La stratégie du Gouvernement en matière d'antibiorésistance s'inscrit pleinement dans les principes d'une approche concertée « Une seule santé », tels qu'ils figurent dans la feuille de route interministérielle 2024-2034 « prévention et réduction de l'antibiorésistance, lutte contre la résistance aux antimicrobiens », et célébrés à l'occasion du Sommet One Health organisé à Lyon le 7 avril 2026. Pour relever les défis de la lutte contre l'antibiorésistance dans le domaine de la santé animale, la France est précurseur avec, dès 1999, la prise de mesures telles que le recueil et le suivi des quantités d'antibiotiques vendues sur le territoire et, depuis 2011, la poursuite des actions dans le cadre des plans Écoantibio, pilotés par le ministère chargé de l'agriculture, en lien avec ses partenaires. Une réduction globale de l'usage des antibiotiques, d'une ampleur inédite depuis le début du suivi en 1999, est à noter en santé animale (- 49 % d'exposition depuis 2011, - 79 % de tonnage depuis 1999). Dans le cadre du plan Écoantibio 3 (2023-2028), plusieurs leviers sont mobilisés pour renforcer l'action conduite en santé animale, notamment pour les animaux de compagnie et les équidés. Ces leviers font l'objet d'une attention particulière et sont définis en relation étroite avec les acteurs de ces filières, membres par ailleurs du comité de pilotage du plan. Ainsi, le suivi des usages s'améliore progressivement avec la mise en place d'un système national de collecte des données d'utilisation des antimicrobiens (CalypsoVet) qui permettra à terme d'affiner la connaissance des délivrances d'antimicrobiens et des pratiques de prescription au sein de chaque filière et pour toutes les espèces. Le recours aux antibiotiques d'importance critique est strictement réglementé : il repose notamment sur un examen clinique, l'identification de la souche bactérienne et un test de sensibilité, sauf dérogations encadrées. Les données montrent une baisse très significative de l'usage des antibiotiques d'importance critique depuis 2011 (données de l'agence nationale du médicament vétérinaire). La hausse de l'exposition aux antibiotiques en filière équine depuis 2017 est notamment liée à des adaptations proportionnées de protocoles de traitement pour mieux prendre en charge certaines infections, conformément aux recommandations professionnelles et aux principes de bon usage des antibiotiques. Ces évolutions de pratiques, documentées dans des guides, ne compromettent pas la maîtrise globale des résistances dans les filières animales. Ainsi, le réseau RESAPATH observe dans son dernier rapport une diminution sensible des résistances au sein des filières animales, dont la filière équine et des animaux de compagnie, pour plusieurs couples bactérie-antibiotique suivis dans ces filières. Le ministère chargé de l'agriculture reste pleinement vigilant à ces signaux et entend consolider les dispositifs d'appui mis à disposition des vétérinaires praticiens. Ainsi, un récent rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux souligne l'intérêt de mieux valoriser le réseau des référents vétérinaires en antibiothérapie et de relancer les échanges régionaux avec les professionnels de terrain. Cette redynamisation fait actuellement l'objet de travaux pour être engagée prochainement, en cohérence avec l'action n° 3 du plan Écoantibio 3. Enfin, la sensibilisation des professionnels et du grand public à la problématique de l'antibiorésistance sera poursuivie, notamment lors de la semaine de lutte contre l'antibiorésistance (du 18 au 24 novembre 2026) et par la diffusion des résultats des projets financés dans le cadre de l'appel à projets Écoantibio, sur le portail ActionAntibio (https://www.actionantibio.fr/). Par ces actions, le ministère chargé de l'agriculture réaffirme son engagement résolu à poursuivre, grâce à tous les acteurs de la santé et de la production animales, une action déterminée, concertée et adaptée aux spécificités et enjeux de chaque filière.