Le Gouvernement est attentif aux difficultés rencontrées par certaines collectivités territoriales dans l'exercice des compétences relatives à l'eau potable et à l'assainissement, en particulier dans les territoires ruraux confrontés à un patrimoine d'infrastructures ancien nécessitant des investissements importants. La préservation d'un service public de l'eau de qualité, accessible à tous et compatible avec les exigences environnementales et sanitaires, constitue une priorité de l'État. Le modèle français de l'eau repose sur le principe selon lequel « l'eau paie l'eau ». Dans ce cadre, les services publics d'eau et d'assainissement financent majoritairement leurs charges par les factures acquittées par les usagers. Environ 80 % des montants perçus sur les factures d'eau sont directement mobilisés par les collectivités compétentes pour assurer l'exploitation des services, l'entretien des ouvrages et les investissements nécessaires au renouvellement des réseaux. Les 20 % restants alimentent les budgets des agences de l'eau, dont les interventions répondent précisément à des objectifs de solidarité territoriale et de préservation du grand cycle de l'eau à l'échelle des bassins hydrographiques. Ces financements permettent notamment d'accompagner les territoires dont l'assiette financière est insuffisante pour supporter seuls les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures d'eau et d'assainissement. Ils contribuent également à la préservation et à la restauration des milieux aquatiques, qui participent directement à la sécurisation de la ressource en eau potable et à la limitation des coûts de traitement supportés par les collectivités et les usagers. S'agissant des contributions versées par les agences de l'eau à l'Office français de la biodiversité, celles-ci s'inscrivent dans le cadre fixé par le législateur afin d'assurer le financement d'actions en faveur notamment de la gestion équilibrée de l'eau. Les missions de l'OFB concourent en effet directement à la reconquête de la qualité des milieux aquatiques, à la connaissance des écosystèmes, à la police de l'environnement afin de viser le bon état des eaux qui bénéficie aux services publics d'eau et d'assainissement. Sur un budget des agences de l'eau d'environ 2,4 Mds d'euros en 2025, l'enveloppe dédiée au budget de l'OFB reste limitée (417 millions d'euros€) et comprend par ailleurs une enveloppe fléchée de 55 M€ de solidarité des bassins métropolitains au profit des investissements pour l'eau potable et l'assainissement dans les départements d'Outre-mer. S'agissant du transfert des compétences eau et assainissement au niveau intercommunal, le Gouvernement est conscient de l'impact temporaire que peut représenter l'absorption de nouvelles communes à une gestion intercommunale, notamment en termes d'harmonisation des prix et des investissements. Néanmoins, ce regroupement de compétences permet in fine une rationalisation des investissements et des coûts de fonctionnement et une sécurisation à moyen-terme de l'alimentation en eau potable au niveau local en faisant jouer un premier niveau de solidarité quand elle est possible avant de faire appel à la solidarité de bassin. Conscient des besoins croissants de financement liés au renouvellement des réseaux et que la solidarité locale ne peut suffire partout, l'État soutient par ailleurs la mobilisation de solutions de financement adaptées au temps long des infrastructures de l'eau. Outre le renfort des moyens des agences de l'eau sur le petit cycle dans le cadre du plan gouvernemental pour l'eau (+180 M€/an pour sécuriser l'alimentation en eau potable, + 50 M€/an pour améliorer l'assainissement), la Banque des Territoires a développé le dispositif « Aqua Prêt », destiné à accompagner les collectivités dans le financement de leurs projets d'eau potable et d'assainissement grâce à des prêts de très longue durée pouvant atteindre plusieurs décennies. Cette offre permet de lisser dans le temps le coût des investissements structurants et de limiter leur impact immédiat sur les usagers. Les collectivités peuvent également bénéficier de l'appui technique des agences de l'eau pour le montage de leurs dossiers de subvention et la définition de leurs programmes d'investissement. La réforme des redevances entrée en vigueur en 2025 poursuit quant à elle un objectif d'incitation au renouvellement régulier des infrastructures et à l'amélioration de la performance des réseaux pour prévenir des situations critiques. Les données de l'observatoire SISPEA montrent en effet que certains territoires présentent encore des niveaux d'investissement insuffisants au regard des besoins de renouvellement du patrimoine existant. Conduite à volume constant, elle laisse chaque bassin souverain dans la détermination des parts respectives de la redevance de consommation et la redevance de performance. Dans les faits cette dernière est déployée de manière progressive. Le suivi de son déploiement sera assuré en comité national de l'eau pour conduire les ajustements qui seraient nécessaires. Enfin, si des hausses tarifaires peuvent être observées localement en raison de besoins importants de modernisation des infrastructures, le prix de l'eau en France demeure globalement maîtrisé au regard des autres pays européens. Le Gouvernement invite les collectivités qui identifieraient des publics précaires dont la hausse tarifaire n'est pas absorbable, à considérer des dispositifs d'aide comme les chèques « eau ». Un outil est en cours de développement au niveau de la CNAF pour permettre aux collectivités de cibler plus facilement des ménages éligibles à une tarification sociale. Le Gouvernement poursuivra, en lien avec les agences de l'eau, les collectivités territoriales et l'ensemble des acteurs du secteur, les réflexions visant à renforcer l'accompagnement financier et technique des services d'eau et d'assainissement afin de concilier impératifs environnementaux, soutenabilité économique des services publics et préservation du pouvoir d'achat des usagers.