Texte phare du Pacte vert, la loi européenne sur le climat de 2021 a été révisée en 2026 afin d'établir un nouvel objectif intermédiaire à l'échelle de l'Union européenne (UE) en matière de climat pour 2040, en vue d'atteindre l'objectif de neutralité climatique de l'UE d'ici à 2050 et de donner un signal fort au reste du monde dans le cadre des négociations internationales sur le climat, dix ans après l'accord de Paris. Ce nouvel objectif vise une baisse de 90% des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) en 2040. L'objectif de - 90% peut comporter jusqu'à 5% de crédits carbone internationaux de haute qualité. La France a œuvré pour obtenir ce résultat avant la COP30 de Belém de novembre 2025 pour conforter la crédibilité de l'UE dans ses engagements internationaux. Cette nouvelle contribution à l'effort global contre le réchauffement climatique est en ligne avec les attentes françaises visant à concilier ambition climatique et préservation de la compétitivité économique à l'échelle européenne. Elle prévoit, en effet, d'une part, une ambition climatique préservée, avec un nouvel objectif 2040 ambitieux, conforme aux recommandations scientifiques et qui confirme l'engagement de l'UE vers la neutralité carbone en 2050, et, d'autre part, la protection de la compétitivité européenne, de l'industrie et des intérêts français, avec notamment la pleine reconnaissance de la neutralité technologique, la prise en compte de l'incertitude sur les puits de carbone et l'évaluation régulière de la capacité de l'industrie à concilier compétitivité et décarbonation avec des mesures de soutien prévues en cas de problème. En permettant le recours aux crédits carbone internationaux, l'UE, qui ne représente, aujourd'hui, que 6% des émissions mondiales, pourra créer une dynamique positive avec les pays extra-européens. Ce dispositif permettra de soutenir la décarbonation ou la séquestration de carbone dans les pays les plus vulnérables et de faire baisser les émissions mondiales de façon plus efficace. Pour la mise en œuvre de cet objectif 2040, la France cherchera à rendre le mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières et le règlement sur le partage de l'effort européen en matière de réductions des émissions de GES plus efficaces, et à préserver l'ambition du marché carbone européen pour lequel une proposition de révision législative est attendue pour l'été 2026.