Le train de nuit Paris-Briançon répond à plusieurs enjeux pour les territoires traversés. En premier lieu, il offre, notamment pour les habitants du territoire, la seule desserte de mobilité ferroviaire sans correspondance entre les gares desservies et Paris. L'offre de transport ferroviaire répond également à la demande touristique, qui connait une forte saisonnalité, avec de plus grandes compositions de voitures voyageurs l'hiver. Ainsi le train de nuit Paris-Briançon circule majoritairement avec 7 voitures, mais à certaines périodes, le train peut circuler avec 10 ou 14 voitures, le maximum admissible sur la ligne entre Livron et Briançon. Aujourd'hui, seule la gare de Luc-en-Diois n'est desservie quotidiennement qu'en été et de manière hebdomadaire le reste de l'année, cette spécificité de desserte ne dépendant pas de la longueur des quais. Les autres gares sont desservies par toutes les circulations, à l'exception des quelques circulations annuelles à 14 voitures. En effet, l'ensemble des gares de la ligne sont en capacité aujourd'hui d'être desservies avec des convois de 10 voitures qui nécessitent 264 m de quai (hors locomotive qui peut être le cas échéant hors quai). Lors des circulations à 14 voitures, les gares de Crest, Die, Luc-en-Diois et Chorges ne pouvant accueillir les trains ne sont pas desservies. Mais des correspondances sont disponibles pour les voyageurs, afin de prendre le train de nuit dans une gare desservie, ou de pouvoir utiliser un autre service ferroviaire. Le nombre de jours concerné reste faible ; cette desserte, adaptée notamment aux besoins des stations de ski du briançonnais, participe ainsi au dynamisme de l'économie touristique des territoires traversés. Dans le cadre des travaux prévus pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver Alpes 2030 (JOPH 2030), une enveloppe de 14,5 M€ a été actée pour des aménagements dans les gares situées entre Gap et Briançon. Ainsi, SNCF Gares & Connexions a étudié les possibilités de travaux afin que les partenaires financeurs puissent définir au mieux un programme adapté à cette enveloppe, notamment sur l'intermodalité et l'amélioration de l'accessibilité des gares. En gare de Chorges, l'allongement des quais, et notamment du quai D, d'une longueur actuelle de 340 mètres, présente de nombreuses difficultés techniques. En effet, un tel allongement nécessiterait de déposer des appareils de voies indispensables à l'utilisation de voies de service. Or, ces voies de service sont utilisées par SNCF Réseau pour des opérations d'entretien et de maintenance du réseau ferré. Elles seront mobilisées pour des interventions lourdes sur l'infrastructure programmées dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de 2030. De plus, la propriété de ces voies de service étant celle du ministère des armées, leur dépose paraît inenvisageable à court terme. Enfin, les travaux prévus sur l'infrastructure ferroviaire en gare de Chorges par SNCF Réseau entre 2028 et 2029 ne permettent pas de réaliser des travaux d'allongement de quais. Par ailleurs, après analyse des contraintes techniques et des coûts financiers afférents, il a été estimé que le chantier de mise en accessibilité de la gare de Chorges dans le cadre des travaux réalisés pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de 2030 était difficile à mettre en œuvre et nécessiterait une enveloppe financière trop importante pour les partenaires financeurs. En revanche, la gare de Gap fera l'objet de travaux de mise en accessibilité complémentaires afin d'être totalement accessible. Les gares d'Embrun, de Montdauphin-Guillestre et de l'Argentière-les-Ecrins feront pour leur part l'objet de travaux d'amélioration de l'intermodalité. Concernant les gares situées en région Auvergne-Rhône-Alpes que sont Crest, Die et Luc-en-Diois, il n'y a pas eu à ce jour d'étude réalisée ou de commande d'étude pour un allongement spécifique des quais de ces gares. Cependant, dans le cadre du schéma directeur régional d'accessibilité de la région, des études préliminaires pour la mise en accessibilité des gares de Crest et Die sont en cours, selon un programme qui reste à valider en comité technique. En cas d'allongement des quais concomitant à la mise accessibilité de ces deux gares, il serait nécessaire de poursuivre les études de faisabilité ainsi que d'établir un calendrier prévisionnel. Il est à noter que ces allongements de quai sont souvent coûteux et techniquement complexes car nécessitant en règle générale le déplacement d'appareils de voie ou de signalisation. Si le financement était décidé, la phase de réalisation d'une telle opération ne pourrait toutefois pas intervenir avant 2031-2032. En ce qui concerne la pose d'un panneau pour arrêter le train avec la locomotive hors quai à la gare de Die, il est entièrement possible de réaliser une telle opération au cours de la prochaine année, et SNCF Réseau a indiqué étudier sa mise en œuvre prochaine.