La fluidité du parcours des passagers en gare du Nord à Paris, préalablement à leur embarquement dans un train pour l'Angleterre, est un sujet d'attention pour le Gouvernement. Les formalités sont actuellement organisées en quatre étapes : le contrôle d'accès, les formalités de sortie de l'Espace Schengen à la frontière franco-britannique, les contrôles d'entrée au Royaume-Uni et l'inspection-filtrage des passagers et de leurs bagages. Chacune de ces étapes est effectuée en application de normes juridiques distinctes, par des acteurs différents, et selon des modalités spécifiques. Les contrôles juxtaposés français et britannique d'immigration à Paris gare du Nord sont effectués selon les stipulations du protocole de Sangatte du 25 novembre 1991 (loi n° 93-803 du 21 avril 1993) et de son protocole additionnel signé à Bruxelles le 29 mai 2000. Ces textes prévoient des modalités de coordination entre la France et le Royaume-Uni, mais ils ne dispensent pas d'appliquer les règles en vigueur sur chaque territoire en matière de contrôles frontaliers. Depuis l'entrée en vigueur du dispositif de contrôle « système d'entrée et de sortie de l'espace Schengen (EES) » les temps de passage à la frontière pour les ressortissants de pays tiers, dont les Britanniques, se sont allongés dans certaines circonstances. Bien qu'EES ne concerne pas directement les Français résidant à l'étranger, ce dispositif peut entraîner un allongement du temps d'attente préalable à l'embarquement voire des retards de trains. Ces difficultés sont également présentes dans les ports et aéroports. S'agissant de la gare du Nord, les dispositifs de pré-enregistrement devraient entrer pleinement en service une fois les développements nécessaires informatiques finalisés. L'expérience clients globale sera alors améliorée. Le ministère de l'intérieur a également indiqué que des travaux sont en cours afin de permettre à certains mineurs de franchir la frontière française au moyen des SAS Parafe, ce qui apportera de la fluidité, car outre les mineurs, les adultes les accompagnant n'auront plus à effectuer leurs formalités de passage de la frontière aux aubettes. Enfin, le ministre de l'intérieur travaille activement la question du relèvement des plafonds d'emploi de la police aux frontières qui permettrait d'armer un plus grand nombre d'aubettes sur de plus larges amplitudes horaires. S'agissant des contrôles de sûreté, le cadre juridique binational est prévu par l'accord franco-britannique du 15 décembre 1993 relatif aux questions de sûreté concernant la liaison fixe transmanche, précisé en 2017 par une déclaration d'intention franco-britannique. Les gouvernements prescrivent des exigences, mais chaque gestionnaire d'infrastructures conserve le choix du modèle d'équipement de sûreté qu'il souhaite utiliser. Les modalités de contrôle par les autorités respectives des deux États sont également différentes et ajustées à la situation locale. En outre, chaque État détermine le niveau de sûreté à atteindre en tenant compte du niveau de menace correspondant. Afin d'améliorer l'expérience clients en gare du Nord, SNCF Gares & Connexions prévoit un ambitieux programme de rénovation du terminal transmanche. Sa capacité de traitement ne pourra être équivalente à celle de la gare de Saint-Pancras qui a été rénovée en profondeur au cours des années 2000, ce qui n'est pas le cas de la gare du Nord à Paris, monument historique classé qui souffre de fortes contraintes en termes d'emprises disponibles en milieu urbain dense de cœur de ville. Les besoins sont en outre différents : la gare de Saint-Pancras doit pouvoir accueillir plus de passagers transmanche car elle constitue le point de départ des liaisons vers la Belgique, les Pays-Bas voire à l'avenir la Suisse et l'Allemagne. Enfin, il n'est pas rare que les passagers au départ de Londres soient invités eux-aussi à se présenter en gare plus de 60 ou 75 minutes avant le départ de leur train. Le Gouvernement sera vigilant sur le respect des délais de réalisation du programme « Future gare du Nord » de SNCF Gares & Connexions. Il accorde également un intérêt particulier au maintien des standards en matière de contrôles frontaliers, de sûreté, de sécurité ferroviaire et de confort des passagers au cours de la phase de travaux et au-delà, le tout en prenant en compte les enjeux de conservation de ce monument historique classé.