La méthanisation est un secteur essentiel à la poursuite des objectifs français en matière de développement des énergies renouvelables et de décarbonation du secteur de l'énergie. En France, cette industrie s'est développée avec l'ambition de concourir à notre souveraineté énergétique tout en veillant à préserver notre souveraineté alimentaire. Pour autant, la méthanisation nécessite d'être encadrée pour éviter les atteintes à la santé humaine ou à l'environnement. L'essor important de cette activité a pu occasionner des problèmes d'exploitation, dont certains ont reçu une forte couverture médiatique entre 2016 et 2020. C'est notamment le cas de l'accident survenu à Châteaulin, au cours duquel un important volume de digestat s'était déversé en-dehors de l'installation. Pour faire face à cette évolution de l'accidentologie, le ministère de la transition écologique a renforcé la réglementation relative à l'activité de méthanisation en 2021. Cette révision a notamment introduit de nouvelles dispositions pour encadrer les risques de pollutions des milieux par perte de confinement des installations. Lors de l'instruction des dossiers, l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), sous l'autorité du préfet, prend en compte les risques et les nuisances liées à l'activité du pétitionnaire. Des arrêtés ministériels de prescriptions générales prévoient des mesures de gestion du risque adaptées aux installations de méthanisation, mais des prescriptions complémentaires spécifiques peuvent être appliquées au cas par cas par arrêté préfectoral en fonction de la situation locale. Pour l'installation de la société Biométhane, située à Saint-Herblain, le préfet a jugé nécessaire de renforcer l'encadrement de l'activité. En effet, le site a été basculé du régime de l'enregistrement ICPE au régime de l'autorisation ICPE, plus contraignant et permettant de prendre en compte des risques spécifiques. Le risque inondation, la présence d'une zone humide, la proximité des zones d'habitation ont ainsi été étudiés dans le cadre de l'instruction du dossier. Des prescriptions supplémentaires ont été prises concernant les risques d'inondation et de nuisances odorantes. Ce sont ainsi dans ces conditions particulières que le préfet a donné son accord pour la mise en exploitation du site de la société Biométhane à Saint-Herblain, par autorisation délivrée en novembre 2023. Depuis lors, un recours contre cette décision a été déposé par une association de riverains, ayant fait l'objet d'un rejet en première instance en octobre 2024, puis en appel en octobre 2025, mais pour lequel l'association requérante a introduit un pourvoi en cassation aujourd'hui en cours d'analyse par le Conseil d'État dans le cadre de la procédure d'admission préalable. Au final, si la Justice a pour l'instant considéré que cette installation faisait l'objet d'un encadrement réglementaire adéquat, les conditions d'exploitation pourraient être amenées à évoluer en fonction des conclusions de cette action en justice.