Florence Herouin-LéauteyMa question s'adresse au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Je souhaite appeler votre attention sur la situation financière particulièrement dégradée de l'université de Rouen Normandie, au sujet de laquelle plusieurs de mes collègues et moi-même vous avons écrit en janvier et relancé au mois de mai, sans obtenir de réponse. De ce fait, je vous pose aujourd'hui directement les questions contenues dans ce courrier.
L'université de Rouen Normandie est aujourd'hui en situation de sous-dotation structurelle, évaluée entre 10 et 60 millions d'euros par an, en comparaison d'établissements de taille et de profil similaires. Depuis plusieurs années, elle a dû mobiliser près de 10 millions d'euros sur ses ressources propres afin d'absorber des charges salariales nouvelles imputées par l'autorité centrale sans compensation ni prise en charge suffisante de l'État.
Pour faire face à cette mise en péril de sa situation financière, la direction de l'université a été contrainte d'engager des mesures de réduction des dépenses : plafonnement des heures d'enseignement, fermeture de certaines formations, réduction d'emplois. Ces mesures portent directement atteinte à la qualité de travail des enseignants, mais aussi au niveau de formation des étudiants, avec un risque d'augmentation du nombre de bacheliers se trouvant sans solution à la rentrée 2026 et la suppression de plus de 600 places en licence.
Par ailleurs, la métropole Rouen Normandie s'est fortement engagée en faveur de l'enseignement supérieur et de la recherche, avec un plan global de soutien de 55 millions d'euros sur quatre ans, qui a notamment permis l'ouverture du département d'odontologie et le financement de postes d'enseignants, dont des professeurs d'université-praticiens hospitaliers – une initiative unique en France par son volontarisme. Alors que la part de l'enseignement supérieur privé ne cesse de croître, accentuant les inégalités d'accès aux formations, un désengagement de l'État paraît particulièrement préjudiciable pour les territoires et les étudiants qui dépendent du service public universitaire.
Quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour remédier à la sous-dotation structurelle de l'université de Rouen Normandie, garantir la pérennité et la qualité de ses enseignements et apporter une réponse satisfaisante à cette situation dans le cadre des assises du financement des universités ?