Le projet d'électrification de la section ferroviaire entre Amiens et Rang-du-Fliers, inscrite aux contrats de plan État-région (CPER) 2015-2020 de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, pour des montants respectifs de 200 M€ et 22,5 M€, avait atteint le stade des études préalables à l'enquête publique, dont le lancement était envisagé en 2018. Toutefois, le Conseil d'orientation des infrastructures, dans son rapport de janvier 2018, a souligné la faible rentabilité socio-économique de plusieurs projets d'électrification de ce type, en soulignant que la qualité et la continuité du service sont désormais atteignables par le déploiement de matériels bi-modes, permettant ici d'assurer la continuité des dessertes sans rupture de charge à Amiens. Dans ce contexte, l'électrification de la ligne ne constituait plus une priorité, et devait notamment s'apprécier au regard des besoins les plus urgents du réseau ferroviaire, en particulier ceux relatifs à la régénération des lignes de desserte fine du territoire qui jouent un rôle essentiel pour la mobilité quotidienne des Français et le désenclavement des territoires, comme c'est le cas en Hauts-de-France. A ce jour, plus de 16 000 km de lignes ferroviaires sont électrifiées sur les près de 27 000 km que compte le réseau ferré national. Le taux d'électrification est ainsi passé de 45% en 1999 à 60% en 2023, concernant prioritairement les lignes à grande vitesse ainsi que les lignes les plus fréquentées. Dans le cadre des contrats de plan État région 2023 2027, des projets d'électrification continuent d'être étudiés et déployés lorsque leur pertinence est démontrée. Toutefois, compte tenu du coût élevé de ces opérations, la stratégie de décarbonation des lignes non électrifiées privilégie désormais, lorsque cela est pertinent, des solutions innovantes en matière de matériel roulant, offrant un meilleur rapport coût-efficacité sur les plans économique et environnemental. L'État accompagne ainsi, aux côtés des autorités organisatrices de la mobilité, des entreprises ferroviaires et des industriels de la filière, le développement de solutions innovantes destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport ferroviaire. Les projets en cours portent notamment sur la transformation des matériels hybrides existants par le remplacement des motorisations diesel par des batteries ou des piles à combustible hydrogène lorsque cette adaptation est pertinente. Pour les matériels dont la durée de vie ne justifie pas une telle transformation, le recours aux biocarburants fait également l'objet d'expérimentation. Le déploiement de trains à batteries, capables de se recharger sur les tronçons électrifiés et autonomes sur les tronçons non électrifiés, constitue également une piste de solution. Plus largement, l'État continuera d'accompagner, à travers le plan d'investissement France 2030 notamment, les projets d'innovation et de déploiement de ces nouvelles solutions, afin d'accélérer la transition écologique du secteur ferroviaire.