Catherine Vautrin,
Ministère des armées et des anciens combattants •
11 nov. 2025La loi de programmation militaire 2024-2030 (LPM) prévoit un renforcement général des forces de souveraineté et concernent l'ensemble des armées, directions et services en outre-mer, avec un budget de 13 milliards d'euros sur la période dont 2,6 milliards d'euros pour la Nouvelle-Calédonie. La consolidation des forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) est encadrée par un schéma directeur visant trois objectifs principaux : la modernisation des forces, l'augmentation de capacités ciblées et le renforcement de la fonction de « point d'appui ». En matière de ressources humaines, l'augmentation des effectifs des FANC est progressive et vise une hausse de 250 personnes d'ici 2030 (+ 25 militaires en 2024 et + 19 en 2025). Ces renforts sont équilibrés entre missions de longue durée (deux à trois ans) et de courte durée (rotations de personnel de trois à quatre mois). Cette stratégie permet de renforcer l'état-major interarmées, la direction de l'académie du Pacifique, la base aérienne de La Tontouta ainsi que les fonctions spécialisées du régiment d'infanterie de marine du Pacifique – Nouvelle-Calédonie. Sur le plan capacitaire, les unités terrestres, aériennes et navales seront renforcées. L'arrivée du nouvel engin de débarquement amphibie – standard en début d'année modernisera la mobilité maritime. En matière de surveillance maritime, un second patrouilleur outre-mer est prévu en 2026 de même que, avant 2027, l'arrivée des Falcon 50, et au-delà celle des Falcon 2000 du programme AVSIMAR (après 2030). La Nouvelle-Calédonie devrait recevoir une vingtaine de véhicules blindés SERVAL, en remplacement les quinze véhicules de l'avant blindé, à partir de 2027. Concernant la mise à niveau des infrastructures, le quai des patrouilleurs outre-mer a été livré. Vingt millions d'euros sont programmés pour l'hébergement avec la rénovation des bâtiments les plus vétustes en 2026 et 2027 et la construction de trois nouveaux bâtiments à Plum, La Tontouta et Nouméa. La crise de mai 2024 ayant mis en lumière de nouveaux besoins, 5 millions d'euros ont été investis pour construire une piste sommaire dans le sud de Grande Terre, afin de favoriser l'aéromobilité et éviter tout enclavement en période de crise. Sur un plan général, la consolidation des FANC fait l'objet d'un suivi rigoureux et s'inscrit dans une vision à long terme adaptée aux évolutions du contexte sécuritaire.