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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Manque de soignants et d'infirmiers en EHPAD
21 avr. 2026 •
Emmanuel Fernandes
• dépendance
M. Emmanuel Fernandes alerte Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées, sur la situation financière et humaine dramatique que traversent les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). M. le député a été alerté par de nombreux EHPAD de toute la région Alsace sur la pénurie critique de professionnels de santé, que ce soit des aides-soignants ou des infirmiers. À titre d'exemple, l'Alliance Saint Thomas Seniors, qui gère 20 EHPAD et accompagne près de 2 000 résidents en Alsace, se retrouve dans l'incapacité de garantir la continuité vitale des soins sans faire appel massivement à des intérimaires en urgence. Ces intérimaires proviennent le plus souvent de l'hôpital public qu'ils ont quitté, épuisés par les conditions de travail lamentables, le manque de lits, les heures supplémentaires non payées et les rappels sur leurs jours de repos. Dans le même temps, une véritable guerre entre EHPAD est menée pour attirer ces intérimaires, ce qui finit de cannibaliser ce secteur qui fonctionne en vase clos. Ce système de concurrence et de tension extrême ne profite à personne : l'utilisation de contrats d'intérim coûte extrêmement cher aux EHPAD, les professionnels sont toujours en situation de grande précarité et les résidents voient défiler de nouvelles personnes régulièrement, dégradant la continuité des soins, l'accompagnement et le lien de confiance. La titularisation des équipes de soin dans les EHPAD passe par une amélioration significative de leurs conditions de travail et de rémunération. Pour cela, il faut impérativement et de toute urgence que le financement des EHPAD à but non lucratif soit appuyé par l'État. Ces décisions ne pouvant se prendre par des technocrates déconnectés de la réalité, elles impliquent l'ouverture d'une grande concertation avec les principaux concernés, que ce soient les établissements et les soignants, pour permettre d'un côté l'amélioration de leurs conditions de travail et de l'autre la formation de nouveaux professionnels de toute urgence. Pour enfoncer le clou, les acteurs du secteur dénoncent les conséquences délétères de la suppression des emplois aidés dans le secteur non-marchand. La justification comptable du ministère, arguant d'un manque d'efficacité de ces contrats en matière d'insertion, témoigne d'une méconnaissance totale de la réalité des EHPAD. Ces emplois permettaient de soulager les équipes sur des tâches logistiques et d'accompagnement et de dégager du temps de lien social tout en constituant un premier pas essentiel vers les métiers du grand âge. Face à ce constat de faillite globale de la politique d'autonomie et au report systématique de la grande loi sur la dépendance, maintes fois promise par les gouvernements Macron, les professionnels et les familles sont à bout de souffle. Aussi, M. le député demande à Mme la ministre quelles mesures de financement d'urgence le Gouvernement compte débloquer pour permettre l'embauche pérenne d'équipes de soignants au sein des EHPAD non lucratifs et si un dialogue avec les acteurs concernés sera ouvert prochainement. Il lui demande également s'il envisage le rétablissement de dispositifs de contrats aidés adaptés aux réalités du secteur médico-social et à quelle date un grand projet de loi garantissant l'attractivité des métiers du soin et l'instauration de ratios de personnel dignes sera enfin soumis à la représentation nationale.
↕️Tri
La valorisation des métiers de l'autonomie figure parmi les priorités de la feuille de route du Gouvernement, qui mobilise pour cela plusieurs leviers : l'accès à la formation, l'amélioration des conditions de travail et la lutte contre la sinistralité, une politique salariale attractive et la régulation de l'intérim. Cette valorisation des métiers est un axe fort de la mobilisation France Autonomie lancée au printemps et pour laquelle des travaux associant les parties prenantes des politiques de l'autonomie en vue de la conférence nationale de l'autonomie. Un recours excessif au travail temporaire peut fragiliser les équipes, alourdir la masse salariale et nuire à la continuité de l'accompagnement des résidents. Le Gouvernement a donc renforcé, ces dernières années, l'encadrement de l'intérim dans les établissements sanitaires et médico-sociaux. Les infirmiers, aides-soignants et autres professionnels paramédicaux doivent désormais justifier de deux ans d'exercice avant d'être mis à disposition d'un établissement par une entreprise de travail temporaire. L'objectif est d'éviter que de jeunes diplômés n'entament leur carrière par des missions d'intérim et de favoriser un premier exercice au sein d'une équipe. Des contrôles et des sanctions sont prévus en cas de manquement. Par ailleurs, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a instauré un plafonnement des dépenses de travail temporaire dans les établissements et services publics. Ce dispositif limite les hausses excessives du coût des missions tout en préservant un recours ponctuel à l'intérim lorsque c'est nécessaire. Ces mesures s'inscrivent dans une politique durable de recrutement et de fidélisation, notamment dans les Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Sur le volet rémunération, l'État a financé des revalorisations pour un montant proche de 4 milliards d'euros, dont la plus récente, le « Ségur pour tous », bénéficie à l'ensemble des salariés concernés de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale. Concernant la formation et le recrutement, plus de 13 500 places supplémentaires ont été créées entre 2020 et 2025 dans les formations d'infirmier, d'aide-soignant et d'accompagnant éducatif et social. Pour atteindre l'objectif de 50 000 professionnels supplémentaires en EHPAD d'ici 2030, 4 500 équivalents temps plein supplémentaires sont financés en 2026. À partir de 2027, les « Team Autonomie » de France Travail seront déployées dans tous les départements pour faciliter des recrutements pérennes. S'agissant des contrats aidés, leur recalibrage vise à renforcer leur portée en matière d'insertion professionnelle durable. Dans le secteur non lucratif, les anciens dispositifs ont été progressivement remplacés par les parcours emploi compétences, qui associent emploi, accompagnement et formation. Enfin, l'attractivité du secteur passe aussi par des actions de communication. En novembre 2024, le Gouvernement a lancé la campagne « Prendre soin », à la fois plateforme numérique et programme national de recrutement, destinée à faire connaître les métiers du soin et de l'accompagnement aux jeunes, aux demandeurs d'emploi et aux personnes en reconversion. Ces mesures traduisent la volonté du Gouvernement d'apporter une réponse durable aux difficultés du secteur : mieux former, mieux fidéliser et améliorer les conditions d'exercice. Il s'agit de consolider les équipes permanentes, de limiter le recours disproportionné à l'intérim et de garantir aux résidents d'EHPAD des soins et un accompagnement de qualité.
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