Dans un contexte de forte augmentation de la production de cocaïne en Amérique latine, les Antilles sont touchées par la multiplication des arrivages et la montée de la criminalité organisée. Les services de la direction territoriale de la police nationale de Guadeloupe, constituée de 1 030 agents en avril 2016 (+18,6 % d'effectifs depuis 2016), sont totalement mobilisés pour lutter contre les trafics et la délinquance violente d'appropriation. L'antenne OFAST Caraïbe et ses détachements ont par ailleurs été renforcés à hauteur de 26 créations de poste afin de renforcer les différents groupes d'enquêtes, d'analyse, de coordination et de détachements locaux. En zone gendarmerie, le maillage territorial est densifié avec la création de la brigade territoriale autonome de Goyave, la brigade nautique de Gourbeyre et le projet de création de la brigade mobile à Capesterre-de-Marie-Galante en 2027 dans le cadre du plan de création des 239 nouvelles brigades. Une brigade nautique sera créée à Gourbeyre en août 2026. L'engagement des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic permet de porter des coups sévères au trafic. En Guadeloupe, 62 kg de résine de cannabis, 406 kg d'herbe et plus de 1 tonne de cocaïne ont été saisis en 2025. Au cours du premier semestre 2026, la police nationale a déjà saisi 201 kg de cocaïne et 580 kg de cannabis à l'échelle du territoire national. Sur le terrain, la lutte contre les points de deal s'intensifie également. Le 30 mars 2026, par exemple, la DTPN démantelait un point de deal ancré durablement sur la commune du Lamentin. Depuis 2024, la gendarmerie nationale a mené plusieurs opérations d'ampleur en Guadeloupe ayant permis de démanteler des réseaux structurés de trafic de stupéfiants. Un réseau actif depuis deux ans entre la Dominique et la Guadeloupe a été neutralisé en 2024, avec la saisie de 800 kg de cocaïne et 27 kg de cannabis. En outre, 173 opérations de lutte contre les points de deal ont été menées en 2025 et 68 entre janvier et mai 2026 en zone gendarmerie. On observe également une hausse des verbalisations pour usage de stupéfiants en 2025 : 1 211 verbalisations ont été dressées en zone gendarmerie. Les cinq premiers mois de l'année 2026 montrent que la répression des consommateurs reste élevée puisque 621 AFD ont été dressées au 31 mai. Les forces de l'ordre peuvent en outre désormais s'appuyer sur les nouveaux moyens que leur confère la loi « narcotrafic » et la montée en puissance, sous le chef de filât de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), du dispositif de lutte contre la criminalité organisée. Le contrôle de la circulation des armes est également fondamental. Les capacités d'analyse balistique de la police et de la gendarmerie sont donc en développement et la direction territoriale de la police nationale (DTPN) s'est dotée d'un « groupe armes ». La région connaît une forte présence de bandes locales, souvent jeunes, impliquées dans des trafics transfrontaliers, notamment via la Dominique. Face à ce constat une brigade de répression des armes et de la criminalité organisée (BRACO), a été créée. Une attention particulière est également portée au phénomène de passeurs (« mules ») par voie aérienne : près de 40 « mules » ont été interceptées à l'aéroport de Pointe-à-Pitre en 2025 et déjà près d'une dizaine au cours des premiers mois de 2026. Le vecteur maritime est également un point d'attention, en Guadeloupe comme dans les autres ports français de la zone Caraïbe. En 2025, les saisies de cocaïne dans des conteneurs en provenance du port de Jarry ont dépassé les 13 tonnes. Un dispositif de surveillance des côtes, reposant pour l'instant sur du renseignement humain et une présence ciblée, a déjà porté ses fruits. A titre d'exemple, dans la nuit du 20 au 21 mai 2026, les gendarmes du Moule et de Saint-François ont intercepté une embarcation en provenance de la Dominique au port du Moule aboutissant à l'interpellation de deux personnes, la saisie de 100 cartons de 50 cartouches de cigarettes de contrebande. S'agissant de l'installation d'un radar de détection en mer, le projet est actuellement à l'étude, sous l'égide des forces armées aux Antilles (FAA). La coopération régionale constitue enfin un levier stratégique majeur de la politique de sécurité menée aux Antilles, que ce soit en matière de narcotrafic, de trafics d'armes et de filières de criminalité organisées. L'installation d'un attaché de sécurité intérieure à l'ambassade de France à Sainte-Lucie a permis d'améliorer les échanges de renseignements sur le trafic de stupéfiants. Une Conférence régionale de sécurité s'est tenue fin juin-début juillet à la Martinique, à l'initiative de la France, et a permis de nouvelles avancées dans la lutte contre le narcotrafic. Le ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur a notamment présenté les grands axes d'action du plan d'urgence Antilles-Guyane décidé par le Gouvernement pour renforcer les moyens de lutte contre les trafics et la coopération au sein de la région Caraïbe. Par ailleurs, une nouvelle session de la Commission mixte de sécurité avec la Dominique se tiendra à la Guadeloupe dans les prochains mois.