🤔Négociations internationales de pêche : défense des intérêts français2 déc. 2025 •
Philippe Fait •
aquaculture et pêche professionnelle M. Philippe Fait interroge Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargée de la mer et de la pêche, sur la situation particulièrement préoccupante que rencontrent les pêcheurs français à l'approche des négociations internationales relatives aux possibilités de pêche pour l'année 2026. Il fait valoir que les pêcheurs de sa circonscription, notamment ceux du port de Boulogne-sur-Mer et plus largement de l'ensemble du littoral, expriment une inquiétude croissante face à l'affaiblissement du poids de l'Union européenne dans les discussions avec les États côtiers du nord Atlantique. Ces professionnels redoutent particulièrement l'isolement progressif de l'Europe sur des dossiers majeurs tels que ceux du maquereau ou du hareng, alors même que la France et les autres flottilles européennes ont, depuis plusieurs années, strictement aligné leurs prélèvements sur les recommandations scientifiques. Il est évoqué que, dans le même temps, certains États tiers, notamment la Norvège et les Îles Féroé, continuent d'adopter des quotas unilatéraux très supérieurs aux avis du CIEM, contribuant à une surexploitation persistante de plusieurs stocks. À cette situation déjà préoccupante s'ajoute l'intensification de la pêche russe dans les eaux internationales, parfois non déclarée et non réglementée. Ces déséquilibres conduisent, selon les pêcheurs, à faire peser sur les seuls navires européens les efforts de durabilité et les contraintes réglementaires. Il est également souligné que, malgré cette perte d'influence dans les négociations internationales, la Commission européenne maintient une pression croissante sur les États membres, qu'il s'agisse de la gestion des stocks du golfe de Gascogne, de l'effort de pêche en Méditerranée ou encore de l'encadrement applicable en Manche et en mer celtique. Cette asymétrie devient difficilement compréhensible pour les marins, qui s'interrogent sur la cohérence globale de l'action européenne. Par ailleurs, il est craint que la baisse annoncée de nombreux TAC ne permette à l'Irlande de solliciter l'activation des Préférences de La Haye, un mécanisme jugé aujourd'hui inéquitable, en particulier à la suite des effets du Brexit sur l'équilibre des pêcheries européennes. Dans ce contexte, M. le député rappelle que le Contrat stratégique de filière engage explicitement la France à défendre ses droits de pêche dans les négociations avec les pays tiers. Il lui demande donc de quelle manière le Gouvernement entend affirmer une position forte et offensive dans les discussions internationales à venir, afin de garantir le respect des avis scientifiques par l'ensemble des États côtiers, de préserver les intérêts socio-économiques des pêcheurs français et d'assurer la pérennité des activités maritimes dans les territoires littoraux.