Les vols de données augmentent de façon notable depuis plusieurs années. En 2025, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) qui est l'autorité nationale en matière de sécurité des systèmes d'information, a traité 196 incidents ayant donné lieu à des exfiltrations de données à des fins crapuleuses, de déstabilisation ou d'espionnage, soit une hausse d'environ 50 % par rapport à 2024. Si ces attaques ne constituent que 15 % du total des attaques informatiques traitées par l'ANSSI en 2025, cette évolution témoigne d'un changement significatif dans les modes opératoires des cybercriminels, ces acteurs se tournant davantage vers les vols de données : ces attaques sont plus faciles et moins coûteuses à mener que le déploiement de rançongiciels ; elles sont plus difficiles à détecter, plus rapides à réaliser et, même si le succès de l'opération n'est que partiel, le produit du vol demeure exploitable sur les marchés de revente. En 2025, 460 événements caractérisés comme possibles violations de données ont été signalés à l'Agence ou revendiqués par des attaquants. 196 (42 %) correspondaient à des compromissions avérées ; le reste était constitué de fausses revendications ou de recyclages de données provenant de compromissions antérieures. Ce type d'attaques peut toucher un public extrêmement large et diversifié puisqu'il s'agit de l'ensemble des organisations publiques et privées détenant un important volume de données, en particulier des données personnelles, ou disposant de données sensibles d'intérêt stratégique. En 2025, les constatations de l'ANSSI permettent de dresser une typologie des victimes d'exfiltrations de données : les très petites entreprises, petites et moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaires représentent 27 % des victimes ; les entreprises stratégiques représentent 24 % des victimes ; les administrations représentent 10 % des victimes. De façon générale, les incidents traités par l'ANSSI ont mis en lumière des insuffisances dans la protection du traitement des données volées et des modalités de leur accès. C'est pourquoi le Gouvernement a mis au cœur des priorités de la Stratégie nationale de cybersécurité du 29 janvier 2025, le renforcement du socle de cybersécurité de l'Etat. Cette priorité est déclinée dans la Feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l'Etat 2026-2027 présentée par le Premier ministre le 9 avril 2025. Cette feuille de route vise à corriger les fragilités persistantes dans les infrastructures numériques de l'Etat. Elle arrête des échéances ambitieuses, notamment en matière de mise en œuvre du renforcement des authentifications et des accès (multi-facteurs, fédération et cycle de vie des identités, …), mais aussi de résorption des obsolescences. Ces objectifs découlent directement des enseignements tirés des attaques de ces derniers mois. Parallèlement, le cadre juridique sera renforcé par les dispositions de la loi dite Résilience qui transposera dans le droit national la directive NIS2. Elle imposera aux administrations et à plusieurs milliers d'entreprises un socle minimal d'exigences de cybersécurité et permettra ainsi d'instaurer ces mesures d'hygiène informatique dans les entités les plus critiques pour le fonctionnement de la Nation. Pour les entités non assujetties à ce cadre juridique, l'ANSSI travaille à des mécanismes de prévention et d'incitation inspirés de NIS2. La certification à venir permettra notamment aux entités qui la détiendront d'attester et de valoriser leur démarche de sécurisation et leur niveau de cybersécurité auprès de tiers : clients, financeurs, assureurs, etc.