Entre février et décembre 2025, l'administration américaine a adopté une série de sanctions visant des personnalités européennes et des membres de la Cour pénale internationale (CPI). Dès le 6 février 2025, le procureur de la CPI, Karim Khan, a été visé. De nouvelles vagues de sanctions sont intervenues le 5 juin et le 20 août 2025, touchant notamment Nicolas Guillou, juge français à la CPI, puis le 18 décembre 2025. Monsieur Guillou a été placé sous sanctions pour avoir, selon l'administration américaine, participé à la décision de la CPI ayant abouti à l'émission de mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens. Ces sanctions impliquent un gel des avoirs et une interdiction d'entrée sur le territoire américain s'étendant à sa famille proche. Le 23 décembre 2025, Monsieur Thierry Breton, ancien ministre, ancien vice-président de la Commission européenne, a été visé par une restriction de visa pour avoir contribué, là encore selon l'administration américaine, à la mise en place des réglementations européennes sur les plateformes numériques. Cette sanction a pour conséquence de lui interdire l'entrée sur le territoire américain. En réaction aux sanctions imposées à l'égard de Messieurs Guillou et Breton, le Gouvernement a agi au plus haut niveau. Le Président de la République a adressé au Président Trump un courrier le 9 février 2026 demandant formellement à l'administration américaine de reconsidérer ces décisions et de lever ces sanctions injustement imposées. La France a par ailleurs condamné publiquement chaque vague de sanctions à l'égard des membres de la CPI. Les sanctions adoptées contre Nicolas Guillou portent atteinte au principe d'indépendance de la justice et au mandat de la CPI. Les sanctions adoptées contre Thierry Breton portent atteinte à l'autonomie réglementaire européenne et se fondent, de surcroît, sur des analyses erronées, la réglementation numérique européenne n'ayant aucune portée extraterritoriale et s'appliquant sans discrimination sur le territoire européen, à toutes les entreprises concernées. Les restrictions que ces sanctions imposent à des citoyens français, ainsi que l'atteinte portée à leurs droits et leurs libertés, ne sont pas acceptables. Ce courrier traduit la position ferme et constante de la France, qui n'accepte pas que des autorités étrangères exercent des pressions sur ses institutions judiciaires indépendantes. Ces tentatives d'intimidation appellent à une réponse ferme et rapide, fondée sur le respect du droit international et européen, et la coordination entre États membres de l'Union européenne. La France porte activement ces enjeux au niveau européen, et appelle les institutions européennes à se saisir des mécanismes de réponse communs qui permettent de protéger l'indépendance judiciaire des États membres contre toute forme de pression extérieure, y compris une activation du règlement européen de blocage. Si des sanctions venaient à être imposées contre des magistrats nationaux français, le Gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection de ces agents publics, défendre la souveraineté et l'indépendance de la justice française et répondre de manière appropriée en lien avec ses partenaires européens.