🇫🇷 Tous concernés, tous acteurs !
📛Choix du Pseudo 📧Vérification du Mail
Code :
🔑Choix du Mot de passe
🏛️Pourquoi nous rejoindre ?
  • ⚡ C'est rapide, et gratuit !
  • 🔔 Recevez des notifications sur les thèmes qui vous intéressent
  • 💬 Partagez vos idées et avis sur le travail législatif en cours
🇫🇷 Tous concernés, tous acteurs !
📛Pseudo
🔑Mot de passe

😱Pseudo oublié
ℹ️Saisir l'adresse mail liée au pseudo oublié :
😱Mot de Passe oublié
ℹ️Saisir l'adresse mail liée au Mot de Passe oublié :
🔎Chercher
ℹ️Conseil : Quelques mots-clés suffisent 😉
🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Risque d'insécurité alimentaire aggravé par le blocage du détroit d'Ormuz
16 juin 2026
Nadège Abomangoli
politique extérieure
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la réponse que la France entend apporter face au risque d'insécurité alimentaire aggravé par le blocage du détroit d'Ormuz. Depuis le début de la guerre d'agression déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran, cette dernière a engagé une stratégie de pression économique par la fermeture du détroit d'Ormuz. Le 13 avril 2026, les Etats-Unis se sont ajoutés à cette obstruction en exerçant un blocus sur les ports iraniens, empêchant de facto la sortie de ressources iraniennes, notamment en engrais et en hydrocarbures. Or en temps normal, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), estime que 33 % du commerce mondial des engrais transite par le détroit d'Ormuz. De même, entre 20 % et 25 % du pétrole mondial traverse également le détroit en temps de paix. Avec le blocage du détroit, la chute d'approvisionnement de ces ressources essentielles à l'agriculture a une incidence directe sur la capacité de production et les coûts alimentaires. En conséquence, le Programme alimentaire mondial alertait dès le 17 mars 2026 sur le risque de voir jusqu'à 45 millions de personnes supplémentaires basculer dans la faim aiguë, qui touche déjà 300 millions de personnes. Le 15 avril 2026, la Banque mondiale corroborait cette estimation en prévoyant une hausse de 20 % de l'insécurité alimentaire aiguë dans le monde en cas d'extension du conflit, concentrée dans les économies émergentes. En parallèle, la hausse des prix de l'énergie, des engrais et des denrées alimentaires augmente fortement les coûts de l'action humanitaire et menace la continuité de traitements vitaux, notamment contre la malnutrition infantile. Les ONG demandent donc une augmentation urgente des financements afin de compenser ces surcoûts et répondre à l'explosion des besoins. Dans ce contexte, elle souhaite connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour soutenir, à court terme, les pays les plus touchés par l'insécurité alimentaire. Elle demande également les engagements que la France est prête à porter au sein des instances multilatérales, notamment du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, afin de promouvoir une réponse durable conforme à ses engagements en matière de transition des systèmes alimentaires et de droit à l'alimentation, tout en garantissant des financements publics à la hauteur des besoins. Enfin, elle lui demande comment la France entend renforcer son aide publique au développement, en particulier dans les domaines humanitaire et alimentaire, en privilégiant des mécanismes favorisant l'autonomie des pays bénéficiaires plutôt que leur endettement et leur dépendance économique.
↕️Tri
La crise d'approvisionnement engendrée par la fermeture du détroit d'Ormuz fait peser des risques majeurs sur l'économie mondiale et sur les pays les plus vulnérables en particulier. Parmi ces risques figure ceux d'un choc pétrolier, d'une crise alimentaire et humanitaire, ou de l'aggravation des difficultés financières des pays partenaires. La France est mobilisée, avec ses partenaires, pour prévenir et atténuer ces risques et trouver des réponses durables aux défis qui les sous-tendent. En 2026, la présidence française du G7 s'est mobilisée pour répondre à cette crise. Au sommet du G7 à Evian, les chefs d'Etat ont appelé à la restauration de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, seul moyen de garantir la continuité des approvisionnements humanitaires et en engrais pour les pays en développement. A la suite des travaux en filière « Finance » et « Développement », un groupe de travail G7+ ad hoc (impliquant le G7, le Brésil, la Corée du Sud, l'Inde, le Kenya et une quinzaine d'organisations internationales et d'institutions financières) a été créé, avec pour objectif de suivre l'évolution des perturbations des marchés des engrais et leurs répercussions sur la production agricole et la sécurité alimentaire, de recenser et coordonner les mesures déjà mises en œuvre ou mobilisables par les organisations et institutions compétentes et d'élaborer des options de réponses coordonnées, séquencées et opérationnelles. Ces travaux ont abouti à un plan d'action rassemblant des propositions de réponses immédiates à la crise et d'anticipation des prochaines crises, via la facilitation de l'acheminement de l'aide alimentaire et des engrais ; la mobilisation des financements auprès des institutions financières internationales et régionales afin de garantir aux pays vulnérables l'accès aux marchés des denrées alimentaires et des engrais ; l'accélération, à moyen et long termes, de la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires plus résilients grâce à une meilleure anticipation, une coordination renforcée et une plus grande diversification des sources d'approvisionnement des économies vulnérables et en développement en denrées alimentaires et en engrais. La France a renforcé la mobilisation du G7 et de ses partenaires en faveur de la Coalition mondiale pour l'alimentation scolaire, une initiative lancée par la France et la Finlande en 2021 afin que chaque enfant dans le monde ait accès aux repas scolaires nécessaires pour bien apprendre et bien grandir. L'accent a été mis sur l'alimentation scolaire produite localement afin de renforcer la résilience et la soutenabilité des économies des pays en développement et les plus vulnérables. Tout en restant vigilante au respect de l'accord qui a été trouvé pour la réouverture du détroit d'Ormuz ainsi qu'aux conditions de sa mise en œuvre, la France poursuivra son action en faveur de la sécurité alimentaire et de la nutrition des populations les plus vulnérables. En 2025, la France avait financé par le biais de l'Initiative Française pour la sécurité alimentaire et la nutrition des projets d'organisations internationales et d'ONG dans 33 pays, au bénéfice de plus de 6 millions de personnes, tout particulièrement des femmes enceintes, allaitantes et des enfants de moins de deux ans. Tout en prenant en compte les difficultés budgétaires auxquels notre pays est confronté, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères continuera d'apporter son soutien aux populations en insécurité alimentaire, en particulier dans les 13 pays identifiés comme « points chauds de la faim » par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en juin 2026. Ces efforts s'inscrivent en cohérence avec la Stratégie humanitaire 2023-2027 de la France et les efforts engagés depuis 2022. L'initiative FARM (Food and Agriculture Resilience Mission) lancée en 2022 par le Président de la République en partenariat avec le PAM a permis de réduire l'impact désastreux de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur la sécurité alimentaire mondiale. En mars 2025, le Sommet N4G (Nutrition for Growth), a réuni en France plus d'une centaine de gouvernements et mobilisé 27 milliards d'euros en faveur de la nutrition et en adéquation avec les Objectifs du développement durable. Enfin la France reste mobilisée pour remédier avec ses partenaires à la fragmentation du système de développement et améliorer son efficacité. Cela passe par le renforcement de la coordination des efforts de tous les acteurs du développement, notamment les banques publiques de développement, les institutions de financement du développement, les banques multilatérales de développement et les fonds multilatéraux verticaux. Dans le cadre du G7, la France a promu un dialogue renforcé avec les banques publiques de développement, dans le cadre d'un évènement du réseau finance en commun (FiCS), ainsi qu'avec les principales fondations. La France est très engagée dans les travaux relatifs à la sécurité alimentaire et la nutrition portés dans les enceintes internationales, notamment à la FAO et au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Elle participe activement au processus de négociation des recommandations de politique générale du CSA sur la construction de systèmes alimentaires résilients qui doivent être adoptées lors de la 54e session en octobre 2026.
0/300
0/300
🚀