La protection des herbiers de Posidonie, habitats marins d'intérêt patrimonial majeur, constitue une priorité de l'État et du parc national des Calanques. Les infractions relevées par l'Office français de la biodiversité témoignent de la nécessité de maintenir et renforcer les dispositifs de régulation et de contrôle des usages en mer, afin de concilier fréquentation du site et préservation des écosystèmes. Le parc national des Calanques est situé sur un territoire emblématique comprenant un patrimoine écologique majeur, soumis à de fortes pressions anthropiques, particulièrement en période estivale : forte fréquentation touristique, activités de prélèvement de ressources (pêche professionnelle et de loisir), fort risque incendie… Afin de répondre à ces pressions, le parc national des Calanques mobilise trois leviers d'actions : la réglementation, l'information et la sensibilisation du public ainsi que l'aménagement des sites. D'un point de vue réglementaire, le parc national dispose de compétences en matière de police de l'environnement et de circulation des personnes. Dans le cœur marin, le conseil d'administration peut émettre des propositions de réglementation sur la circulation des personnes et des bateaux, toutefois le préfet maritime reste compétent. La directrice de l'établissement public peut à son niveau réglementer les activités sportives et de loisir, qu'elles soient terrestres ou subaquatiques. Elle a également la possibilité de prendre toute mesure conservatoire nécessaire à la protection d'espèces ou habitats menacés en cœur terrestre ou marin. Le parc national des Calanques est engagé depuis plusieurs années dans un effort de maîtrise et d'organisation de sa fréquentation nautique, au moyen de sa stratégie d'accueil et de ses déclinaisons opérationnelles : schéma d'accès, schéma de mouillage, schéma des sports et loisirs de nature. Depuis 2020, cette activité est soumise à un contingentement : seuls les professionnels reconnus et agrées par l'établissement bénéficiaires d'une vignette verte sont autorisés à louer une embarcation. L'instauration d'un quota journalier d'accès maritime, géré par un système de réservation numérique obligatoire, est une piste sérieusement étudiée pour réguler la fréquentation dans les zones sensibles. Par exemple, le parc national de Port-Cros expérimente déjà le système de réservation obligatoire pour les mouillages, avec des premiers résultats encourageants en termes de respect des zones protégées. Le développement du mouillage écologique constitue pour le parc national des Calanques un levier essentiel, afin de réduire l'impact des activités nautiques sur les fonds marins. L'État soutient le déploiement de bouées d'amarrage respectueuses des herbiers de Posidonie, notamment via les crédits du Fonds vert et du programme 113. La mise en place de quatre zones de mouillage et d'équipement légers, telles que définies dans le schéma global d'organisation des mouillages du parc national, est ainsi une mesure clé pour apaiser la fréquentation en mer et protéger les fonds marins. Le parc national des Calanques a déjà installé plus de 200 bouées écologiques depuis 2020, et vise à multiplier cette mesure pour couvrir au mieux le cœur marin. Le gouvernement restera pleinement mobilisé aux côtés de l'établissement public afin de garantir la préservation des écosystèmes exceptionnels des Calanques, dans un équilibre entre protection de la biodiversité et accueil du public.