Catherine Vautrin,
Ministère des armées et des anciens combattants •
12 mai 2026Le nouveau type de menace représenté par l'essor des drones est pris en compte par le ministère des armées et des anciens combattants et alimente les travaux en cours sur l'organisation de la fonction de commandement et de contrôle (C2), la trame capacitaire et la défense du territoire. S'agissant des centres de commandement stratégiques, leurs infrastructures durcies les mettent à l'abri des attaques de drones connus. Les perspectives d'évolution de ce segment rendent peu probables à court terme des attaques aux effets dépassant la protection offerte. S'agissant des postes de commandement opératifs, leur protection réside davantage dans leur nombre, dans leur dispersion (avec possibilité de dévolution dans les infrastructures secondaires) et dans la subsidiarité qui rend le C2 sur le territoire national résilient au regard de la nature de la menace. La diversité et la redondance des systèmes d'information et de communication mis en œuvre par ces postes de commandement constituent un facteur de résilience supplémentaire. Des mesures de « Défense-sécurité » passives et actives complètent cette première barrière de protection. À titre d'exemple, le service d'infrastructure de la défense lance en 2026 une série d'expérimentations et de travaux pour renforcer la protection de bases aériennes (couverture des aéronefs hors hangars, filets, camouflages, etc.) qui pourraient être dupliquées à terme sur d'autres emprises. En parallèle, le calendrier des acquisitions de capacités de lutte anti-drones aériens est révisé afin d'équiper prioritairement les infrastructures critiques de moyens d'autodéfense compatibles avec les impératifs de maîtrise des dommages collatéraux sur le sol national (brouillage, leurrage). De surcroît, les plans de protection de chacune des emprises intègrent désormais une partie dédiée à la protection contre les drones. Les plans de continuité d'activité prennent le relais en cas d'attaque manifeste. Ce dispositif de protection rapprochée trouve son prolongement par les postures permanentes tenues par les différentes armées ou commandements et, si la menace venait à s'accentuer, dans les plans de défense du territoire. Les grands évènements (regroupement d'autorités, concentration de centres de commandement) font l'objet d'un dispositif particulier de sûreté aérienne comprenant un volet de lutte anti-drone. Ainsi, les menaces hybrides (auxquelles sont assimilées les attaques ou survols de drones) sont désormais couvertes par le plan de défense aérienne, le plan de défense maritime du territoire et le plan de défense opérationnelle du territoire. Au-delà du seul périmètre du ministère des armées et des anciens combattants, la lutte anti-drone s'étend au niveau interministériel à travers une recherche de mutualisation et de structuration d'une approche collective de la défense contre ce nouveau type de menace. L'objectif à terme est de disposer d'une bulle de protection bénéficiant au secteur des activités d'importance vitale et à la sécurité des installations critiques, dans un cadre règlementaire adapté.