Les ports français constituent des actifs stratégiques indispensables à l'activité économique de notre pays et des instruments de notre souveraineté nationale. Les ports décentralisés, dont les collectivités locales sont autorités portuaires, peuvent être exploités par des sociétés portuaires, dont le capital, entièrement public initialement, peut ensuite évoluer pour intégrer du capital privé. Il existe d'ores et déjà plusieurs dispositifs encadrant l'évolution éventuelle du capital de ces sociétés portuaires chargées de l'exploitation du port, les collectivités locales en restant dans tous les cas de figure propriétaires. Il convient ainsi de rappeler que les chambres de commerce et d'industrie (CCI), parties prenantes des sociétés portuaires, sont des établissements publics économiques placés sous la tutelle de l'Etat, localement le préfet de Région, qui à ce titre peut intervenir en cas d'évolution de la participation de la CCI à une société portuaire et de cession de ses parts. Par ailleurs, le régime du contrôle des investissements étrangers en France (IEF) peut être mis en œuvre pour assurer la sauvegarde des actifs stratégiques face aux stratégies d'influence et d'ingérences étrangères dans les ports français. Les opérations d'investissement étranger réalisées dans des sociétés portuaires sont ainsi soumises au contrôle des IEF, dès lors que les activités exercées par l'entité objet de l'investissement sont considérées comme des « infrastructures, biens ou services essentiels pour garantir (…) l'intégrité, la sécurité ou la continuité de l'exploitation des réseaux et des services de transport ». Ces activités entrent, à ce titre, déjà dans le champ d'application de l'article R. 151-3 du code monétaire et financier. Dans le secteur portuaire, le contrôle des IEF est régulièrement mis en œuvre par le ministère chargé de l'économie (direction générale du Trésor), en lien avec le ministère des transports. Enfin, au-delà du contrôle par l'Etat, en tant que tutelle des CCI ou bien au titre des IEF, la responsabilité des acteurs, collectivités et entités participant ab initio au capital des sociétés portuaires constitue un levier supplémentaire de sauvegarde des actifs stratégiques du pays. Concrètement, rien ne s'oppose ainsi à ce que les statuts d'une société portuaire intègrent des clauses dédiées à l'évolution du capital.