Bruno ClavetLe 3 juin, la société GTE-Durisotti a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Arras. La conséquence est la suivante : 161 emplois disparaissent à Sallaumines, au cœur du bassin lensois, et avec eux un pan entier de l'histoire industrielle de ce territoire déjà meurtri par des années d'abandon et de promesses non tenues des gouvernements qui se sont succédé. Fondée en 1956, Durisotti incarnait près de soixante-dix ans de savoir-faire français dans la transformation et l'aménagement de véhicules utilitaires. Cette entreprise disposait d'une expertise construite par des générations de travailleurs, de compétences rares, de salariés qualifiés ; elle était un motif de fierté locale. Pourtant, elle n'est plus.
Comment avez-vous pu laisser disparaître ce fleuron industriel sans engager de véritables plans de sauvetage, sans apporter de réponse claire aux salariés et sans montrer que cette entreprise comptait pour vous ? Mais au-delà de la colère, il y a une exigence : celle de la vérité. Les salariés veulent comprendre comment une entreprise qui disposait d'un tel héritage industriel a pu en arriver là. Ils veulent connaître les décisions prises, les responsabilités engagées, les alertes données et celles qui n'ont pas été entendues. C'est pourquoi ils ont annoncé leur intention d'engager des démarches judiciaires, notamment à l'encontre des dirigeants. Je tiens à leur adresser mon plein et entier soutien : ils ont le droit de connaître la vérité sur ce qui a conduit à la disparition de leur entreprise.
Dans un premier temps, monsieur le ministre, je souhaite que vous leur adressiez un message clair, celui que l'État sera à leurs côtés pour faire toute la lumière sur cette affaire. Ensuite, comment comptez-vous accompagner les salariés dans ces démarches et répondre à ceux qui ont le sentiment que l'État a été absent au moment où il fallait être là ?