Le Gouvernement est pleinement conscient de l'incidence des difficultés structurelles liées au coût de la vie dans les territoires ultramarins sur les conditions d'études et de réussite des étudiants. Des mesures spécifiques ont ainsi été mises en place et renforcées au cours des dernières années afin de mieux prendre en compte ces réalités. S'agissant du soutien financier, les étudiants ultramarins bénéficient de plusieurs dispositifs adaptés. Depuis la rentrée universitaire 2023-2024, un complément mensuel de 30 € est versé aux étudiants boursiers poursuivant leurs études en outre-mer afin de tenir compte du coût de la vie plus élevé. Cette mesure s'ajoute à la revalorisation générale des bourses sur critères sociaux (BCS) intervenue en 2023, qui s'est traduite par une augmentation moyenne de 37 € par mois pour l'ensemble des bénéficiaires. Le système de points de charge a également été révisé afin de mieux prendre en compte l'éloignement du domicile familial, d'élargir l'accès aux bourses et d'en augmenter le montant pour les étudiants en mobilité entre les territoires ultramarins et l'Hexagone. En matière de restauration, l'entrée en vigueur de la loi n° 2023-265 du 13 avril 2023 visant à favoriser l'accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré a permis de renforcer l'accompagnement des étudiants éloignés d'une telle offre. Une aide individuelle à la restauration a ainsi été mise en place pour les étudiants situés en zone blanche, avec un montant majoré dans les territoires ultramarins. Elle s'élève à 50 € par mois pour les étudiants boursiers et à 30 € pour les étudiants non boursiers. Plus de 5 000 étudiants ultramarins bénéficient de ce dispositif au titre de l'année universitaire 2025-2026. La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a par ailleurs permis d'étendre, depuis le 4 mai 2026, le bénéfice du repas à 1 € dans les restaurants universitaires à l'ensemble des étudiants, sans condition de ressources. Au-delà de ces aides directes, le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace a engagé, en lien étroit avec la direction générale des outre-mer (DGOM), une évolution plus structurelle de son action afin de mieux prendre en compte les spécificités des territoires ultramarins. Cette coopération interministérielle permet d'inscrire les politiques de vie étudiante dans une approche globale, articulant enseignement supérieur, conditions de vie et réalités socio-économiques locales. Elle se traduit notamment par une adaptation progressive des dispositifs nationaux afin de mieux intégrer les écarts de coût de la vie et les contraintes liées à l'insularité. L'évolution du modèle d'allocation des moyens des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) en constitue une illustration concrète, avec un renforcement des moyens consacrés aux territoires ultramarins afin de tenir compte de ces spécificités. Dès 2026, leur subvention pour charges de service public progresse ainsi de plus de 6 %, soit plus de 1 M€ supplémentaires, afin de mieux prendre en compte les écarts de coût de la vie et d'améliorer la qualité des services proposés aux étudiants. Le soutien aux initiatives locales et associatives constitue un levier essentiel de l'action du ministère en faveur de l'amélioration des conditions de vie des étudiants ultramarins. À ce titre, une enveloppe exceptionnelle de 150 000 € a été mobilisée afin de financer en 2026 des projets portés par des associations étudiantes nationales dans un objectif clair : renforcer leur présence et leur action dans les territoires d'outre-mer, où elles demeurent encore insuffisamment implantées. En Guadeloupe, plusieurs initiatives concrètes ont ainsi été engagées ou renforcées. L'association COP1 a notamment ouvert une antenne à Pointe-à-Pitre en 2024, permettant la distribution de milliers de paniers alimentaires accompagnés d'un suivi individualisé des étudiants bénéficiaires. Cette action sera renforcée en 2026. Le nouveau projet Gwad'AMAP, soutenu par l'ANESTAPS (Association nationale des étudiants en STAPS), vise à développer durablement l'accès à des produits frais et locaux grâce à des circuits courts, contribuant à la fois à la qualité de l'alimentation étudiante et au soutien de l'économie locale. La FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) accompagne la structuration d'actions de prévention sur les campus et étudie la création d'une épicerie solidaire de type AGORAé à horizon 2027. Le 5 février 2026, le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace a également organisé, en partenariat avec la DGOM et l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, un séminaire consacré à l'accompagnement des étudiants ultramarins. Celui-ci a réuni de nombreux acteurs institutionnels et associatifs afin de dresser un état des lieux des problématiques rencontrées dans les territoires ultramarins et d'identifier les leviers susceptibles d'améliorer durablement les conditions d'études. L'ensemble de ces mesures vise à mieux prendre en compte les contraintes spécifiques auxquelles sont confrontés les étudiants ultramarins et à réduire les écarts de conditions de vie et d'études entre les territoires. Le Gouvernement poursuit ainsi l'adaptation des dispositifs nationaux aux réalités ultramarines afin de favoriser, pour tous les étudiants, des conditions d'études propices à leur réussite.