Roland Lescure,
Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique •
28 avr. 2026Le Gouvernement agit pour concilier la nécessaire adaptation du secteur de l'assurance aux nouveaux risques, notamment climatiques, et la protection du pouvoir d'achat des ménages. Selon l'INSEE, le prix des polices, toutes assurances confondues, a augmenté de plus de 8 % par an sur les deux dernières années. En cause, notamment, le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, dont la pérennité est essentielle pour garantir l'assurabilité de l'ensemble du territoire, qui a fait l'objet d'une réévaluation récente. Ainsi, le taux de la surprime « Cat Nat » a été ajusté pour la première fois depuis 25 ans, passant de 12 à 20 % pour les contrats d'assurance dommages aux biens d'habitation et professionnels, et de 6 à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles. Cette mesure, effective depuis le 1er janvier 2025, permet de renforcer la viabilité financière du régime, avec une capacité supplémentaire estimée à 1,2 milliard d'euros par an. Compte tenu de la mutualisation des risques, il est estimé que cela représente une hausse de 40 € par an et par ménage. Cette hausse tarifaire s'accompagne d'une amélioration des conditions d'indemnisation des sinistrés notamment par l'assouplissement des critères de reconnaissance des sécheresses et la prise en charge obligatoire des frais de relogement. Ces évolutions visent à adapter le régime aux défis posés par le changement climatique tout en assurant une meilleure protection des ménages. Parallèlement, le Gouvernement renforce son engagement en faveur de la prévention des risques naturels. Depuis sa création en 1995, le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), ou « fonds Barnier », joue un rôle central dans le financement d'actions de prévention et de protection des personnes et des biens exposés. En 2026, ce fonds sera abondé à hauteur de 300 millions d'euros. De plus, l'État soutient des expérimentations innovantes, comme celles menées dans le cadre du retrait-gonflement des argiles, avec lancement d'un fonds de prévention expérimental, doté d'environ 30 millions d'euros en 2025, pour accompagner les ménages et financer des travaux de prévention en s'appuyant sur des mesures horizontales. Enfin, le Gouvernement reste attentif à la situation des territoires particulièrement exposés, comme ceux de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les efforts déployés visent à renforcer la mutualisation des risques et à garantir une meilleure transparence tarifaire afin que les ménages ne subissent pas une double peine. Les actions menées, tant en matière de prévention que d'indemnisation, s'inscrivent dans une logique de solidarité nationale et de protection durable des populations face aux aléas climatiques et économiques.