Le Gouvernement partage l'importance de la sécurité d'approvisionnement énergétique. La programmation pluriannuelle de l'énergie III (PPE3) du 13 février 2026 rappelle justement l'importance de garantir une sécurité d'approvisionnement comme facteur de la souveraineté énergétique. L'électrification des usages est également un objectif réaffirmé de la PPE qui correspond à une démarche en cours depuis plusieurs années. L'adaptation du réseau électrique pour répondre à cette demande est un enjeu pleinement identifié par l'État et les opérateurs de réseaux comme le confirme les trajectoires d'investissements prévues par le Réseau de transport d'électricité (RTE) et Enedis. Le plan d'électrification présenté par le Premier ministre le 23 avril 2026 prévoit 22 mesures afin d'accélérer l'électrification de certains usages (transports, industrie, bâtiment…) dans un contexte de surcapacité temporaire, et de contrainte sur l'approvisionnement en gaz et pétrole, énergies fossiles polluantes et non souveraines. Si l'électrification de tous les usages qui peuvent l'être doit rester une priorité pour assurer notre souveraineté énergétique à moindre coût et réussir notre transition énergétique, le seul levier de l'électrification ne permettra pas de répondre à l'ensemble des usages et le gaz, notamment le biométhane, sera aussi nécessaire comme en témoigne la PPE3 qui prévoit 44 TWh de biométhane injecté dans le réseau de gaz en 2030 et entre 47 et 82 TWh PCS en 2035. La stratégie nationale bas carbone (actuellement en consultation) estime qu'en 2050 la production pourrait être autour de 115 TWh. Pour arriver à cette estimation, un important travail d'évaluation des potentiels, cohérent avec les évolutions envisagées pour l'agriculture française a été réalisé. Ainsi, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la modélisation de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) prévoit que la totalité de la consommation de gaz en 2050 soit couverte par des gaz bas carbone produit en France. Au regard de notre consommation actuelle (environ 350 TWh) et du coût de production élevé du biométhane par rapport au gaz fossile ou à l'électricité, cet objectif s'accompagne d'un recentrage de la demande en gaz sur les usages les plus difficiles à électrifier. Cette transformation de la consommation de gaz passe notamment par la limitation du développement de nouveaux usages de consommateurs de gaz et l'accélération de la substitution du gaz par d'autres vecteurs énergétiques lorsque des solutions techniques et économiques existent déjà notamment : dans l'industrie, où les gains d'efficacité énergétique et l'électrification des procédés basse température permettront de réduire significativement les besoins en gaz, dans les bâtiments, où le déploiement des pompes à chaleur dans les logements individuels, le développement des réseaux de chaleur dans le collectif, les politiques de rénovation énergétique, la sobriété contribueront à une forte diminution de la consommation de gaz. Ainsi, la stratégie de la France repose bien sur une augmentation de la production de biométhane en cohérence avec la mise en consultation récente de la trajectoire des certificats de production de biogaz, qui soutiendra le développement des filières de gaz renouvelables, en complément d'une électrification des usages qui peuvent l'être.