Les trafics de stupéfiants représentent le premier marché criminel au niveau mondial et la Douane est au cœur de la lutte contre ces trafics. Les services douaniers sont à l'origine de la majorité des saisies de stupéfiants (60 à 75 % en moyenne de l'ensemble des saisies toutes administrations confondues). Ces résultats sont dus au positionnement de la Douane française qui, à l'instar des autres douanes européennes, est la gardienne de l'accès aux frontières extérieures de l'Union européenne et a la responsabilité de leur sécurisation. La Douane est également pleinement engagée dans la lutte contre la grande criminalité organisée. Son action vise à entraver des filières d'approvisionnement par l'identification des commanditaires et de leurs complices, et permet le déclenchement d'enquêtes judiciaires fructueuses, en collaboration avec les services de police judiciaire et l'autorité judiciaire. Cette action de la Douane en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants s'inscrit pleinement et résolument dans le cadre interministériel du Plan national de lutte contre les stupéfiants, dont l'OFAST est le chef de file. Le travail de la Douane, mené en étroite coordination avec l'ensemble des services mobilisés par ce plan, permet de générer des synergies au niveau stratégique, tactique et opérationnel. La Douane est résolument engagée dans la lutte contre les drogues de synthèse et les précurseurs chimiques. La loi du 18 juillet 2023 visant à donner à la Douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces a introduit un renforcement de la clause dite « catch all », en permettant de condamner les infracteurs ayant recours à l'utilisation de précurseurs non classifiés et « sur mesure » aux fins de production de drogues de synthèse et de drogues semi-synthétiques. Ce dispositif ouvre également la possibilité de recourir à des techniques spéciales d'enquête afin d'identifier et de démanteler d'éventuels laboratoires de production de drogues de synthèse sur le territoire national. Par ailleurs, dans le contexte de menace criminelle d'intensité élevée, l'accès aux données des opérateurs de la logistique et du commerce international, dont l'appréhension permet de mieux détecter les flux contaminés, constitue un enjeu décisif pour entraver la logistique criminelle. La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic prévoit ainsi l'accès aux données contenues dans les traitements des opérateurs de la logistique et du transport (services postaux, opérateurs maritimes, aériens, ferroviaires et routiers), pour la recherche et la constatation des infractions de contrebande. Elle est également impliquée dans la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie nationale de sécurisation des ports maritimes décidée par le Premier ministre en juillet 2021, dont le suivi est assuré dans le cadre des réunions de la Commission interministérielle de sûreté maritime et portuaire (CISMaP) pilotées par le Secrétariat général à la mer et présidées par le cabinet du Premier ministre. Ces mesures font l'objet d'un plan d'action spécifique de la Douane (« plan ports »), annoncé le 8 décembre 2023 et structuré autour de quatre axes : - le renforcement et la modernisation des équipements et moyens de détection et de ciblage ; - une démarche de contractualisation avec les opérateurs de la manutention portuaire ; - la mise en place d'une coopération renforcée avec les compagnies maritimes ; - le renforcement du réseau européen des référents douaniers portuaires. Dans le contexte rappelé ci-dessus, la direction régionale des douanes de la Réunion dispose, depuis février 2026, d'un scanner mobile de basse intensité. Cet outil de détection non intrusif permet, notamment, de détecter des conteneurs qui auraient fait l'objet d'une contamination selon la méthode dite du « rip off », c'est à dire dans le cadre de l'introduction clandestine de marchandises illicites dans un conteneur transportant une cargaison légitime, généralement à l'insu de l'expéditeur et du destinataire, en vue de leur récupération ultérieure au cours de la chaîne logistique. Par ailleurs, dans le cadre du plan Douane 2030, et afin de consolider la stratégie de détection non intrusive, la DGDDI prévoit le déploiement d'un scanner mobile haute énergie (ou scanner mobile spécial – SMS) à compter de 2027. Les SMS sont utilisés pour la détection des stupéfiants dissimulés au milieu du fret légal, pour les marchandises à moyenne et forte densité. Avec le déploiement de ces deux équipements, le port de la Réunion sera doté de 2 niveaux de détection non intrusive. Par ailleurs, la mobilité de ces moyens permettra d'effectuer des contrôles au plus proche du bord à quai, limitant ainsi le risque de rupture dans la chaîne logistique. Afin de contrôler les bagages, ainsi que les colis du fret express et postal, les douaniers de la Réunion disposent également de 4 scanners fixes basse énergie. Du point de vue des ressources humaines, face à l'enjeu majeur de sécurité publique que constitue la lutte contre le trafic de stupéfiants, les moyens alloués à la direction régionale des douanes de La Réunion sont en augmentation. Les effectifs de la direction régionale ont été et seront en effet renforcés de 26 emplois sur les exercices 2026 et 2027, passant ainsi de 206 à 232. Sur ces 26 emplois, 23 seront créés dans la branche de la surveillance (i.e. les agents des brigades), qui participent activement à la lutte contre le narcotrafic : 5 postes dont un maître-chien anti stupéfiants dès 2026, et 18 emplois en 2027. L'abondement 2027 comprend notamment les 15 emplois supplémentaires annoncés par le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, le 3 août dernier, destinés à accompagner le déploiement du nouveau scanner mobile fin 2027. L'ensemble de ces mesures traduit l'engagement constant de l'État en faveur de la douane réunionnaise et de la lutte contre le narcotrafic. Les saisies réalisées par la direction régionale des douanes de La Réunion illustrent cette mobilisation avec 579,8 kg de stupéfiants interceptés en 2025, en hausse de 10 % par rapport à 2024 (527,4 kg). L'action des services douaniers est soutenue notamment sur le vecteur aérien (passager, fret postal, fret cargo, fret express), privilégié par les organisations criminelles pour l'introduction des stupéfiants sur l'île. En effet, depuis la crise sanitaire, l'évolution à la hausse des flux de stupéfiants à destination de la Réunion répond à de nouvelles habitudes de consommation, et les services de la direction régionale de la Réunion sont en première ligne afin d'endiguer ces flux. L'action de la Douane sur l'aéroport de Saint-Denis de La Réunion a été renforcée à travers une amélioration du ciblage, l'organisation d'opérations de contrôles renforcés interservices et inter-administrations, ou encore la mise en place d'opérations dites « 100 % contrôle ». En complément, face à la menace d'infiltration des organisations criminelles au sein des plateformes portuaires, la Douane travaille à la mise en œuvre de contrôles, notamment non intrusifs, des flux de marchandises au niveau des ports maritimes et leurs hinterlands, particulièrement touchés par le trafic de stupéfiants et par la criminalité et la corruption qui lui sont associées.