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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Avenir des loups du plateau de Millevaches
13 janv. 2026
Sandra Regol
biodiversité
Mme Sandra Regol attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l'avenir des loups présents sur le plateau de Millevaches. En effet, deux loups adultes, surnommés Milo et Mina, sont observés de manière régulière depuis 2024 sur ce territoire. Leur présence constitue un apport génétique exceptionnel pour la population lupine française, le mâle étant issu d'une lignée germano-polonaise et la femelle d'une lignée italo-alpine. La naissance, au printemps 2025, de leurs quatre louveteaux représente ainsi une chance considérable pour la biodiversité nationale désormais dotée d'un patrimoine génétique inédit. Pourtant, depuis le printemps 2025, la préfecture de la Corrèze multiplie les arrêtés autorisant des tirs de défense. Plusieurs associations, dont One Voice, ont exprimé leur vive inquiétude face à ces autorisations prises en pleine période de dépendance des jeunes loups, rappelant que la disparition d'un seul individu déstabilisant fortement la meute. Or l'actualité récente vient malheureusement confirmer les craintes : l'un des quatre louveteaux a disparu et est donc présumé mort. Dans le contexte de tensions croissantes autour des loups en France, il n'est pas possible d'exclure qu'il puisse s'agir d'un acte de braconnage. Cette situation souligne l'extrême vulnérabilité de la famille de Milo et Mina et la nécessité impérieuse de renforcer sans délai les mesures de protection applicables dans cette zone. Mme la députée entend l'inquiétude des éleveurs du plateau de Millevaches et souhaite rappeler que des solutions existent pour protéger les troupeaux, comme l'ont démontré les zones d'ancienne présence. Le triptyque clôtures, chiens de protection et gardiennage renforcé est efficace, pour peu que ces mesures soient correctement mises en place. Le rapport parlementaire sur le pastoralisme publié cette année confirme d'ailleurs que la hausse des attaques dans les nouveaux territoires colonisés résulte avant tout de la faiblesse des moyens de protection mis en œuvre et que l'efficacité des tirs dans ces zones n'est pas démontrée. Aussi, dans un contexte où le nouveau projet d'arrêté, applicable notamment aux communes classées en cercles 1 et 2 du plateau de Millevaches, ne prévoit plus d'obligation de mise en place de mesures de protection et permet l'ouverture des tirs sur simple déclaration, Mme la députée souhaiterait savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir la survie des loups du plateau de Millevaches, déjà fragilisés par la disparition récente de l'un des louveteaux et s'il envisage, dans cette zone particulièrement sensible, de suspendre les tirs et de renforcer les dispositifs de protection des troupeaux. Enfin, elle souhaite comprendre comment le Gouvernement compte maintenir ou atteindre un « état de conservation favorable » de l'espèce s'il ne protège pas les individus justement essentiels pour parvenir à cet état de conservation favorable.
↕️Tri
Si la population lupine semble se stabiliser selon les dernières estimations de l'office français de la biodiversité (OFB), établie à un effectif moyen de 1 082 individus pour l'hiver 2024-2025, elle a toutefois connu, durant ces dernières années, une augmentation ainsi qu'une expansion géographique. Des reproductions ont eu lieu en 2025 hors des territoires historiques (Haute-Marne, plateau de Millevaches). La présence de nouveaux individus et la constitution de meutes dans des territoires récemment colonisés, comme le plateau de Millevaches, témoignent de la dynamique de recolonisation naturelle de l'espèce. Les services de l'État suivent avec attention l'évolution de ces populations, en lien étroit avec les organismes scientifiques compétents, notamment l'OFB, chargé du suivi biologique de l'espèce sur le territoire national. Signe d'une amélioration de l'état de conservation de l'espèce, cette présence peut toutefois augmenter le risque de prédation sur les troupeaux. En effet, on constate un nombre élevé de dommages aux troupeaux, (plus de 10 000 animaux prédatés et victimes chaque année), en hausse dans les zones d'expansion du loup. Le Gouvernement est pleinement conscient de l'importance de développer et d'accompagner les mesures de protection des troupeaux dans les territoires nouvellement colonisés afin de diminuer la prédation du loup. À cette fin, le budget permettant de financer les différents moyens de protection (bergers, chiens de protection et parcs électrifiés) a été maintenu et augmente, et c'est à ce titre que l'appel à projets de l'aide à la protection des troupeaux contre la prédation a ouvert dès le 1er janvier 2026 pour permettre aux éleveurs de s'équiper. Dans les fronts de colonisations comme le plateau des Millevaches, les éleveurs sont encouragés à s'équiper via ce dispositif. Pour rappel, en cercle 1, trois moyens de protection peuvent être financés à 80 % (bergers, chiens de protection, clôtures), et deux moyens en cercle 2 (chiens de protection et clôtures). Dans le contexte d'amélioration de l'état de conservation de l'espèce, le loup a par ailleurs fait l'objet d'un reclassement au titre de de la Convention de Berne le 7 décembre 2024 (passage de l'annexe II à l'annexe III) et au titre de la directive « habitats-faune-flore » (passage de l'annexe IV à l'annexe V). Cette évolution du droit communautaire a conduit le Gouvernement à publier le 23 février 2026 un arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction. Si ce nouveau cadre réglementaire assouplit les conditions de mise en œuvre des tirs de défense, il ne remet néanmoins pas en cause le statut d'espèce protégée du loup : à ce titre, les peines encourues pour destruction illégale intentionnelle demeurent délictuelles (jusqu'à 150 000 euros d'amende et trois ans d'emprisonnement). En cas de destruction illégale, des enquêtes sont ouvertes pour identifier l'auteur des faits. Ce reclassement ne dispense par ailleurs pas l'État français de son obligation de garantir le bon état de conservation du loup. Ainsi, les règles, dont le maintien d'un plafond national de destruction, demeurent pour s'assurer que les tirs de destruction répondent à une logique de protection de l'élevage et permettent le maintien dans un état de conservation favorable de l'espèce Canis lupus.
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