La situation sanitaire de l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) demeure préoccupante, dans un contexte de circulation active du virus chez l'avifaune sauvage migratrice au cours de la campagne 2025-2026. Elle reste toutefois maîtrisée grâce à la combinaison des mesures de prévention, reposant en premier lieu sur l'application rigoureuse des règles de biosécurité dans les élevages, et en complément sur la vaccination obligatoire des élevages de canards, mise en œuvre à l'échelle nationale. Depuis l'automne 2023, la France a déployé une stratégie vaccinale inédite contre l'IAHP, ciblée sur les canards de chair et de foie gras, représentant plus de 60 millions d'animaux vaccinés par an. Cette vaccination constitue un outil complémentaire essentiel pour limiter l'excrétion virale, réduire le risque d'introduction et d'amplification du virus en élevage et préserver la continuité de production. Le coût annuel d'une campagne de vaccination contre l'IAHP est estimé à environ 100 millions d'euros, couvrant notamment l'achat des vaccins, leur stockage et leur acheminement, la supervision vétérinaire, ainsi que la surveillance des élevages vaccinés et les analyses associées. Lors de la première campagne 2023-2024, l'État a pris en charge environ 85 % du coût total de la vaccination, la filière supportant les 15 % restants. Pour la campagne 2024-2025, la participation de l'État a été fixée à 70 %, incluant l'achat des vaccins via des marchés publics, leur logistique, la supervision vétérinaire et la surveillance active, la filière prenant en charge 30 % des coûts, notamment l'administration du vaccin et la surveillance passive. Pour la campagne en cours 2025-2026, un financement dégressif a été acté, avec une prise en charge par l'État à hauteur de 40 %, concentrée sur ses missions régaliennes : supervision de la vaccination par les vétérinaires mandatés et la partie de la surveillance post-vaccinale réalisée par les vétérinaires. Les 60 % restants relèvent de la filière et couvrent la commande des doses de vaccins, leur stockage, leur acheminement, l'administration des vaccins ainsi que la partie de la surveillance réalisée par l'éleveur. Il importe de rappeler que la vaccination, aussi indispensable soit-elle, ne peut produire pleinement ses effets sans une application rigoureuse des règles de biosécurité. La biosécurité demeure la pierre angulaire de la prévention des maladies animales : maîtrise des flux, protection des élevages, respect strict des protocoles et vigilance quotidienne de l'ensemble des professionnels. Une vaccination déconnectée d'un haut niveau de biosécurité ne permettrait pas de prévenir efficacement les introductions virales. Afin de faciliter l'anticipation des crises sanitaires et d'assurer une meilleure résilience du dispositif sanitaire, la ministre chargée de l'agriculture a lancé les Assises du sanitaire animal le 30 janvier 2025. La phase préparatoire de ces assises a permis d'établir un diagnostic partagé par tous les acteurs sur les atouts et faiblesses du dispositif sanitaire actuel dans toutes ses composantes. Les travaux se poursuivent pour aboutir à l'élaboration d'une stratégie pérenne visant à préserver durablement la souveraineté sanitaire et alimentaire de la France.