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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Trains à hydrogène : état des lieux et stratégie ferroviaire
28 avr. 2026
Valérie Rossi
transports ferroviaires
Mme Valérie Rossi attire l'attention de M. le ministre des transports sur les incertitudes relatives au développement des trains à hydrogène en France. Depuis plusieurs années, certains pays européens, notamment l'Allemagne, ont engagé le développement et l'exploitation de trains à hydrogène, avec pour objectif de réduire les émissions polluantes et de proposer une alternative décarbonée aux trains diesel sur les lignes non électrifiées. Dans ce contexte, la France apparaît toutefois en retrait dans le déploiement opérationnel de cette technologie. En effet, si douze trains Régiolis à hydrogène ont été commandés par quatre régions françaises afin d'accompagner la transition écologique du transport ferroviaire, ce programme connaît des retards significatifs. Les essais, débutés en 2024, se poursuivent encore en 2026 sur une rame de présérie, tandis que les premières mises en service commerciales ne sont désormais attendues qu'à partir de mi-2027, soit plusieurs années après les échéances initialement envisagées. Ces incertitudes sont d'autant plus préoccupantes qu'elles s'inscrivent dans un contexte de fragilisation de la filière industrielle. Le groupe Alstom a en effet récemment annoncé son intention de mettre en pause sa filiale dédiée à l'hydrogène, une fois les commandes en cours honorées, invoquant notamment un niveau de soutien public jugé insuffisant pour en assurer la viabilité économique. Cette situation interroge d'autant plus que le potentiel de la filière hydrogène apparaît considérable, comme en témoigne la récente découverte en Moselle d'un gisement naturel de grande ampleur, dont les premières analyses laissent penser qu'il pourrait s'agir de l'un des plus importants au monde. Dans ce contexte, elle souhaite connaître l'état d'avancement précis des commandes de trains à hydrogène passées par les régions ainsi que la stratégie du Gouvernement en matière de décarbonation du transport ferroviaire, en particulier s'agissant du soutien public à la filière hydrogène et de son articulation avec les autres solutions alternatives.
↕️Tri
💡14 juil. 2026
Philippe Tabarot
, Ministère des transports • 📌Épinglé
En matière de décarbonation du transport ferroviaire, les acteurs concernés – les régions pour le transport régional passagers ; les entreprises ferroviaires pour le fret ; SNCF Réseau pour l'avitaillement en énergie et l'État pour le soutien à l‘innovation et l'évolution réglementaire – expérimentent depuis quelques années la mise en œuvre de projets innovants ou pilotes pour le développement de technologies alternatives au thermique classique. Ces technologies concernent principalement l'électrique à batteries et la motorisation hydrogène via les piles à combustible ou les moteurs à combustion interne. Le retard pris par l'hydrogène dans le secteur ferroviaire s'explique avant tout par la nécessité de poursuivre la mise au point de la technologie, afin de permettre son utilisation en condition d'exploitation. Le début de la phase d'exploitation des trains a en effet révélé des performances des piles à combustible moindres qu'escomptées en termes de durée de vie et de fiabilité. Ces aléas technologiques concernent également la filière hydrogène en Allemagne. À titre illustratif, la région de la Hesse a été contrainte de mettre le service à l'arrêt en raison de problèmes de fiabilité de la technologie. À ces enjeux technologiques s'ajoute un enjeu économique. Il conviendra d'évaluer l'intérêt économique de l'hydrogène par rapport à la technologie électrique à batterie, cette dernière ayant fait des progrès significatifs en termes d'autonomie. Le gisement d'hydrogène naturel découvert en Moselle est prometteur et des permis de recherche ont été délivrés. Toutefois, la possibilité d'exploiter techniquement et commercialement le gisement n'est toutefois pas encore démontrée. Si toutes les conditions sont réunies et que toutes les autorisations administratives sont obtenues, l'exploitation pourra commencer d'ici quelques années. Dans l'intervalle, la principale source d'hydrogène sera la production par électrolyse, conformément à la stratégie nationale hydrogène révisée en 2025.
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