Jean-Noël Barrot,
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères •
2 juin 2026Face à la brutalisation du monde, la position de la France a été constante : l'usage de la force dans les relations internationales doit être encadré par des règles, sans quoi, le monde est soumis à la loi du plus fort. La France continuera de rappeler, dans les instances internationales et européennes, son attachement au multilatéralisme et au respect des principes de la Charte des Nations unies, car ce sont les seuls qui peuvent garantir la paix et la stabilité à long terme. L'affaiblissement du multilatéralisme et des règles de droit international doit exhorter la France et l'Union européenne (UE) à approfondir leur dialogue avec des partenaires de confiance, notamment en Amérique latine. La participation du ministre de l'Europe et des affaires étrangères au IVe Sommet entre l'UE et la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (CELAC), organisé en novembre dernier à Santa Marta, en Colombie, a permis de témoigner notre attachement à nos relations avec l'Amérique latine et les Caraïbes et de resserrer les liens de coopération avec cette région. La paix, la stabilité et la prospérité de nos deux régions passent notamment par une lutte plus efficace et concertée contre les défis sécuritaires, au premier rang desquels le narcotrafic. Lors de sa visite en Colombie en novembre, le ministre a présenté le premier volet de son plan de lutte contre le narcotrafic. Il a fait part des attentes de la France à ses partenaires de la région et œuvré à renforcer notre coopération afin de lutter plus efficacement contre les trafics. Cette séquence a en outre permis de rappeler que, de par sa présence dans les Antilles et en Guyane, la France est aussi un pays des Amériques. A cet égard, elle partage les enjeux et les défis propres à cette région. La France et la Colombie entretiennent des relations bilatérales anciennes et denses, qui se sont considérablement développées ces dernières années, à la faveur d'entretiens réguliers entre Présidents de la République et d'une série de visites ministérielles. Notre dialogue politique et notre coopération sont notamment centrés sur le soutien au processus de paix colombien, que la France appuie depuis ses débuts, tant politiquement que financièrement. Sur le plan politique, nous soutenons chaque année le renouvellement du mandat de la Mission de vérification des Nations unies au Conseil de sécurité des Nations unies. Sur le plan technique et financier, la France est devenue un partenaire clé de la Colombie dans le domaine agraire, qui est au fondement d'une paix durable et inclusive. En tant que « pays accompagnateur » du Chapitre 1 de l'Accord de paix de 2016, la France a ainsi engagé de nombreuses actions de coopération, en particulier dans le domaine de l'enseignement agricole. La France est et restera aux côtés de la Colombie sur le chemin exigeant de la paix et de la stabilité. Alors que le pays s'apprête à vivre un cycle électoral important en 2026, la France accompagnera la démocratie colombienne, en participant activement à la mission d'observation électorale déployée par l'UE lors des deux scrutins. Enfin, la brutalisation du monde rend nécessaire l'approfondissement de notre dialogue politique sur les crises régionales et internationales. A ce titre, la France poursuivra son étroite coopération avec la Colombie au Conseil de Sécurité, où cette dernière a entamé son mandat en tant que membre élu en janvier 2026.