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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Vieillissement préoccupant du réseau ferroviaire national
30 juin 2026
Christian Girard
transports ferroviaires
M. Christian Girard appelle l'attention de M. le ministre des transports sur le vieillissement préoccupant du réseau ferroviaire national, ses conséquences sur la continuité du service public ferroviaire et la capacité de la France à disposer d'infrastructures de transport résilientes, performantes et souveraines. La France a longtemps été reconnue comme l'un des grands pays du train, grâce à son savoir-faire industriel, à son réseau structurant et au développement de la grande vitesse. Pourtant, depuis plusieurs années, les alertes se multiplient sur l'état du réseau ferré national, dont le vieillissement pèse désormais directement sur la régularité des circulations, l'attractivité du transport ferroviaire, l'aménagement du territoire et l'image du pays. Dès 2005, l'audit dit « Rivier », conduit par l'École polytechnique fédérale de Lausanne, alertait sur la dégradation de l'état du réseau et l'insuffisance des moyens consacrés à son renouvellement. En 2012, la revisite de cet audit constatait que les efforts engagés allaient dans le bon sens, mais demeuraient insuffisants pour inverser durablement le vieillissement de certaines parties du réseau, notamment sur les axes structurants et les équipements critiques. Les épisodes récents de fortes chaleurs ont, une nouvelle fois, mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures ferroviaires françaises. Les phénomènes de dilatation des rails, les tensions sur les caténaires, les fragilités des installations électriques et les difficultés rencontrées par certains matériels roulants ont conduit à des ralentissements, des suppressions préventives de trains et des perturbations importantes pour les usagers. Ces difficultés ne peuvent être réduites à de simples aléas climatiques : elles révèlent aussi les conséquences d'un retard durable dans la régénération du réseau. Le projet de contrat de performance entre l'État et SNCF Réseau pour la période 2024-2033 prévoit de porter progressivement l'enveloppe consacrée à la régénération du réseau à près de 5 milliards d'euros par an à l'horizon 2033. Il fait également apparaître un besoin supplémentaire estimé à 1,5 milliard d'euros par an à partir de 2028 afin de rénover environ 1 000 kilomètres de voies par an, 330 kilomètres de caténaires, ainsi que des ouvrages d'art et d'autres composants essentiels du réseau. Ce rattrapage, indispensable, interroge toutefois sur le coût collectif du retard accumulé. Ce que la Nation n'a pas suffisamment investi hier est aujourd'hui payé plus cher par les contribuables, les usagers, les collectivités et l'économie nationale : retards, annulations, perte de productivité, baisse d'attractivité, dégradation de l'image du pays et fragilisation de la souveraineté en matière d'infrastructures essentielles. Une nation souveraine et efficace ne peut se concevoir sans un réseau de transport fiable, entretenu, anticipé et résilient. Le ferroviaire constitue à cet égard un actif stratégique national, au service de la transition écologique, de la compétitivité économique, de la continuité territoriale et du service public. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir que la trajectoire financière annoncée pour la régénération du réseau ferroviaire sera effectivement tenue dans la durée et quelles mesures d'adaptation au changement climatique seront intégrées aux opérations de régénération, afin de limiter les ralentissements et suppressions de trains lors des épisodes de forte chaleur.
↕️Tri
💡28 juil. 2026
Philippe Tabarot
, Ministère des transports • 📌Épinglé
La conférence « Ambition France Transports » a permis de réaffirmer que la priorité doit être donnée à l'investissement dans la régénération et la modernisation du réseau ferroviaire. Cette priorité doit se traduire en particulier par une augmentation de 1,5 Md€ des investissements annuels affectés à la régénération et à la modernisation du réseau structurant. Le projet de loi-cadre pour le développement des transports a pour objectif de traduire les conclusions de la conférence « Ambition France Transports » et de définir l'avenir des infrastructures de transports qui sont de plus en plus confrontées au vieillissement et à l'impératif de la décarbonation. Soumis au vote des sénateurs le 28 avril, il a été adopté en première lecture à une très large majorité. Le texte adopté confirme ainsi un nouveau modèle de financement des infrastructures de transport, permettant d'investir dans la régénération, la modernisation des réseaux, l'adaptation au changement climatique et de résorber la « dette grise » liée à leur sous-entretien. Le texte acte notamment le fléchage à partir de 2032 d'une partie des recettes tirées des concessions autoroutières vers l'investissement dans les réseaux de transport. Ces recettes supplémentaires sont estimées à 2,5 milliards d'euros par an et reposent sur un meilleur contrôle par l'État des concessions qui prendront la suite des concessions historiques. Le texte témoigne d'un large consensus en faveur de la définition de lois de programmation des infrastructures de transport. Ces lois définiront les investissements de développement, de régénération et de performance des infrastructures de transport pour une période d'au moins dix ans ; elles permettront de placer le secteur des transports au niveau du meilleur standard en matière de gouvernance des investissements publics. Par ailleurs, comme annoncé par le Premier ministre le jeudi 7 mai, le contrat entre l'État et SNCF Réseau pour 2024 à 2033 matérialise l'ambition de l'État dans la régénération et la modernisation du réseau faisant suite à la Conférence « Ambition France Transports » de l'été 2025. Le projet de contrat de performance est soumis à la consultation des parties prenantes (entreprises ferroviaires, autorités organisatrices des transports, etc.) et de l'Autorité de régulation des transports. L'État y confirme le rehaussement du niveau des investissements de régénération et de modernisation du réseau pour atteindre d'ici 2028 et jusqu'à la fin du présent contrat un montant annuel de 4,5 Md€2028. Au-delà de la mise à jour de la trajectoire financière de l'entreprise, le projet de contrat intègre les grands principes d'un plan d'adaptation au changement climatique en accord avec le troisième plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC 3), publié en mars 2025. Notamment, SNCF Réseau a réalisé plusieurs études de vulnérabilité sur son réseau, allant de l'échelle d'un axe à l'ensemble du réseau ferré national. Ces études prennent pour référence la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC) élaborée par le ministère de la transition écologique. Elles ont permis d'identifier les aléas qui menacent la régularité et la sécurité du service public ferroviaire selon les régions. S'agissant des actions d'adaptation, SNCF Réseau s'est dotée en février 2024, d'une feuille de route 2024 – 2026 pour passer d'une logique d'adaptation « réactive » à une logique « proactive » afin de conserver un haut niveau de performance et de minimiser les impacts sur la qualité de service. Plusieurs actions d'adaptation au changement climatique ont déjà été mises en œuvre, notamment l'augmentation de la résilience des rails aux fortes températures après la canicule de 2003, la peinture en blanc des centres techniques ou encore une maitrise de la végétation renforcée pour éviter les chutes d'arbres fragilisés par les fortes températures. Ces mesures ont permis d'atténuer l'impact de la dernière vague de chaleur malgré son intensité. De plus, SNCF Réseau travaille étroitement avec Météo France afin d'anticiper et de mieux gérer les phénomènes météorologiques d'ampleur. La feuille de route de SNCF Réseau prévoit d'autres actions dont le développement et le déploiement sont en cours ou à venir. Ainsi, SNCF Réseau développe de nouvelles caténaires plus résilientes face aux fortes chaleurs. Dans le cadre de la modernisation de la signalisation, il est prévu la conception de nouveaux centres techniques de signalisation mieux isolés et ventilés. Des expérimentations portant sur des équipements rafraîchissant pour les agents amenés à travailler lors des fortes chaleurs sont en cours afin de tester leur efficacité. Un guide sur l'adaptation au changement climatique et un autre plus spécifique sur les fortes chaleurs sont en cours de rédaction pour une publication interne à SNCF Réseau. Enfin, SNCF Réseau travaille à la création d'un label permettant d'évaluer si les projets de modernisation et de régénération sont résilients. Plus généralement, les actions de régénération et de modernisation du réseau ferroviaire permettent une meilleure résilience face aux fortes chaleurs. En effet, ces actions permettent d'importants co-bénéfices en termes d'adaptation au changement climatique et permettent donc d'assurer une meilleure performance du réseau.
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