Le Gouvernement partage pleinement votre constat : l'intelligence artificielle constitue un levier majeur d'efficacité pour l'action publique, au service des agents comme de la qualité du service rendu aux citoyens. Il souscrit également au diagnostic implicite de la question : pendant plusieurs années, le recours à l'IA dans l'administration s'est limité à des expérimentations isolées, conduites ministère par ministère, sans cadre commun ni pilotage d'ensemble. C'est précisément pour mettre fin à cette dispersion que le Gouvernement a arrêté une politique globale d'intégration de l'IA dans les processus métiers de l'État. Cette politique a été formalisée par le plan « Notre IA », présenté le 16 juin 2026 par le ministre de l'Action et des Comptes publics et la ministre de l'IA et du numérique. Il s'agit du premier plan systémique pour l'IA dans l'État, articulant l'ensemble des dimensions du sujet : les outils, les usages métiers, la gouvernance et le dialogue social. Sur le volet des outils, plusieurs solutions souveraines sont désormais généralisées : « L'Assistant », développé par la direction interministérielle du numérique (DINUM) avec un partenaire français sur une infrastructure certifiée SecNumCloud, est ouvert à l'ensemble des agents connectés au réseau interministériel de l'État - soit près d'un million d'agents - au terme d'une expérimentation de dix mois auprès de 10 000 agents ; s'y ajoutent la transcription automatique (« Transcripts »), la traduction souveraine en soixante-quatre langues (« DiploIA ») et la visioconférence de l'État (« Visio »), qui génère désormais automatiquement les comptes rendus de réunion. Sur le volet métier, des cas d'usage ciblés sont déployés là où ils allègent concrètement le travail des agents : reformulation des courriers administratifs à la DGFiP (« Langage Clair »), préremplissage de la chaîne financière dans Chorus (« Dépenses éclairées »), aide à l'analyse des offres de marchés publics, appui aux juristes de l'État et aux services judiciaires, ou encore accompagnement des conseillers France services à compter de l'automne 2026. Le pilotage systématique appelé de ses vœux par l'auteur de la question constitue le cœur même de cette stratégie. Le Gouvernement a engagé une refonte du pilotage numérique de l'État : la DINUM se transforme en une autorité référente pour l'intelligence artificielle et le numérique de l'État (Ariane), chargée d'édicter les standards techniques, de superviser l'urbanisation des systèmes d'information et de mutualiser les ressources critiques que sont les infrastructures, les capacités de calcul et les données. Le déploiement des cas d'usage repose sur un pilotage interministériel resserré, associant la DINUM, la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) et la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), la DITP assurant la conduite opérationnelle de la démarche. La sélection des projets s'appuie sur une méthodologie partagée et multicritères - retour sur investissement, part des tâches concernées, faisabilité technique, impacts organisationnels - et fait l'objet d'une évaluation rigoureuse, à l'image de l'expérimentation de l'Assistant menée avec un consortium de recherche associant notamment l'Inria et le CNRS. Cette discipline collective vise expressément à rationaliser la dépense publique, à éviter les investissements redondants et à garantir la responsabilité de l'administration devant le contribuable, dans le prolongement de la doctrine « faire ou acheter » et de la mutualisation des infrastructures de calcul désormais pilotées à l'échelle interministérielle. Cette intégration s'opère selon une ligne directrice claire : celle d'une IA utile, humaine et souveraine - une IA choisie, et non subie. Le déploiement s'accompagne du maintien systématique d'une supervision humaine, d'un effort de formation d'ampleur (renforcement de l'enseignement de l'IA dans les futurs instituts du service public, guide d'usage remis à chaque agent), de la réinternalisation d'ici 2027 des compétences numériques les plus stratégiques, et d'une négociation inédite avec les organisations syndicales en vue d'un accord-cadre à l'automne 2026. Il participe enfin de la réduction des dépendances technologiques extra-européennes, condition de la maîtrise par l'État de ses propres services publics. Enfin, elle tient pleinement compte de la doctrine en matière de commande publique numérique, récemment précisée par une circulaire du Premier ministre, visant à prendre pleinement en compte la question de la souveraineté et à s'appuyer en première intention sur les produits et services numériques existants fournis par l'écosystème français et européen. En conséquence, la politique d'intégration systématique des outils d'IA dans les processus métiers de l'ensemble des missions de l'État n'est pas seulement envisagée : elle est engagée, pilotée et évaluée, et a désormais vocation à monter en charge sur la durée.