La santé mentale a été érigée en grande cause nationale pour les années 2025 et 2026. L'ambition est claire : faire de la santé mentale une réalité tangible dans le quotidien de chacun, en renforçant la prévention, l'accès aux soins et la lutte contre les facteurs de vulnérabilité. Dans cette perspective, la prise en compte de la détresse psychique associée à des pathologies somatiques, telles que les maladies de peau affichantes, s'inscrit pleinement dans les priorités publiques. Les interactions entre santé physique et santé mentale sont désormais reconnues comme un enjeu majeur, nécessitant une approche globale et coordonnée. En particulier, plusieurs actions inscrites dans la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie » intègrent explicitement l'impact du regard social, des stéréotypes et des discriminations sur la santé mentale. Les discriminations constituent en effet un facteur de risque important de troubles psychiques, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. La lutte contre la stigmatisation et contre toutes les formes de rejet représente ainsi un levier central de prévention. À ce titre, les dispositifs généralistes portés par l'axe 1 de la feuille de route apportent une réponse structurante, en agissant au-delà des situations individuelles pour s'attaquer aux déterminants sociaux du mal-être. La lutte contre la stigmatisation passe notamment par le déploiement massif des formations au secourisme en santé mentale. Ces formations permettent de mieux comprendre les troubles psychiques, de repérer précocement les situations de détresse et de promouvoir des attitudes bienveillantes et inclusives. Le module « Ado », notamment, contribue à déconstruire les préjugés et à prévenir les phénomènes de rejet ou de harcèlement, y compris lorsqu'ils sont liés à une différence visible ou à une pathologie. Le dispositif « Mon soutien psy » facilite, quant à lui, l'accès à des consultations psychologiques pour les enfants, les adolescents et les adultes présentant des troubles légers à modérés. Il constitue un outil concret pour accompagner les jeunes confrontés à un retentissement psychologique lié à une maladie visible, à des moqueries ou à des discriminations. Par ailleurs, les programmes de renforcement des compétences psychosociales, déployés en milieu scolaire et périscolaire, visent à développer l'empathie, l'estime de soi, la gestion des émotions et le respect d'autrui. Ils participent à la prévention du harcèlement et à la construction d'un climat scolaire plus inclusif, favorable à l'ensemble des élèves, et tout particulièrement à ceux vivant avec une pathologie visible. Ces actions transversales peuvent être complétées par une mobilisation renforcée des acteurs de la prévention, de l'éducation nationale et du secteur associatif, afin d'intensifier la lutte contre toutes les formes de discrimination et de promouvoir une culture de l'inclusion, essentielle à la préservation de la santé mentale.