Situé sur un territoire en grande difficulté, qui demeure prioritaire pour la mise en place des politiques de l'État, soutenu par l'ensemble des collectivités publiques et d'abord par la Ville de Stains, le Studio Théâtre est reconnu pour la qualité de l'accompagnement qu'il fournit aux compagnies franciliennes, notamment par de nombreux accueils en résidence, une offre diversifiée de spectacles rencontrant un public nombreux et la mise en place de dispositifs d'éducation artistique et culturelle (EAC) appropriés aux spécificités du territoire. Néanmoins, dans le contexte budgétaire de diminution de 5 % des crédits de la mission culture, la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Île-de-France a été conduite à effectuer des choix difficiles, selon le principe de différenciation : le choix, validé au niveau national, de préserver prioritairement les équipes indépendantes, d'une part, et les lieux labellisés et conventionnés, d'autre part, a conduit à diminuer de manière plus importante les subventions accordées aux autres lieux, notamment les ateliers de fabrique artistique et les compagnies disposant d'un lieu. Le Studio Théâtre de Stains appartient à cette dernière catégorie. En raison de sa situation en territoire prioritaire et de son rôle indéniable en matière de démocratisation culturelle et de lien avec les populations, le Studio Théâtre de Stains bénéficie historiquement d'une subvention importante de la part du ministère de la culture, bien supérieure, par exemple, à celles de nombreuses scènes conventionnées d'intérêt national (SCIN). La subvention accordée par la DRAC dans le cadre d'une convention pluriannuelle d'objectifs, si elle met en avant le soutien aux résidences, couvre aussi une part du fonctionnement de la structure, de ses activités, notamment d'accueil et de diffusion, mais aussi des activités artistiques de la directrice, Madame Marjorie Nakache, également metteuse en scène. Or, dans l'analyse de la DRAC d'Île-de-France, cette activité ne correspond plus aux attentes de l'État quant au renouvellement des esthétiques, à la diffusion et aux partenariats. Il a été clairement indiqué aux codirecteurs du lieu que ce pan de l'activité artistique n'était plus couvert, à compter de 2026, par la subvention globale au Studio Théâtre, mais qu'il devrait s'inscrire dans le cadre des demandes d'aides déconcentrées au spectacle vivant (ADSV) encadrées par la circulaire de 2022. La compagnie pourra donc solliciter la DRAC pour une aide au projet relative à ses nouvelles créations, si celles-ci entrent dans les critères des ADSV. La subvention du ministère de la culture reste conséquente (100 000 euros) pour une structure qui ne bénéficie ni d'un label ni d'une appellation. Elle est par ailleurs complétée par des subventions d'autres instances au titre de la politique de la ville (ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative, préfecture d'Île-de-France), qui permettent au Studio Théâtre de maintenir un haut niveau d'activité. De plus, le Studio Théâtre de Stains, s'il en faisait la demande, pourrait bénéficier de moyens sur le programme 361 (transmission, EAC). Cette possibilité a été rappelée par la DRAC à la structure au moment de l'annonce de la diminution de la subvention. Ces possibilités de financements diversifiés, plus conformes à l'activité multiple du Studio Théâtre et plus en adéquation avec les différents dispositifs mis en place par l'État, démontrent l'attention de celui-ci à l'égard de cette structure, comme de toutes celles installées sur des territoires prioritaires, et notamment de celles de Seine-Saint-Denis, département qui mobilise le plus le programme 131 en Île-de-France après Paris. Les services de la DRAC restent mobilisés pour accompagner au mieux la structure et lui permettre de faire face à sa nouvelle situation budgétaire, en trouvant des solutions de financement complémentaires et diversifiées.