Si la population lupine semble se stabiliser selon les dernières estimations de l'office français de la biodiversité (OFB), établie à un effectif moyen de 1 082 individus pour l'hiver 2024-2025, elle a toutefois connu, durant ces dernières années, une augmentation ainsi qu'une expansion géographique. Des reproductions ont eu lieu en 2025 hors des territoires historiques (Haute-Marne, plateau de Millevaches). La présence de nouveaux individus et la constitution de meutes dans des territoires récemment colonisés, comme le plateau de Millevaches, témoignent de la dynamique de recolonisation naturelle de l'espèce. Les services de l'État suivent avec attention l'évolution de ces populations, en lien étroit avec les organismes scientifiques compétents, notamment l'OFB, chargé du suivi biologique de l'espèce sur le territoire national. Signe d'une amélioration de l'état de conservation de l'espèce, cette présence peut toutefois augmenter le risque de prédation sur les troupeaux. En effet, on constate un nombre élevé de dommages aux troupeaux, (plus de 10 000 animaux prédatés et victimes chaque année), en hausse dans les zones d'expansion du loup. Le Gouvernement est pleinement conscient de l'importance de développer et d'accompagner les mesures de protection des troupeaux dans les territoires nouvellement colonisés afin de diminuer la prédation du loup. À cette fin, le budget permettant de financer les différents moyens de protection (bergers, chiens de protection et parcs électrifiés) a été maintenu et augmente, et c'est à ce titre que l'appel à projets de l'aide à la protection des troupeaux contre la prédation a ouvert dès le 1er janvier 2026 pour permettre aux éleveurs de s'équiper. Dans les fronts de colonisations comme le plateau des Millevaches, les éleveurs sont encouragés à s'équiper via ce dispositif. Pour rappel, en cercle 1, trois moyens de protection peuvent être financés à 80 % (bergers, chiens de protection, clôtures), et deux moyens en cercle 2 (chiens de protection et clôtures). Dans le contexte d'amélioration de l'état de conservation de l'espèce, le loup a par ailleurs fait l'objet d'un reclassement au titre de de la Convention de Berne le 7 décembre 2024 (passage de l'annexe II à l'annexe III) et au titre de la directive « habitats-faune-flore » (passage de l'annexe IV à l'annexe V). Cette évolution du droit communautaire a conduit le Gouvernement à publier le 23 février 2026 un arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction. Si ce nouveau cadre réglementaire assouplit les conditions de mise en œuvre des tirs de défense, il ne remet néanmoins pas en cause le statut d'espèce protégée du loup : à ce titre, les peines encourues pour destruction illégale intentionnelle demeurent délictuelles (jusqu'à 150 000 euros d'amende et trois ans d'emprisonnement). En cas de destruction illégale, des enquêtes sont ouvertes pour identifier l'auteur des faits. Ce reclassement ne dispense par ailleurs pas l'État français de son obligation de garantir le bon état de conservation du loup. Ainsi, les règles, dont le maintien d'un plafond national de destruction, demeurent pour s'assurer que les tirs de destruction répondent à une logique de protection de l'élevage et permettent le maintien dans un état de conservation favorable de l'espèce Canis lupus.