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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Avec
Catherine Chabaud
, Ministère délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la mer et de la pêche10 déc. 2025

FILIÈRE DE LA PÊCHE


M. le président. La parole est à M. Philippe Fait, pour exposer sa question, no 464, relative à la filière de la pêche.

M. Philippe Fait. Madame la ministre chargée de la mer et de la pêche, je souhaite vous interpeller au nom d'un territoire profondément maritime, celui d'Étaples-sur-Mer et de Boulogne-sur-Mer, où la pêche n'est pas seulement une activité économique mais une identité, un savoir-faire et une fierté transmise depuis des générations. Aujourd'hui cette filière est inquiète et son inquiétude est légitime.

À l'approche des négociations internationales pour 2026, l'annonce de quotas fortement en baisse, notamment pour le maquereau, suscitent une immense incompréhension. Depuis des années, la France et l'Union européenne respectent scrupuleusement les avis scientifiques du CIEM – Conseil international pour l'exploration de la mer. Pourtant, la baisse des TAC, les totaux admissibles de captures, s'explique en grande partie par les excès d'États tiers comme la Norvège ou les îles Féroé, qui fixent de façon unilatérale des quotas largement supérieurs aux recommandations.

Les pêcheurs de la Côte d'Opale estiment avec raison que les réductions devraient d'abord être supportées par ceux qui ont dépassé les avis scientifiques et non par ceux qui les suivent. Ils rappellent aussi que l'impact des navires-usines sur la ressource doit être enfin reconnu. Leur contribution aux efforts de réduction ne peut plus être équivalente à celle des petites unités artisanales.

Par ailleurs, les possibilités de report sur d'autres espèces sont inexistantes. Le bar est quasi inaccessible, le hareng est concentré entre les mains de grands navires et la sardine ne concerne qu'un nombre limité de bateaux en raison de la complexité du marché. À cela s'ajoute une inquiétude sérieuse : la possible réactivation des préférences de La Haye au bénéfice de l'Irlande, ce qui serait profondément injuste dans un contexte déjà fragilisé par le Brexit.

Le contrat stratégique de filière engage la France à défendre ses droits de pêche. Quelle position offensive et cohérente le gouvernement entend-il défendre pour garantir le respect des avis scientifiques par tous les États côtiers, pour assurer une répartition équitable des efforts de réduction et pour protéger les pêcheurs français qui agissent, eux, de manière responsable ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche.

Mme Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche. Je vous remercie pour votre question. Comme vous le savez, je me suis récemment rendue à Boulogne-sur-Mer et je suis le dossier de l'état des stocks de poissons depuis mon arrivée au ministère.

La situation de l'océan est assez catastrophique. Le réchauffement climatique fait que certaines espèces migrent, d'autres deviennent invasives, alors que d'autres encore disparaissent complètement, comme le bulot, ce que vous connaissez dans la Manche.

Depuis le Brexit, l'Union européenne est dans une position beaucoup moins forte qu'elle ne l'était auparavant. En effet, les stocks de l'Atlantique Nord-Est qui sont partagés et négociés sont davantage localisés dans les eaux des États tiers que dans celles de l'Union européenne. Dans ces conditions, l'intérêt des flottes des autres États côtiers, en particulier norvégiennes et britanniques, à venir pêcher dans les eaux européennes est grandement diminué. Nous nous sommes beaucoup mobilisés ces dernières semaines pour faire peser le point de vue de l'Union européenne, qui respecte les recommandations des scientifiques, mais elle est moins prise en compte par ces États côtiers, car leur intérêt à le faire est moindre.

L'absence actuelle d'accord sur les TAC de maquereaux pour 2026 est très préoccupante. Elle ne s'explique pas uniquement par un isolement de l'Union européenne, car, je l'ai dit en répondant à la question précédente, les États tiers se sont octroyé unilatéralement des quotas qui ne respectent pas les avis scientifiques. L'Union européenne respecte sa part historique, ce qui n'est pas le cas de tous. Je le répète aussi : la Russie, qui ne siège pas aux tables de négociations, fixe chaque année un quota particulièrement élevé.

Face à cette situation et à défaut d'une amélioration des relations, le Parlement européen et le Conseil se sont dotés cette année, avec le soutien de la France, d'un instrument réglementaire. Il renforce la capacité de l'Europe à adopter des sanctions allant jusqu'à l'interdiction d'accès au marché intérieur, et qui peuvent être prononcées à l'égard d'États non coopérants dans le domaine de la pêche.

Les relations avec le Royaume-Uni en tant qu'État tiers, plus récentes, sont en cours de consolidation. Le gouvernement britannique a souhaité la relance des relations avec l'Union européenne, ce qui a conduit à la prorogation de l'accès total des Européens aux eaux britanniques jusqu'en 2038. L'Union a intérêt à s'appuyer sur le développement global et positif de ses relations avec le Royaume-Uni pour améliorer la relation spécifique en matière de pêche. J'ai d'ailleurs très récemment rencontré à Londres la ministre de l'environnement, chargée de la mer.

Cela étant, au regard du dénouement des négociations sur les TAC et les quotas 2026, il semblerait que les relations entre l'Union européenne, la Norvège et le Royaume-Uni s'améliorent. Un accord trilatéral a pu être trouvé, tandis qu'un accord bilatéral est sur le point d'être signé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Ces accords apportent des solutions à des problèmes qui semblaient difficiles à résoudre il y a encore quelques semaines. C'est le cas, par exemple, du plan de gestion à long terme pour le hareng de la mer du Nord en vue d'arrêter toute surpêche.

Dans un contexte où les négociations de fin d'année à Bruxelles s'annoncent particulièrement difficiles, la France est mobilisée pour que le mécanisme des préférences de La Haye, que vous avez évoqué, ne vienne pas aggraver la situation des pêcheurs français. J'ai d'ailleurs prévu d'avoir un échange cet après-midi avec mon homologue polonais pour éviter que l'Irlande ne déclenche ce mécanisme au détriment de nos pêcheurs.

M. le président. La parole est à M. Philippe Fait.

M. Philippe Fait. À quelques heures des négociations, les pêcheurs attendent que la France défende une position forte. L'inquiétude que je mesure au quotidien ne concerne pas uniquement les pêcheurs, vous avez pu le constater lors de votre déplacement.

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