Les attaques par le loup ont un impact sur l'activité des éleveurs, en termes économiques, mais aussi psychologiques et impliquent une adaptation subie de leur pratique. En complément de la politique de tirs létaux, le Gouvernement encourage les éleveurs à adopter des mesures de protection susceptibles de diminuer la prédation du loup. À cet égard, le Gouvernement veille à ce que les moyens financiers nécessaires pour subventionner les moyens de protection (berger, chiens de protection et parcs électrifiés) accompagnent l'augmentation des besoins. Ainsi, le budget du ministère chargé de l'agriculture consacré à la protection des troupeaux est en augmentation depuis plusieurs années. En 2025, 42,8 millions d'euros (M€) (dont 31,2 M€ de fonds européen agricole pour le développement rural et 11,6 M€ de l'État) contre 36,7 M€ en 2023. Cette augmentation des crédits du ministère chargé de l'agriculture a pour but de ne laisser aucun éleveur sans moyen de se défendre. Parmi ces mesures de protection, les chiens de protection sont reconnus comme un moyen efficace pour protéger les troupeaux des prédateurs. Aussi, le dispositif d'aide du ministère chargé de l'agriculture permet de financer l'achat de chiens de protection. Il inclut aussi un forfait annuel visant à couvrir les frais relatifs à leur entretien. Enfin, les éleveurs peuvent également bénéficier d'un accompagnement technique à la mise en place des chiens ou du financement de test de comportement, pris en charge à 100 %. Dès lors, pour que l'ensemble des éleveurs ovins et caprins puissent se préparer à la possible survenue de la prédation sur le territoire national, depuis le 1er janvier 2026, l'ensemble du territoire relève du « cercle 3 ». Ce « cercle 3 » correspond aux zones possibles d'extension géographique du loup, où des actions de prévention sont encouragées, et permet une aide pour le financement de ces chiens de protection. Par ailleurs, pour sécuriser les détenteurs de ces chiens, la loi d'orientation agricole a permis certaines avancées. D'une part, la loi a permis d'adapter la réglementation en matière d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) pour alléger les contraintes pesant sur les détenteurs de chiens de protection. Le décret n° 2026-46 du 2 février 2026 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement permet d'exclure les chiens de protection des obligations liées à ce régime. D'autre part, la loi permet d'assurer une plus grande sécurité juridique des détenteurs de chiens et des maires, sur le plan pénal. En cas d'incident avec un usager, leur responsabilité pénale ne pourra être engagée dès lors qu'ils ont rempli toutes leurs obligations préalables. Par ailleurs, il apparaît primordial de poursuivre la structuration d'une filière d'élevage et de dressage de ces chiens. Le réseau d'expertise sur les chiens de protection, piloté par l'institut de l'élevage (IDELE), poursuit son action de conseil et de formation auprès des éleveurs. L'IDELE est aussi actuellement chargé d'effectuer le recensement et la caractérisation des chiens en activité dans le but de mettre en place une sélection des reproducteurs et un réseau d'éleveurs naisseurs. Ces travaux doivent permettre de disposer de chiens performants et adaptés à la cohabitation avec les autres usagers de la nature. En effet, si l'État souhaite encourager le recours à ces chiens de protection, il est aussi nécessaire de prévenir les difficultés liées à leur cohabitation avec les activités de pleine nature. Ainsi, de nombreux outils de communications (panneaux, guides, films, etc.) existent pour sensibiliser les différents publics (maires, touristes, randonneurs) à la présence de ces chiens et diffuser le bon comportement à adopter.