Serge Papin,
Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat •
9 juin 2026Le Gouvernement porte une attention particulière à l'activité du secteur de la restauration, en particulier la restauration traditionnelle qui porte l'excellence et le savoir-faire culinaire français. Essentielle à l'attractivité touristique du pays et à l'économie de proximité, la restauration commerciale dans son ensemble représente près de 88 Mds€ de CA et environ 240 000 établissements. La restauration commerciale traverse, depuis 2022, une phase de ralentissement structurel et peine à retrouver son dynamisme d'avant crise sanitaire. Si la consommation des ménages en services de restauration se maintient (+4% en 2024) grâce à un effet-prix favorable, l'augmentation du CA ralentit particulièrement pour la restauration traditionnelle (+1,5% pour 2025 contre +5%/an en moyenne entre 2016 et 2019) et dans une moindre mesure pour la restauration rapide (+3,5% pour 2025 contre +10%/an en moyenne entre 2016 et 2019). Face au développement des plateformes de livraison et dark kitchens, la fréquentation des restaurants traditionnels ralentit (+0,5% en 2025 contre +3,3% en 2024), les marges des restaurateurs indépendants diminuent, et le nombre total d'établissements, tous segments confondus, recule de 0,5% en 2025. Par ailleurs, le nombre de créations chute de 17 000 à 5 000 sur un an tandis que celui des défaillances est en hausse continue depuis 2022. Ce ralentissement s'explique essentiellement par l'accumulation de 4 grands défis à relever : (i) une hausse continue des charges : l'inflation, les tensions sur les chaines d'approvisionnement, les contraintes liées au remboursement des PGE et les nouvelles règlementations ont contribué à une baisse des marges ; (ii) une pénurie de main-d'œuvre : en 2025, plus de 211 000 postes étaient à pourvoir dans le secteur de la restauration (contre 134 000 en 2014), dont 45% de recrutements jugés difficiles ; (iii) une pression persistante sur le pouvoir d'achat des ménages : la consommation des ménages reste en demi-teinte en 2025, ces derniers privilégiant alors la restauration rapide, souvent moins onéreuse, à celle traditionnelle ; (iv) une évolution des habitudes de consommation : repas faits à la maison, services de livraison, vente à emporter, snacking et restauration rapide sur place ; les Français donnent la priorité au prix, à la proximité et à la rapidité. Afin de redynamiser le secteur et aider les professionnels à relever ces défis, le Gouvernement avait demandé à la Direction générale des Entreprises (DGE) d'organiser de mai à septembre 2025 un cadre d'échange nommé les Assises de la restauration et des métiers de bouche de mai à septembre 2025. Ces concertations ont réuni l'ensemble de l'écosystème pour valider et mettre en œuvre un plan d'actions ambitieux permettant de répondre aux enjeux fondamentaux des entreprises de ces secteurs. Organisations professionnelles, administrations concernées et personnalités qualifiées ont été conviées à trois groupes de travail dédiés aux problématiques du secteur : (i) l'attractivité du secteur et de ses métiers ; (ii) le soutien au développement économique des entreprises du secteur ; (iii) la transformation et la modernisation du secteur. Dans ce cadre, les acteurs du secteur ont été invités à réagir aux mesures identifiées et à formuler des propositions concrètes, qui permettront à l'Etat d'adapter ses politiques publiques. En décembre 2025, le Gouvernement a présenté une série de mesure en faveur de la restauration et des métiers de bouche afin de répondre aux difficultés, soutenir l'activité des professionnels et accompagner la modernisation et la transformation du secteur. Parmi ces mesures, ont notamment été annoncées la refonte du titre de maître-restaurateur, la révision de la mention fait-maison ou encore la diffusion d'un guide d'optimisation de l'utilisation des fours à pain par les boulangers. La mise en œuvre concrète de ces mesures se poursuit, en concertation avec les professionnels. Au-delà, le Gouvernement a également annoncé, en juin 2025, la réforme des titres-restaurants dont la majorité des mesures devrait directement bénéficier aux restaurateurs et commerçants, notamment en élargissant les modalités d'utilisation du titre, en dématérialisant le titre et l'agrément des commerçants pour leur simplifier la vie, et en mettant en place des mesures structurantes pour diminuer le niveau des commissions appliquées par les émetteurs aux commerçants. Cette réforme devra être présentée et fera l'objet de débats au Parlement.