Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin de lutter contre la criminalité organisée. Depuis le drame d'Incarville de mai 2024 qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires et permis l'évasion de Mohamed Amra, il est devenu indispensable d'adapter les modalités de gestion de la détention, en particulier celle des personnes détenues les plus dangereuses notamment issues du narcobanditisme. Dans ce cadre, des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) ont été créés afin de mettre un terme à la poursuite, par les personnes détenues les plus dangereuses, de leurs activités criminelles depuis la détention et de prévenir les risques d'atteinte de leur part au bon ordre de l'établissement ou à la sécurité publique. Inspiré du dispositif italien de lutte contre la criminalité organisée, ce régime de détention différencié vise à regrouper les chefs de réseaux criminels, dont la capacité à poursuivre leurs activités depuis la détention est avérée, au sein d'un quartier spécifique présentant des garanties renforcées d'étanchéité avec l'extérieur. L'objectif est de s'assurer de leur isolement complet vis-à-vis de leur réseau criminel, pour neutraliser leur accès aux moyens humains, logistiques et financiers susceptibles de leur permettre de continuer à porter atteinte à la sécurité de notre pays. Le régime de détention qui s'applique dans les QLCO inclut les mesures suivantes, lesquelles contribuent à renforcer l'étanchéité de ces quartiers : systématisation des fouilles intégrales après tout contact « physique » avec l'extérieur ; mise en œuvre de parloirs avec dispositif de séparation, à l'exception des visites de mineurs afin de leur permettre des contacts physiques ; impossibilité de bénéficier d'unités de vie familiale et de parloirs familiaux, lesquels se déroulent en dehors de la surveillance continue du personnel pénitentiaire et une limitation des modalités et plages horaires d'accès à la téléphonie, pour permettre une écoute en temps réel des conversations. Selon les dispositions des articles L224-5 et suivants du code pénitentiaire, les personnes détenues concernées sont affectées dans ces quartiers sur décision motivée relevant de la compétence du garde des Sceaux, contradictoire, et valable pour une durée d'un an et renouvelable. En juillet 2025, un QLCO a ouvert au sein du centre pénitentiaire (CP) de Vendin-le-Vieil, puis un deuxième en octobre 2025, au CP d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. Par la décision n° 2025-885 DC du 12 juin 2025, le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la constitution 32 articles de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Aucun des articles censurés ne concerne les conditions de détention des personnes affectées en QLCO, à l'exception de l'article 56, qui prévoyait le recours exclusif à la visioconférence pour leur comparution. En outre, le référé en Conseil d'Etat déposé contre le décret du 8 juillet 2025 pris pour application de la loi « narcotrafic » précitée a été rejeté. Par ailleurs, les recours en référé engagés pour contester un placement en QLCO n'ont jusqu'à présent pas abouti. De plus, l'ensemble des recours introduits devant les juridictions judiciaires sur le fondement du l'article 803-8 du code de procédure pénale relatif aux conditions indignes de détention a été rejeté. Ainsi, la décision d'affectation dans un QLCO ne porte pas atteinte à l'exercice des droits des personnes détenues, sous réserve des aménagements qu'imposent les impératifs de sécurité. L'efficacité des moyens engagés pour protéger les personnels et la société dans la lutte contre la criminalité organisée ont conduit à la décision d'étendre le dispositif. Les prochains QLCO de Valence, Sud-Francilien et d'Aix-Luynes ouvriront au cours de l'année 2026 et 2027, et celui de Saint-Laurent-du-Maroni en 2029. Le 23 mars 2026, le ministre de la Justice s'est rendu au CP du Sud-Francilien afin de réaliser un point sur les travaux de sécurisation, dans la perspective de l'ouverture prochaine.