituer durablement aux acteurs privés. Il appartient aux dirigeants et aux actionnaires de prendre la mesure des difficultés et d'y répondre en temps utile. Dans ce contexte, il revenait au tribunal de prendre les mesures qu'imposait la situation de l'entreprise en prononçant sa liquidation judiciaire. Le gouvernement déplore cette situation et entend concentrer ses efforts sur l'accompagnement des salariés licenciés, afin qu'ils puissent retrouver un emploi dans les meilleurs délais. Les services de l'État en région sont mobilisés à cet effet et l'État sera aux côtés des salariés pour les aider à retrouver un emploi.
Bruno Clavet

Je prends acte de votre engagement, mais les salariés attendent des actes, pas des mots. Être à leurs côtés, ce n'est pas simplement accompagner les conséquences d'une liquidation, c'est aussi comprendre comment nous en sommes arrivés là. Être à leurs côtés – j'espère que l'État tiendra son engagement –, ce n'est pas seulement défendre le droit des travailleurs, mais aussi leur permettre de comprendre comment soixante-dix ans de savoir-faire en France peuvent disparaître.
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