Les écosystèmes forestiers du bassin du Congo sont stratégiques pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, la protection de la biodiversité et le développement économique de la région. La France entretient de longue date un partenariat étroit avec les États de la région pour préserver ces écosystèmes et favoriser des trajectoires de développement compatibles avec leur conservation. Son action s'inscrit dans la mise en œuvre des objectifs de la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l'utilisation des terres de 2021, qui vise à mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts d'ici à 2030, ainsi que du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Dans cette perspective, la France a fait de la protection des réserves les plus vitales de carbone et de biodiversité dans les forêts et l'Océan l'un des objectifs prioritaires lors du Conseil présidentiel pour les partenariats internationaux d'avril 2025. Cet engagement fait l'objet d'un portage politique au plus haut niveau, qui a permis ces dernières années de replacer les forêts du bassin du Congo au cœur de l'agenda international et de renforcer la mobilisation des partenaires régionaux. Le One Forest Summit, organisé conjointement par la France et le Gabon à Libreville en mars 2023, a ainsi permis l'adoption du Plan de Libreville, centré sur le renforcement de la coopération scientifique, le développement de chaînes de valeur durables et la mobilisation de financements innovants. Dans son prolongement, la France et le Gabon ont assuré, de juillet 2023 à juillet 2025, la co-facilitation du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC), qui vise à renforcer la coordination entre les États de la région, les bailleurs, la société civile, les acteurs scientifiques et le secteur privé. Dans ce cadre, la France a notamment contribué à l'organisation d'une conférence régionale sur la criminalité environnementale et le conflit Homme-faune à Libreville en juillet 2025. L'engagement de la France au sein du PFBC a permis de franchir une nouvelle étape majeure en novembre 2025 avec le lancement, lors de la COP30, de l'Appel de Belém pour les forêts du bassin du Congo. Cette déclaration politique ambitieuse réunit les États d'Afrique centrale et leurs partenaires techniques et financiers autour d'objectifs communs et d'engagements mutuels en faveur de la préservation et de la gestion durable des forêts. Les partenaires associés se sont engagés à mobiliser plus de 2,5 milliards de dollars d'ici à 2030, en complément des ressources domestiques des États de la région. La mise en œuvre de l'Appel de Belém sera la priorité centrale de la République démocratique du Congo et de l'Allemagne, facilitatrices du PFBC pour la période 2026-28, et que la France soutiendra par le biais d'une assistance technique. L'action de la France auprès de ses partenaires s'inscrit par ailleurs dans le cadre des Partenariats pour les forêts, la nature et le climat (dits « Country Packages »). Ces plateformes multi-bailleurs visent à coordonner les efforts des acteurs publics, privés, scientifiques et de la société civile autour de priorités définies conjointement avec les pays partenaires. La France porte trois partenariats dans la région : en République du Congo d'un montant global de 50 millions de dollars, en République démocratique du Congo (62 millions de dollars) et au Gabon (60 millions de dollars). Dans le cadre de ces partenariats, la France contribue également à un fonds d'amorçage des projets (dit « Seed Fund ») à hauteur de 20 millions d'euros supplémentaires sur cinq ans. Enfin, la France a lancé l'initiative One Forest Vision, dotée de 15 millions d'euros sur cinq ans, afin de renforcer les capacités scientifiques des pays partenaires, notamment en matière de mesure, de suivi et de cartographie des écosystèmes forestiers. Au-delà de ces engagements présidentiels, la France intervient en premier lieu par le biais de l'Agence française de développement (AFD), à la fois sur financements français et via des fonds délégués (y compris de l'Union européenne). Entre 2019 et 2021, 17,3 millions d'euros de financements français ont ainsi directement bénéficié aux forêts du bassin du Congo. Le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), hébergé à l'AFD, permet aussi de soutenir la préservation de la forêt du bassin du Congo. Entre 2010 et 2022, les engagements du groupe AFD (dont FFEM) pour les forêts en Afrique ont représenté 464 millions d'euros dont plus de la moitié (258 millions d'euros) en dons. Enfin, la France est l'un des membres fondateurs de l'Initiative pour la forêt de l'Afrique centrale (CAFI), un fonds fiduciaire hébergé au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui accompagne depuis 2015 les six pays à haut couvert forestier de la région dans la mise en œuvre de leurs engagements climatiques environnementaux. La contribution française au fonds CAFI a atteint en cumulé 26 millions d'euros à la fin de 2025. L'AFD figure parmi les principales agences d'exécution de CAFI et met en œuvre plusieurs projets en République démocratique du Congo, en République du Congo et au Gabon. S'agissant du Fonds bleu pour le bassin du Congo (F2BC), la France soutient les objectifs poursuivis par la Commission climat du bassin du Congo en faveur d'un développement conciliant préservation des écosystèmes, lutte contre le changement climatique et développement économique. Le Fonds bleu constitue toutefois une initiative distincte mais complémentaire des instruments auxquels la France apporte aujourd'hui ses concours financiers. Dans un contexte de forte contrainte sur les ressources publiques consacrées à l'aide au développement, la France entend en effet concentrer ses moyens sur un nombre resserré de dispositifs. Elle demeure néanmoins pleinement engagée aux côtés des États du bassin du Congo et de leurs partenaires pour accroître et améliorer la mobilisation des financements en faveur de la préservation de ces écosystèmes essentiels. La déclinaison opérationnelle de l'Appel de Belém, à travers la traduction de ses orientations en engagements concrets, suivis et mesurables, constitue l'une des priorités de la stratégie française pour accompagner durablement les États de la région. Le développement de mécanismes de financement innovants – crédits carbone, certificats biodiversité et paiements pour services environnementaux – ainsi que le soutien à la science constitueront également des axes prioritaires de l'action française dans les années à venir.