Les poids lourds, notamment étrangers, contribuent d'ores et déjà aux dépenses d'infrastructures de transport au travers notamment des péages autoroutiers. Sur les 9 300 km d'autoroutes à péage générant un chiffre d'affaires annuel d'environ 12,4 milliards d'euros hors taxes, les poids-lourds contribuent à hauteur d'un tiers environ aux péages totaux, dont environ la moitié acquitté par les poids lourds étrangers. Par ailleurs, le carburant qu'ils achètent en France est frappé par une accise dont une part est affectée à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France, contribuant ainsi indirectement au financement des infrastructures, dont les crédits de régénération des routes. Les conditions de la mise en œuvre d'une éventuelle écocontribution sur le réseau routier non concédé par les régions sont définies par l'ordonnance n° 2023-661 du 26 juillet 2023 prise en application de l'article 137 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets et de l'article 128 de la loi du 30 décembre 2021 de finances pour 2022. L'article L. 421-193 du code des impositions sur les biens et services, qui découle de l'ordonnance précitée, prévoit ainsi que la décision d'instituer une écocontribution revient aux collectivités. Concernant les sections du réseau routier national comme la rocade de Bordeaux, une telle décision revient à la région à la condition que les sections concernées leur soient préalablement mises à disposition. Or, une telle mise à disposition n'est possible qu'en application des dispositions de la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale, dite « loi 3DS ». Les régions Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes sont les seules à avoir demandé la mise à disposition de routes nationales en application de cette loi. Le délai pour en faire la demande étant dépassé, aucune disposition du droit positif ne permet donc de prévoir la mise en place d'une écocontribution sur la rocade de Bordeaux. Cependant, conscient des enjeux de mobilités routières sur la rocade bordelaise et des difficultés résultant du fort trafic sur cet axe, l'État s'est mobilisé afin d'améliorer la fluidité et la sécurité des déplacements comme en témoigne l'aménagement complet à 2×3 voies de la section Ouest de la rocade bordelaise, achevé en 2023. Au-delà de l'élargissement de la rocade de Bordeaux, ce sont l'ensemble des axes du réseau routier national desservant l'agglomération bordelaise qui font l'objet d'une attention particulière. A ce titre, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Nouvelle-Aquitaine conduit des études pour le réaménagement du quadrant Nord Est de la rocade au droit du nœud A10/A630/RN230/RN89. Une politique active de report modal de la route vers le rail est par ailleurs mise en œuvre par l'Etat sur l'axe Atlantique dans le cadre de la stratégie nationale de développement du fret ferroviaire. L'exercice de priorisation des investissements pour le fret ferroviaire, aussi appelée démarche Ulysse fret, dont le rapport a été publiée en mars 2025, identifie notamment des projets de mise en place d'installations permanentes de contre-sens sur la section entre Lamothe et Morcenx (au sud de Bordeaux) afin notamment de limiter les impacts sur les trafics lorsque l'une des voies est occupée par des travaux ainsi que l'adaptation de l'infrastructure pour permettre la circulation des trains de fret longs (850m) sur l'axe Hendaye-Valenton. Concernant plus particulièrement le segment du transport de semi-remorques, et dans la perspective de la mise en service du futur « Y basque » qui permettra une amélioration des connections ferroviaires entre la France et l'Espagne, l'axe Atlantique constitue une priorité de développement. L'Etat soutient le projet de service d'autoroute ferroviaire entre Cherbourg et Mouguerre porté par l'entreprise Brittany Ferries, en ce qu'il constitue un service pionnier sur cet axe avec un acheminement prévisionnel de 25 000 semi-remorques par an, en finançant une aide au démarrage du service qui a débuté en mai 2025 ainsi que des aménagements sur le réseau ferré national à hauteur de 70 M€ qui serviront à terme à l'ensemble des services de transport de semi-remorques dont la croissance est attendue sur l'axe. L'Etat a en outre participé, au titre du contrat de plan État-région (CPER) Nouvelle-Aquitaine, au financement de la première phase d'aménagement du terminal d'autoroute ferroviaire de Brittany Ferries situé sur le Centre Européen de Fret de Mouguerre à hauteur de 5,7 M€. Plus généralement, 20M€ de financement de l'Etat sont inscrits au CPER Nouvelle-Aquitaine pour le développement des infrastructures multimodales rail route du Centre européen de fret de Mouguerre.