Le ministère recrute en moyenne chaque année plus de 22 000 militaires d'active, auxquels s'ajoutent 12 000 réservistes. Après une hausse marquée en 2022, les données chiffrées de 2024, encore à consolider, confirment une baisse de tendance déjà observée en 2023, avec une situation conforme, voire inférieure, aux années pré-COVID. Le phénomène des désertions est un sujet d'attention au sein des armées. Souvent multifactoriel, signe d'une expression de détresse, il demeure toutefois dans l'armée de Terre limité, rapporté au nombre total de militaires. Par ailleurs, les radiations pour désertion dans l'armée de terre (ce qui recouvre également la légion étrangère et la brigade de sapeurs pompiers de Paris) sont en baisse et ont atteint 1063 en 2024. Cette amélioration pourrait s'expliquer par l'ensemble des mesures du plan Fidélisation 360, lancé le 18 mars 2024, qui vise à réduire le taux de départ précoce de 10 % parmi les militaires du MINARM. La hausse observée en 2022 peut s'expliquer par la sortie de la crise COVID, s'analysant comme un effet de rattrapage des départs retardés durant la crise, et l'amélioration du marché de l'emploi. Les causes peuvent être recherchées également dans le caractère exigeant du métier des armes et la plus grande versatilité des engagés. Il est à noter que l'essentiel des militaires, notamment les militaires du rang, s'engagent sous la forme de contrats de quelques années. Plusieurs mois avant la date d'expiration, un renouvellement de contrat est proposé. Ce qui est qualifié de désertion définitive correspond, dans la majorité des cas, à un revirement de position du militaire du rang, qui, après signature de son nouveau contrat et avant sa prise d'effet, se ravise. La Légion étrangère, qui représente 7 % des effectifs de l'armée de terre, contribue à hauteur de 25 % au total des désertions. Les désertions dans la légion étrangère s'expliquent par la guerre en Ukraine (100 légionnaires d'origine ukrainienne ont déserté en 2022, 19 en 2023), l'augmentation du plan de recrutement, la baisse du taux de sélection au recrutement et la spécifité du recrutement à titre étranger (54 % des désertions interviennent pendant la période probatoire durant laquelle les légionnaires peuvent résilier leur contrat). Plusieurs mesures ont été prises pour lutter spécifiquement contre ce phénomène : le doublement de la période probatoire, qui atteint un an, pour encourager les étrangers à suivre une formation régulière, et le durcissement de la formation initiale avec l'ajout d'un module d'aguerrissement pour renforcer la préparation des recrues. Sur un plan général, le plan Fidélisation 360, lancé en mars 2024, vise à lutter contre les départs précoces. Une enveloppe de 265 millions d'euros est allouée pour 2025, et les premières retombées sont jugées satisfaisantes, notamment en matière de logement d'offre médicale, d'aide à la mobilité ou en direction des familles (crédits « communauté de défense en garnison » ; développement de l'offre pour la petite enfance). Les effets ne pourront en être mesurés que sur le long terme.