La maladie d'Aujeszky est due à un virus de la famille des Herpesviridae. Elle circule largement chez les sangliers sauvages, qui présentent généralement une infection inapparente. Chez les porcs d'élevage, elle peut occasionner des mortalités chez les porcelets, des symptômes respiratoires chez les porcs à l'engrais, et des avortements ou mortinatalités chez les reproducteurs. Chez d'autres espèces (chien, chat, bovin, cheval…), elle provoque une méningoencéphalite souvent marquée par du prurit, évoluant vers la mort dans les 2 jours. Seuls les porcs et sangliers sont contaminants. L'infection par le virus de la maladie d'Aujeszky (VMA) est classée C+D+E chez les suidés selon la législation européenne sur la santé animale, ce qui signifie qu'elle doit faire l'objet d'une surveillance, que des mesures de gestion et de restrictions de mouvements s'appliquent en cas de présence de foyers en élevages de suidés, et que certains États membres de l'Union européenne sont officiellement indemnes ou bien disposent d'un programme d'éradication. La majeure partie des départements français est indemne d'infection par le VMA. Quelques foyers sont observés chaque année sur des suidés détenus. La surveillance dans les populations de sangliers sauvages n'est pas obligatoire, mais des mesures doivent être prises pour empêcher la contamination de porcins détenus. La maladie est également listée parmi les maladies d'intérêt national (arrêté du 3 mai 2022) chez toutes les espèces autres que les suidés. Les fédérations de chasseurs mènent des enquêtes pour évaluer la séroprévalence de l'infection par le VMA chez les sangliers chassés dans plusieurs départements, avec des résultats mettant en évidence une circulation du virus dans une partie d'entre eux. Pour éviter la contamination de suidés détenus par les sangliers sauvages, une application stricte des mesures de biosécurité préconisées par la réglementation est nécessaire. L'essentiel des cas survenus sur des chiens ont concerné des chiens de chasse, amenés à être en contact avec des sangliers sauvages. Pour prévenir les cas sur les chiens, plusieurs mesures de prévention doivent être adoptées : nettoyage et désinfection des plaies suite à la chasse et ne pas nourrir les chiens avec des abats ou de la viande de sanglier. De plus, il existe un vaccin, destiné au porc, contre la maladie d'Aujeszky. Celui-ci peut être administré par le vétérinaire, et sous sa responsabilité, pour protéger les chiens. Ces messages sont régulièrement relayés par les fédérations de chasseurs et les organisations vétérinaires à vocation technique. La régulation des populations de sangliers est par ailleurs nécessaire pour réduire le risque de propagation de maladies infectieuses telles que la maladie d'Aujeszky, mais aussi la tuberculose bovine ou les pestes porcines, ainsi que les dégâts occasionnés par le gibier aux cultures. Pour cela, il est nécessaire de s'appuyer sur la « boîte à outils » pour la gestion du sanglier adoptée en 2023, qui permet notamment d'étendre la période de chasse, l'emploi de la chevrotine et qui encadre l'agrainage, et sur les schémas départementaux de gestion cynégétique, voire sur des plans de gestion.