La question de l'exposition aux résidus de pesticides dans les fleurs coupées importées fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'État, notamment en raison des risques pour les professionnels, et en premier lieu pour les fleuristes. Dans la mesure où ces produits, majoritairement importés, ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale, il n'existe pas actuellement de législation relative aux résidus de pesticides présents sur les fleurs coupées. Ainsi, aucune disposition législative ou réglementaire ne vient fixer des limites maximales en résidus (LMR) sur ces produits. Les seuls contrôles pouvant être diligentés par la direction générale de l'alimentation lors de l'importation portent sur l'éventuelle présence de nuisibles sur les végétaux. Face aux risques pour les professionnels, la France a donc alerté à plusieurs reprises la commission européenne sur ce sujet. Dès mars 2017, elle a demandé l'instauration d'une réglementation à l'échelle européenne pour encadrer les importations de fleurs coupées. En 2018, des études ont révélé la présence de résidus de produits phytopharmaceutiques, dont certains non approuvés dans l'union européenne (UE), à des niveaux parfois élevés. En mars 2022, la commission a consulté les États membres sur des mesures visant à réduire l'exposition des professionnels, comme le port d'équipements de protection individuelle. Bien que la France ait répondu à cette consultation, aucune action concrète n'a encore été engagée au niveau européen. La France a donc agi à son niveau pour faire face aux risques pour les professionnels. Tout d'abord, une saisine a été transmise à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) le 10 décembre 2024 afin d'évaluer les risques spécifiques liés à l'exposition des professionnels aux produits phytopharmaceutiques et à leurs résidus. Cette étude doit aboutir à des propositions de mesures de gestion adaptées, voire à des évolutions réglementaires, et son avis est attendu pour le 30 juin 2027. Par ailleurs, compte tenu des risques relatives aux fleurs importés, l'Etat encourage l'utilisation de fleurs produites dans l'UE. Celles-ci font en effet l'objet de contrôles sérieux, portant sur l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, conformément aux conditions d'autorisation de mise sur le marché. Cela inclut le respect des doses, des fréquences, des stades culturaux, ainsi que des distances de sécurité par rapport aux zones d'habitation. En parallèle, l'État encourage la promotion des fleurs locales et durables via le label Fleurs de France, porté par l'interprofession Valhor. Ce label garantit l'origine nationale des fleurs et valorise les producteurs engagés dans des démarches respectueuses de l'environnement, contribuant ainsi à réduire l'exposition des professionnels aux pesticides.