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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Formation à l'intelligence artificielle dans les métiers du bâtiment
5 mai 2026
Marc Chavent
bâtiment et travaux publics
M. Marc Chavent attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre du travail et des solidarités et du ministre de l'éducation nationale, chargée de l'enseignement et de la formation professionnels et de l'apprentissage, sur l'intégration de modules sur l'intelligence artificielle dans les filières de formation aux métiers du bâtiment et des travaux publics (BTP). À l'heure où l'intelligence artificielle connaît un développement croissant et transforme les pratiques de nombreuses filières dont celle du bâtiment, le secteur du BTP peine à recruter des profils formés aux nouveaux outils. L'optimisation des chantiers, la modélisation des données, la maintenance prédictive ou encore l'amélioration de la sécurité au travail constituent autant d'applications concrètes de ces technologies. Il apparaît dès lors essentiel d'anticiper les mutations des compétences attendues dans les métiers du BTP. Or de nombreux acteurs de la formation professionnelle et de l'apprentissage soulignent un retard dans l'intégration de modules dédiés à l'intelligence artificielle et aux outils numériques avancés dans les cursus existants. Cette situation pourrait à terme créer un décalage entre les besoins des entreprises et les qualifications des futurs professionnels. Aussi, il lui demande si le Gouvernement va prendre les mesures nécessaires à l'intégration de modules relatifs à l'intelligence artificielle dans les filières de formation aux métiers du BTP afin de soutenir le recrutement et l'embauche du secteur.
↕️Tri
Les transformations liées au développement de l'Intelligence artificielle (IA) se traduisent par une évolution des compétences attendues dans l'ensemble des métiers. Dans ce contexte, les certifications professionnelles constituent un levier central pour adapter les contenus de formation et assurer leur adéquation avec les besoins des entreprises. L'intégration progressive de ces compétences dans les formations constitue à ce titre une priorité pour le Gouvernement. L'analyse de l'offre de certification professionnelle fait apparaître une structuration progressive. Au niveau du Répertoire spécifique (RS), une dynamique soutenue est observée, avec à ce jour 36 certifications enregistrées en lien avec l'IA, 21 en cours d'instruction et 24 en phase de rédaction, mais avec des contenus encore hétérogènes et une couverture partielle des besoins en compétences de base. S'agissant du Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), les compétences liées à l'IA sont le plus souvent intégrées de manière transversale dans les blocs de compétences, sans apparaître explicitement dans l'intitulé des certifications. Le décret n° 2025-500 du 6 juin 2025 relatif à la certification professionnelle a renforcé ce cadre. Les articles R. 6113-9 (RNCP) et R. 6113-11 (RS) du code du travail prévoient que l'instruction des demandes d'enregistrement par France compétences vérifie que les référentiels de compétences prennent en compte les effets des transitions, notamment la transition numérique et les impacts de l'IA, quel que soit le secteur professionnel. La commission de la certification professionnelle de France compétences, mentionnée à l'article R. 6113-1 du même code, émet un avis sur l'enregistrement des certifications professionnelles dans les répertoires nationaux au regard de ces éléments. En outre, le décret précité fait évoluer le dispositif des Métiers émergents ou en particulière évolution (MEPE) prévu aux articles R. 6113-5 et suivants du code du travail. La commission précitée de France compétences émet un avis sur cette liste en s'appuyant sur un comité scientifique composé de chercheurs universitaires. L'identification des MEPE repose notamment sur les contributions des branches professionnelles via leurs Observatoires prospectifs des métiers et des qualifications (OPMQ). La liste peut désormais être actualisée à une fréquence infra-annuelle, afin d'accélérer l'adaptation de l'offre de certification aux besoins en compétences des métiers en transformation, en cohérence avec les priorités de France 2030, plan national d'investissement en faveur de l'innovation et des compétences. Les certifications professionnelles visant ces métiers peuvent, dans ce cadre, être enregistrées au RNCP dans des conditions assouplies, une attention particulière ayant été portée, dans l'appel à projets 2025, aux métiers impactés par l'IA. S'agissant plus spécifiquement du secteur du bâtiment et des travaux publics, l'étude réalisée par l'Observatoire des métiers du Bâtiment et travaux publics (BTP) entre mars 2024 et avril 2025, publiée en février 2026, montre que l'IA reste encore peu utilisée (moins de 10 % des entreprises), malgré un intérêt croissant. Les usages actuels concernent principalement les fonctions administratives et de conception, avec encore peu d'applications directement mobilisées sur les chantiers. Les principaux freins identifiés sont d'ordre technique (interopérabilité des outils), économique (coûts et retour sur investissement incertain) et culturel (niveau encore limité de maturité numérique). Dans ce contexte, l'enjeu principal réside dans la montée en compétences des professionnels et la structuration des données. Une attention accrue est ainsi portée à l'intégration des enjeux liés à la transition numérique et à l'IA dans les référentiels des titres professionnels relevant du ministère chargé de l'emploi, notamment dans le champ du BTP. Cette évolution s'inscrit dans l'ingénierie de certification conduite par les services de l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), fondée sur l'analyse des activités et des compétences mobilisées en situation de travail, et se traduit par des révisions régulières des référentiels afin de garantir leur adéquation avec les besoins des secteurs professionnels. Parallèlement, les diplômes professionnels relevant du ministère de l'éducation nationale font également l'objet d'une attention particulière afin d'intégrer progressivement les compétences liées à la transformation numérique et aux usages de l'intelligence artificielle, en cohérence avec les évolutions des métiers et les besoins exprimés par les entreprises. Cette démarche s'inscrit dans une politique éducative plus globale visant à développer, dès le collège, une culture du numérique, des données et de l'intelligence artificielle. Les élèves sont progressivement sensibilisés aux enjeux, aux usages, aux opportunités mais aussi aux limites de ces technologies. Cette acculturation se poursuit ensuite tout au long des parcours de formation professionnelle, du CAP jusqu'aux diplômes de niveau supérieur, à travers des situations d'apprentissage directement reliées aux réalités des métiers. Dans les formations professionnelles, l'intégration de l'intelligence artificielle s'effectue principalement de manière transversale, au travers des compétences numériques, de l'exploitation des données, de l'automatisation des processus, de la modélisation numérique ou encore des outils d'aide à la décision utilisés dans les secteurs professionnels. Dans le champ du bâtiment et des travaux publics, plusieurs diplômes intègrent déjà ces évolutions. Le baccalauréat professionnel Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés (MELEC) prépare les élèves à intervenir sur des bâtiments connectés mobilisant des systèmes domotiques, des capteurs intelligents et des dispositifs de gestion énergétique automatisée. Le baccalauréat professionnel Technicien d'études du bâtiment intègre quant à lui l'usage de la maquette numérique (BIM), la modélisation 3D, l'estimation automatisée de certaines données de projet et les démarches d'optimisation énergétique. Le baccalauréat professionnel Organisation et réalisation du gros œuvre (ORGO) prend également en compte les évolutions liées à la numérisation croissante des processus de conception, de fabrication et d'organisation des chantiers. Par ailleurs, certaines formations professionnelles, sans relever directement du secteur du BTP, contribuent à former des compétences mobilisables dans ce domaine. C'est notamment le cas du baccalauréat professionnel Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique (CIEL), dont les diplômés peuvent intervenir dans des environnements techniques liés aux bâtiments intelligents, aux infrastructures connectées ou à la gestion numérique des équipements. Les enseignements abordent notamment la collecte et l'analyse de données, l'automatisation de systèmes, la cybersécurité et le fonctionnement d'équipements communicants. Au niveau de l'enseignement supérieur, plusieurs Brevets de technicien supérieur (BTS) intègrent déjà ou intègreront progressivement ces dimensions. Le BTS Travaux publics mobilise notamment des outils numériques pour la planification des chantiers, l'analyse des risques, le suivi des opérations et l'exploitation de maquettes numériques enrichies. D'autres spécialités, telles que le BTS Management économique de la construction (MEC) ou le BTS Fluides, énergies, domotique (FED), permettent d'aborder des applications liées à l'estimation automatisée, à l'optimisation des coûts, à la maintenance prédictive, à la gestion intelligente de l'énergie ou encore à l'automatisation des équipements techniques. Le BTS CIEL contribue également à former des techniciens capables d'intervenir sur les réseaux, les infrastructures numériques et les systèmes connectés qui accompagnent le développement des bâtiments intelligents. S'agissant plus spécifiquement du secteur du BTP, l'étude de l'Observatoire des métiers du BTP, publiée en février 2026, confirme que l'IA y demeure encore marginale, malgré un intérêt en progression. Les usages observés se concentrent principalement sur les fonctions administratives, de conception et de gestion des données. Dans ce contexte, l'enjeu prioritaire réside moins dans la création de formations entièrement dédiées à l'intelligence artificielle que dans l'acquisition progressive, par l'ensemble des futurs professionnels, des compétences numériques et des capacités d'adaptation nécessaires à l'appropriation de ces nouveaux outils. Une attention particulière est portée à l'accompagnement des équipes pédagogiques et à la diffusion des innovations technologiques dans les formations professionnelles et en apprentissage. La démarche d'adaptation continue des diplômes professionnels de l'Éducation nationale s'appuie sur un dialogue étroit avec les branches professionnelles, les représentants des entreprises et les experts des secteurs concernés. Elle vise à garantir l'adéquation des formations aux évolutions technologiques et à permettre aux futurs professionnels du bâtiment et des travaux publics de mobiliser les outils numériques et les applications d'intelligence artificielle qui se diffuseront progressivement dans leurs activités, au service de la performance, de la transition écologique et de la compétitivité des entreprises.
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