Édouard Geffray,
Ministère de l’éducation nationale •
21 avr. 2026Le principe de laïcité, inscrit à l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, garantit à la fois la neutralité du service public et le respect de la liberté de conscience de chacun. À l'École, il implique un traitement égal de tous les élèves. Le vadémécum La laïcité à l'école, diffusé dans l'ensemble des écoles, collèges et lycées à la rentrée 2021 et régulièrement mis à jour (en ligne sur Éduscol), rappelle qu'en application du principe de neutralité, la restauration scolaire n'a ni l'obligation ni le devoir de proposer « des menus différenciés, liés ou non à des pratiques confessionnelles » (fiches 11 et 12). Toutefois, il est précisé que « rien ne s'oppose à ce que le service public prévoie de faciliter l'exercice […] de la liberté de conscience », à condition de respecter l'ordre public, la santé publique, le bon fonctionnement du service et les droits d'autrui. Il est ensuite indiqué que « les missions de restauration et d'hébergement relèvent […] de la compétence des collectivités territoriales », qui fixent les tarifs et peuvent, via la convention prévue à l'article L. 421-23 du code de l'éducation « confier, en tout ou partie, la gestion du service de restauration à l'établissement public local d'enseignement (EPLE) » ou en assurer la gestion directe. Lorsque l'EPLE gère le service, « le chef d'établissement assure la gestion […] conformément aux modalités d'exploitation définies dans la convention », laquelle peut prévoir que le conseil d'administration fixe les conditions des remises d'ordre. Ces remises d'ordre ont pour but « de permettre aux familles de bénéficier d'une réduction lorsque l'élève ne fréquente pas le service de manière prolongée ». Les cas ouvrant droit à remise doivent être limités et préalablement définis pour éviter une désorganisation du service. Les parents doivent déposer une demande motivée et le service comptable vérifie que la remise correspond bien aux cas prévus par la collectivité ou par le conseil d'administration. De même, la restauration scolaire demeure un service public neutre. Les menus ne peuvent être établis sur une base confessionnelle. Les établissements peuvent proposer des menus diversifiés, notamment végétariens, pour répondre à des besoins nutritionnels ou à des choix personnels, mais jamais pour satisfaire une prescription religieuse. Ce principe, rappelé dans le vadémécum, garantit l'égalité de traitement entre tous les élèves, y compris pendant des périodes de jeûne. Ces dispositions s'appliquent de manière identique à tous les élèves, quelle que soit leur religion. Elles ne permettent en aucun cas d'organiser un service public différencié selon les cultes. Ainsi, les remises d'ordre ne constituent pas une adaptation religieuse des menus ou du fonctionnement de la restauration scolaire. Les équipes académiques des valeurs de la République accompagnent par ailleurs les chefs d'établissement et les équipes éducatives pour assurer une application rigoureuse et homogène de ces principes.