Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, la situation humanitaire demeure catastrophique dans la bande de Gaza. Dès lors, la France réitère ses appels aux autorités israéliennes pour l'ouverture de tous les points de passage et l'entrée massive et sans entrave de l'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne. Au plan national, la France est pleinement mobilisée depuis le 7 octobre 2023 pour apporter une assistance humanitaire à la population civile palestinienne, à Gaza en particulier. A cet égard, la France a alloué près de 100 millions d'euros par an aux acteurs humanitaires œuvrant en Palestine, qu'il s'agisse des agences des Nations unies, du Comité international de la Croix-Rouge et d'une dizaine d'ONG françaises, internationales et locales. Les financements français contribuent ainsi à l'amélioration de l'accès aux services essentiels pour la population palestinienne qui fait face à une crise humanitaire préoccupante. En outre, plus de 1 700 tonnes de fret humanitaire ont été acheminées à destination de Gaza, dont près de 400 tonnes d'intrants nutritionnels, qui ont été remis à la branche égyptienne du Programme alimentaire mondial (PAM) en février 2026 et dont une partie a pu pénétrer dans la bande de Gaza. La France poursuit ses démarches auprès du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) pour que la totalité de l'aide humanitaire puisse pénétrer dans Gaza dans les meilleurs délais. Enfin, la France travaille également à de nouveaux envois d'aide humanitaire au regard de l'urgence et de l'ampleur des besoins des civils palestiniens. Le blocage de l'aide française aux portes de Gaza témoigne des nombreux obstacles qui empêchent le déploiement d'une aide humanitaire en quantité et en qualité suffisantes afin de répondre aux besoins de la population civile. Si les points de passage de Kerem Shalom, d'Allenby et de Cheikh Hussein ont rouvert, le flux de convois humanitaires autorisés à entrer dans l'enclave reste bien en-deçà des besoins réels. Nous appelons à ce que le point de passage de Rafah, pour l'instant dédié uniquement aux passagers, rouvre totalement, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies de novembre 2025. Dans ce contexte, la France continue d'appeler Israël à garantir l'accès des partenaires humanitaires à la Palestine, à lever les restrictions d'entrée sur les biens qualifiés à double-usage et nécessaires aux opérations humanitaires, et à rouvrir tous les points de passage, afin d'assurer l'acheminement libre, massif et sans entrave de l'aide humanitaire dans l'ensemble de la bande de Gaza de manière impartiale et indépendante. Au plan international, et notamment européen, la France a conduit de nombreuses démarches visant à ce qu'Israël assouplisse ses positions depuis le 7 octobre 2023. Concernant le désenregistrement de 37 ONG internationales, la décision suspensive de la Haute cour de justice israélienne rendue le 27 février offre un répit aux acteurs humanitaires avant une décision sur le fond. Néanmoins, la France maintient sa mobilisation afin d'obtenir la levée définitive de la décision israélienne pour permettre le maintien des activités de ces organisations. Elle a également engagé, avec ses partenaires européens, une série de démarches auprès des autorités israéliennes et le ministre de l'Europe et des affaires étrangères a adressé une lettre à son homologue israélien afin que cette décision soit réexaminée, avec effet suspensif. Fidèle à sa position et dans la continuité de la reconnaissance de l'Etat de Palestine, la France poursuit ses efforts en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux Etats qui doit passer par la réalisation d'un Etat palestinien viable, contigu, souverain et indépendant, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l'Etat d'Israël. C'est le seul horizon crédible pour une paix durable et la sécurité de tous dans la région, conformément à la Déclaration de New York, adoptée en septembre 2025 par 142 Etats de l'Assemblée générale des Nations unies. Plus largement, la France est préoccupée par l'accélération de la politique de colonisation menée par le gouvernement israélien en Cisjordanie qui met en péril la perspective politique de la solution à deux Etats, et la France agit, en lien avec ses partenaires de l'Union européenne, à des mesures concrètes en réponse à ces développements sans précédent.