🤔Reconnaissance et gouvernance de la neurodiversité en FranceMme Nathalie Coggia attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation des personnes neurodivergentes et sur la nécessité d'une stratégie nationale dédiée. On estime que 15 à 20 % de la population mondiale est neurodivergente mais une grande partie d'entre elle reste sans emploi. La neurodivergence est une variation du fonctionnement neurologique qui entraîne une manière singulière de penser, d'apprendre, de ressentir ou d'interagir avec son environnement. On entend entre autres par personnes neurodivergentes, les personnes qui ont un trouble dys, avec un déficit de l'attention, dans le spectre autistique, avec un haut potentiel, ou encore un trouble du développement intellectuel. Elles ne présentent pas toutes un handicap visible mais rencontrent toutes des difficultés importantes dans un monde qui n'est pas adapté. La gouvernance publique de la neurodiversité en France reste aujourd'hui morcelée et insuffisante et le cadre juridique incomplet même si la loi du 15 novembre 2024 représente une avancée. Pourtant, certains pays ont déjà franchi un cap. Au Royaume-Uni, une politique publique d'inclusion des personnes neurodivergentes a été mise en place à travers le
Buckland Review of Autism Employment et le programme
Access to Work. Ces dispositifs associent pilotage national, accompagnement des employeurs et soutien concret aux personnes concernées. En France, les initiatives existantes - Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, Agefiph, DuoDay - relèvent encore d'une approche générale du handicap, sans prise en compte spécifique des besoins cognitifs et neurologiques. Dans le monde du travail, de nombreuses personnes neurodivergentes demeurent privées d'aménagements faute de reconnaissance administrative (RQTH), alors que ces ajustements simples favoriseraient leur maintien durable dans l'emploi. Dans le système éducatif, les dispositifs actuels (PAP, PPS) restent insuffisants pour répondre à la diversité des profils cognitifs, notamment pour les élèves non diagnostiqués. Et le cas des études supérieures reste largement impensé. Aussi, elle lui demande si le Gouvernement envisage de mettre en place une stratégie nationale de la neurodiversité, fondée sur un pilotage interministériel, pour construire un cadre législatif et ou réglementaire permettant: l'accès aux aménagements raisonnables pour les personnes sans RQTH ; un dispositif éducatif adapté pour les élèves neurodivergents ; et la création d'un observatoire national chargé du suivi, de la coordination et de l'évaluation de ces politiques.