La lutte contre les violences sexistes et sexuelles, où qu'elles soient commises, est une priorité du Gouvernement. Grande cause du quinquennat, elle constitue un des quatre axes du Plan interministériel pour l'égalité entre les femmes et les hommes (2023-2027). Dans l'environnement particulier des transports ferroviaires, l'État, en lien avec les opérateurs de transport, a pour objectif de renforcer la sécurité des passagers et du personnel. En complément des actions de prévention et de formation mises en place sur le terrain par les exploitants pour lutter contre les violences à caractère sexuel et sexiste, le ministère des transports soutient la mise en place de dispositifs tels que les marches exploratoires, qui permettent à des personnes volontaires, en particulier les femmes, de parcourir un secteur donné afin d'identifier des zones d'insécurité et la descente à la demande, qui permet de lutter contre le sentiment d'insécurité éprouvé par les usagers sur certains trajets de bus nocturnes. Par ailleurs, en 2023-2024, le ministère des transports a financé à hauteur de 1 million d'euros la campagne de communication « Levons les yeux » destinée à sensibiliser les témoins de violences à caractère sexiste et sexuel dans les transports. De manière plus générale, les agents des services internes de sécurité des opérateurs de transport, ainsi que les services de police et de gendarmerie, interviennent au quotidien sur le réseau ferroviaire pour sécuriser les transports et leurs emprises. Leurs moyens d'action ont récemment été renforcés par la loi du 28 avril 2025 relative au renforcement de la sûreté dans les transports. Sur le réseau ferroviaire, le décret du 28 mars 2026 relatif à la sécurité dans les transports publics a notamment complété le cadre juridique permettant aux agents de service interne de sécurité de la SNCF de réaliser en l'absence d'arrêté préfectoral des palpations de sécurité, de procéder au retrait et à la conservation temporaire d'objets dangereux, d'intervenir aux abords immédiats des emprises de transport ou d'y interdire l'accès aux individus troublant l'ordre public. Une expérimentation, autorisée par un décret n° 2026-101 du 13 février 2026, est également en cours pour permettre à ces agents d'être dotés de pistolets à impulsion électrique. Enfin, un décret du 27 juin 2026 permet d'expérimenter l'usage de caméras individuelles pour les chauffeurs de bus et de cars. Enfin, depuis décembre 2025, à la suite d'une expérimentation réussie mise en œuvre pendant presque quatre ans, les contrôleurs peuvent désormais de manière pérenne utiliser une caméra-piéton. 11 000 contrôleurs devraient à terme en être équipés. Le dispositif permet de prévenir et de dissuader la commission d'incident au cours des interventions et de constater les infractions. Les dernières statistiques publiées par le ministère de l'intérieur montrent que 2024 a été l'année comptant le nombre le plus faible d'infractions constatées depuis 2016 : 9 944 constats par les forces de sécurité intérieure de faits de violence physique dans les transports en commun et 3 399 pour des faits de violence sexuelle ont ainsi été rapportés. La tendance est actuellement en légère hausse s'agissant des infractions liées à des violences à caractère sexiste et sexuelle. Pour ce qui concerne les faits constatés par les exploitants, selon le bilan 2024 des atteintes à caractères sexistes dans les transports, 30% d'entre elles concernaient des atteintes avec contacts, 40% des atteintes sexuelles sans contacts et 29% sont des outrages sexistes. Ce sont dans les trains et dans les RER que le nombre de violences commises sont les plus importantes (60% des atteintes). Le ministère des transports ne dispose pas de la ventilation par région de ces atteintes. Le nombre d'agent dépositaires de l'autorité publique victimes d'outrages dans les transports connaît une légère augmentation. 4 569 en ont été victimes en 2024 contre 4 308 en 2023. La plus grande proportion des outrages a eu lieu en Île-de-France (48% en 2024 et 41% en 2023).