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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Décarbonation - Quel avenir pour le mix énergétique ?
2 juin 2026
David Taupiac
énergie et carburants
M. David Taupiac attire l'attention de Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministre déléguée, chargée de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, sur la place accordée au mix énergétique dans la stratégie de décarbonation de l'économie. Si l'objectif de neutralité carbone fait aujourd'hui largement consensus, sa mise en œuvre semble de plus en plus reposer sur une logique de forte électrification des usages. Cette orientation soulève plusieurs interrogations. D'une part, les besoins futurs en électricité apparaissent considérables au regard du développement du véhicule électrique, de la croissance attendue des infrastructures numériques et des centres de données, notamment dans le contexte du déploiement de l'intelligence artificielle et des enjeux de souveraineté technologique. Certaines expériences étrangères ont mis en évidence les limites que peuvent rencontrer les réseaux électriques lorsqu'ils ne sont pas dimensionnés pour absorber ces nouveaux besoins. D'autre part, la résilience énergétique du pays face aux aléas climatiques et aux tensions d'approvisionnement conduit à s'interroger sur la place accordée aux autres vecteurs énergétiques. À cet égard, le développement du biométhane ces dernières années illustre le rôle que peut continuer à jouer le gaz dans une stratégie globale de décarbonation. Dans ce contexte, plusieurs acteurs s'interrogent sur la capacité de la France à maintenir une approche fondée sur la diversification des sources d'énergie, alors même que certaines chaînes d'approvisionnement liées aux technologies électriques présentent des niveaux élevés de dépendance internationale. Il lui demande donc si le Gouvernement entend confirmer son attachement au principe du mix énergétique comme fondement de la stratégie française de décarbonation et préciser comment elle entend garantir, dans la durée, la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité économique et la résilience énergétique du pays sans concentrer exclusivement les efforts sur l'électrification des usages.
↕️Tri
Le Gouvernement partage l'importance de la sécurité d'approvisionnement énergétique. La programmation pluriannuelle de l'énergie III (PPE3) du 13 février 2026 rappelle justement l'importance de garantir une sécurité d'approvisionnement comme facteur de la souveraineté énergétique. L'électrification des usages est également un objectif réaffirmé de la PPE qui correspond à une démarche en cours depuis plusieurs années. L'adaptation du réseau électrique pour répondre à cette demande est un enjeu pleinement identifié par l'État et les opérateurs de réseaux comme le confirme les trajectoires d'investissements prévues par le Réseau de transport d'électricité (RTE) et Enedis. Le plan d'électrification présenté par le Premier ministre le 23 avril 2026 prévoit 22 mesures afin d'accélérer l'électrification de certains usages (transports, industrie, bâtiment…) dans un contexte de surcapacité temporaire, et de contrainte sur l'approvisionnement en gaz et pétrole, énergies fossiles polluantes et non souveraines. Si l'électrification de tous les usages qui peuvent l'être doit rester une priorité pour assurer notre souveraineté énergétique à moindre coût et réussir notre transition énergétique, le seul levier de l'électrification ne permettra pas de répondre à l'ensemble des usages et le gaz, notamment le biométhane, sera aussi nécessaire comme en témoigne la PPE3 qui prévoit 44 TWh de biométhane injecté dans le réseau de gaz en 2030 et entre 47 et 82 TWh PCS en 2035. La stratégie nationale bas carbone (actuellement en consultation) estime qu'en 2050 la production pourrait être autour de 115 TWh. Pour arriver à cette estimation, un important travail d'évaluation des potentiels, cohérent avec les évolutions envisagées pour l'agriculture française a été réalisé. Ainsi, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la modélisation de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) prévoit que la totalité de la consommation de gaz en 2050 soit couverte par des gaz bas carbone produit en France. Au regard de notre consommation actuelle (environ 350 TWh) et du coût de production élevé du biométhane par rapport au gaz fossile ou à l'électricité, cet objectif s'accompagne d'un recentrage de la demande en gaz sur les usages les plus difficiles à électrifier. Cette transformation de la consommation de gaz passe notamment par la limitation du développement de nouveaux usages de consommateurs de gaz et l'accélération de la substitution du gaz par d'autres vecteurs énergétiques lorsque des solutions techniques et économiques existent déjà notamment : dans l'industrie, où les gains d'efficacité énergétique et l'électrification des procédés basse température permettront de réduire significativement les besoins en gaz,  dans les bâtiments, où le déploiement des pompes à chaleur dans les logements individuels, le développement des réseaux de chaleur dans le collectif, les politiques de rénovation énergétique, la sobriété contribueront à une forte diminution de la consommation de gaz. Ainsi, la stratégie de la France repose bien sur une augmentation de la production de biométhane en cohérence avec la mise en consultation récente de la trajectoire des certificats de production de biogaz, qui soutiendra le développement des filières de gaz renouvelables, en complément d'une électrification des usages qui peuvent l'être.
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