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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Conditions d'accueil et d'accompagnement des élèves en situation de handicap
23 juin 2026
Thierry Liger
personnes handicapées
M. Thierry Liger interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur les conditions d'accueil et d'accompagnement des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires. Consacrée par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la scolarisation en milieu ordinaire constitue une exigence républicaine fondamentale à laquelle la Nation se doit de répondre. À la rentrée 2025, plus de 520 000 élèves en situation de handicap ont été accueillis en milieu ordinaire. Si cette progression quantitative est encourageante, elle ne saurait masquer des défaillances structurelles qui fragilisent des milliers de familles et d'enfants. Une commission d'enquête parlementaire a ainsi révélé qu'à la rentrée 2025, près de 50 000 enfants handicapés se trouvaient sans aucun accompagnement, contre 36 000 en 2024, traduisant une dégradation significative de la situation. Ce chiffre est d'autant plus préoccupant que le projet de loi de finances pour 2026 ne prévoit que 1 200 créations de postes d'AESH supplémentaires, contre 2 000 à la rentrée précédente, alors même que les besoins continuent de croitre. Ces accompagnants, dont plus de 90 % sont des femmes, sont devenus centrales pour une école inclusive, sans lesquels la scolarisation en milieu ordinaire serait impossible. Or leur situation professionnelle est marquée par une précarité, leur salaire moyen tourne autour de 1 000 euros nets par mois, un montant en dessous du seuil de pauvreté avec des temps partiels subis qui nuisent à l'attractivité de la profession. Le rapport conjoint IGESR-IGAS publié en mai 2026 confirme ce diagnostic en constatant un essoufflement du modèle actuel à cause d'un accompagnement insuffisant, des besoins non couverts, des conditions d'emploi précaires et une absence de perspectives professionnelles. À ces difficultés humaines s'ajoutent des inégalités territoriales dans le traitement administratif des dossiers. Certains départements respectent le délai légal de quatre mois pour le traitement des dossiers MDPH, tandis que d'autres connaissent des attentes bien plus longues, liées au manque de personnel et à l'augmentation constante du volume de dossiers. Cette disparité est pénalisante dans les territoires ruraux. Par ailleurs, 79 % des enseignants déclarent se sentir démunis pour mettre en œuvre la scolarisation des élèves en situation d'handicap, révélant un déficit de formation qui aggrave encore les difficultés sur le terrain. Il lui demande donc quelles mesures concrètes il entend mettre en œuvre pour garantir, dès la rentrée 2026, un accompagnement effectif à l'ensemble des élèves disposant d'une notification MDPH. Comment entend-il remédier à la pénurie d'AESH et d'améliorer leurs conditions d'emploi et de rémunération ? De quelle manière prévoit-il de réduire les disparités territoriales dans les délais de traitement des dossiers et enfin quelles dispositions sont envisagées pour renforcer la formation des enseignants à l'accueil des élèves en situation d'handicap ? Il souhaite connaître sa position à ce sujet.
↕️Tri
💡15 sept. 2026
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale • 📌Épinglé
Le Gouvernement demeure pleinement engagé dans la poursuite de la transformation de l'école inclusive afin de garantir à chaque élève en situation de handicap un parcours scolaire adapté à ses besoins. À la rentrée 2025, parmi les 550 000 élèves en situation de handicap scolarisés dans les écoles et les établissements scolaires, 350 000 bénéficient d'une notification pour un accompagnement humain. Le taux de couverture des notifications est supérieur à 90 % ces deux dernières années scolaires, laissant subsister provisoirement des situations d'accompagnement partiel ou absent, sources de préoccupation pour les élèves et leurs familles. Pour répondre aux besoins croissants d'accompagnement, l'État a engagé un effort durable en matière de ressources humaines : 2 000 équivalents temps plein (ETP) d'AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) ont été créés en 2025, portant à 90 502 ETP le nombre total d'AESH sur l'ensemble du territoire, soit 67 % d'augmentation sur les huit dernières années. Cet effort se poursuit avec la création de 1 700 ETP supplémentaires en 2026. Cette mobilisation s'accompagne d'un pilotage renforcé de l'affectation des AESH afin d'améliorer le taux de couverture des notifications et de garantir la continuité des accompagnements. Le ministère de l'éducation nationale poursuit également ses efforts en faveur de l'attractivité du métier d'AESH. Depuis 2023, une nouvelle grille indiciaire spécifique permet une progression de leur rémunération tout au long de leur carrière. La possibilité d'accéder à un contrat à durée indéterminée après trois années d'exercice contribue à la sécurisation de leur parcours professionnel. S'agissant des délais d'instruction des demandes déposées auprès des MDPH (maisons départementales des personnes handicapées), le Gouvernement est attentif aux disparités territoriales constatées. Les MDPH relevant de la compétence des conseils départementaux, l'État accompagne, aux côtés de la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l'autonomie), les démarches visant à harmoniser les pratiques, fluidifier les échanges d'information entre les acteurs et améliorer les délais de traitement des dossiers. La formation des enseignants constitue un levier essentiel de la réussite de l'école inclusive. Les enjeux liés à la scolarisation des élèves en situation de handicap sont intégrés à la formation initiale dispensée dans les INSPÉ (instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation) à hauteur de 25 heures minimum pour tous les futurs professeurs. Ils font également l'objet d'actions de formation continue déployées dans les académies, comme dans le cadre du programme national de formation. Les enseignants peuvent en outre s'appuyer sur les personnels ressources de l'école inclusive, les enseignants spécialisés ainsi que sur les PAS (pôles d'appui à la scolarité), qui ont notamment pour mission d'accompagner les équipes dans l'adaptation des pratiques pédagogiques aux besoins des élèves.
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