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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Légalisation de documents pour les ressortissants de pays sous embargo militaire
23 juin 2026
Amélia Lakrafi
Français de l'étranger
Mme Amélia Lakrafi interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les modalités de légalisation des documents d'état civil étrangers pour les Français et les ressortissants étrangers établis hors de France lorsque le pays émetteur est placé sous embargo militaire. En effet, le « tableau récapitulatif de l'état actuel du droit conventionnel en matière de légalisation » du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, classe l'Iran, notamment, sous la mention « légalisation sous embargo militaire ». Cette classification n'est assortie d'aucune signification officielle rendant incertaine la procédure à suivre pour les demandeurs d'une apostille ou d'une légalisation ni aucune convention bilatérale de dispense ne s'applique : la légalisation des actes iraniens reste théoriquement requise, sans qu'aucune voie de substitution ne soit prévue pour les personnes qui se trouvent dans l'impossibilité de se rendre en Iran pour y accomplir cette formalité. Cependant, cette situation place certains citoyens français dans une impasse administrative aux conséquences parfois lourdes. Mme la députée a été saisie du cas d'un ressortissant français établi aux Émirats arabes unis dont l'épouse, de nationalité iranienne, s'est vue refuser sa demande de nationalité française au motif que ses actes d'état civil iraniens n'étaient pas légalisés. Les intéressés avaient pourtant suivi, de bonne foi, les recommandations du consulat de France à Dubaï qui, lors du dépôt du dossier en octobre 2025, leur avait indiqué que la légalisation n'était pas requise au regard du tableau précité et des directives du ministère de l'intérieur. L'épouse se trouve aujourd'hui dans l'impossibilité de se rendre en Iran pour y faire légaliser ses documents, en raison des risques pour sa sécurité, de l'absence de liaisons de transport directes et du risque de perte de son titre de séjour émirati. Cette situation soulève deux questions distinctes. D'une part, la mention « légalisation sous embargo militaire » figurant au tableau ne renvoie à aucune base juridique explicite et ne prévoit aucune procédure de substitution. Les administrés se trouvent ainsi dans un vide juridique, la légalisation étant formellement requise sans être matériellement accessible. D'autre part, pour les personnes se trouvant dans l'impossibilité de se rendre dans leur pays d'origine en raison du contexte géopolitique, aucune voie alternative n'est prévue par les textes, les condamnant de fait à une impasse administrative dont elles ne sont pas responsables. Elle lui demande donc de préciser le fondement juridique de la mention « légalisation sous embargo militaire » et les conséquences qu'elle emporte sur les droits des personnes concernées, ainsi que les mesures envisagées pour les ressortissants étrangers conjoints de Français qui, en raison du contexte géopolitique, se trouvent dans l'impossibilité matérielle de retourner dans leur pays d'origine pour y accomplir cette formalité.
↕️Tri
Conformément au décret n° 2024-87 du 7 février 2024, les actes établis par une autorité étrangère destinés à produire leurs effets en France doivent suivre une procédure de certification en deux étapes : la pré-légalisation de l'acte par l'autorité compétente désignée en matière de légalisation dans l'État d'origine (généralement le ministère des affaires étrangères local) ; la légalisation de l'acte par la représentation consulaire française compétente, c'est-à-dire par l'ambassade de France dans le pays concerné. S'agissant plus particulièrement de l'Iran, le tableau récapitulatif en matière de certification renseigne la mention « sous embargo militaire ». Cette mention est simplement destinée à inviter à avoir une vigilance particulière pour les demandes de certification qui seraient relatives à de l'exportation d'armes ou de matériels militaires. En revanche, elle n'a pas d'incidence sur les autres catégories d'actes, qui demeurent soumises à la procédure de certification citée précédemment. Parfaitement conscient des difficultés rencontrées par certains ressortissants pour accomplir ces démarches, notamment dans le cas de l'Iran, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) a mis en place une procédure dérogatoire et temporaire qui dispose que la formalité de légalisation peut être simplement effectuée par la représentation consulaire iranienne à Paris. Concrètement, pour faire légaliser son acte d'état-civil iranien, l'usager mentionné pourra s'adresser directement à la représentation consulaire iranienne à Paris, sans avoir à se rendre en Iran. La situation est suivie de près avec les services consulaires français en Iran afin d'adapter ce dispositif au regard de l'évolution du contexte local. Cette information a été diffusée aux agents en charge des démarches de transcription d'actes au service central de l'état civil, ainsi qu'aux agents des préfectures qui instruisent les dossiers de naturalisation. Cette dérogation a été mise en place afin d'éviter toute prise de risque pour les ressortissants concernés. Le MEAE dispose d'une cellule en charge des questions de légalisation à la Direction des Français à l'étranger et de l'administration consulaire, avec une adresse électronique dédiée pour répondre à toute question relative aux démarches de légalisation des actes : bureau.legalisation@diplomatie.gouv.fr.
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