Depuis plus d'une dizaine d'années, la France, comme ses principaux partenaires européens, a mis en place une externalisation de diverses tâches liées aux visas, à l'exception de l'instruction des demandes qui reste du ressort exclusif de l'administration, afin de faire face à la hausse constante de la demande et d'offrir aux demandeurs de meilleures conditions d'accueil. L'externalisation consiste à confier à un prestataire, retenu dans le cadre d'un marché public, la tâche d'organiser la prise des rendez-vous, la collecte des dossiers de demandes de visa et la perception des droits de visas pour le compte de l'administration. En rémunération du service rendu, le prestataire facture des frais de service aux demandeurs de visa. La forte pression sur la disponibilité des rendez-vous provoquée par l'action d'intermédiaires, ou officines, fait l'objet d'un suivi attentif de la part des prestataires chargés de la collecte des demandes de visas, des services consulaires et de l'administration centrale. La préemption des rendez-vous par les officines vise à engendrer une pénurie afin d'attirer vers elles les demandeurs de visas. Or, l'activité de la plupart de ces officines, qui offrent en qualité d'intermédiaires un service à leurs clients, n'est pas illégale, ce qui complique la lutte contre leur activité. Ce phénomène de captation des rendez-vous, qui tend à se généraliser, est encore plus difficile à contrer dans les postes où la prise de rendez-vous n'est pas externalisée. A l'inverse, l'externalisation est un moyen efficace de lutter contre la captation des rendez-vous en mobilisant les outils informatiques de nos prestataires pour faire obstacle aux pratiques de ces officines. En collaboration avec les acteurs concernés, différentes mesures sont ainsi mises en œuvre pour limiter ce phénomène, comme le système « Captcha », les délais d'expiration des sessions de connexion, le prépaiement des frais de service, la mise en ligne quotidienne et de manière aléatoire d'une partie seulement des rendez-vous, etc. S'agissant de TLS Contact, cette filiale de la société Téléperformance propose des outils informatiques efficaces permettant de limiter l'action des robots. Les pratiques des intermédiaires étant en constante évolution, les moyens proposés par les prestataires doivent s'adapter. Des expérimentations sont ainsi menées par les trois prestataires avec lesquels l'administration a contracté dans le monde (VFS Global, TLS Contact et Capago), notamment l'attribution aléatoire des rendez-vous pour les catégories de demandeurs les plus importantes. Cette solution permet de réduire l'impact des officines, qui ne peuvent plus garantir de rendez-vous aux demandeurs. Le ministère de l'intérieur et le ministère de l'Europe et des affaires étrangères travaillent également sur d'autres expérimentations visant à entraver la capacité de nuisance de ces intermédiaires.