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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants

Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Financement du permis de conduire et territoires ruraux - CPF formation professionnelle et apprentissage
Avec
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités18 févr. 2026

PERMIS DE CONDUIRE


Mme la présidente. La parole est à M. François Jolivet, pour exposer sa question, no 601, relative au permis de conduire.

M. François Jolivet. Monsieur le ministre, l'occasion vous est donnée de justifier une posture, ou en tout cas une position du gouvernement : la décision de réduire le champ d'application du compte personnel de formation, le CPF. Historiquement, ce dispositif permettait de financer le permis de conduire, ce qui n'est plus le cas depuis que vous avez souhaité en restreindre les conditions d'application. Je veux vous dire le désappointement qu'un tel choix suscite chez moi.

Je suis élu d'un département rural. Or, chez nous, l'accès à l'emploi est conditionné à l'obtention du permis de conduire. Nombre d'urbains, par exemple à Paris, n'ont pas le permis. Cependant, ils en ont besoin lorsqu'ils doivent se rendre dans des territoires plus éloignés pour travailler. La mobilité n'est possible que si l'on a son permis.

Par ailleurs, lorsque les détenteurs du permis de conduire – qu'ils soient salariés dans des zones urbaines ou rurales – perdaient celui-ci, le tribunal de police leur expliquait qu'ils pouvaient en obtenir un nouveau, financé par le CPF, dans la mesure où ils en avaient besoin pour conserver leur travail. Cela leur évitait de rouler sans permis et peut-être aussi d'être tentés de se soustraire à un contrôle lorsqu'ils se trouvaient face à un barrage de police ou de gendarmerie.

J'aimerais savoir, tout d'abord, ce qui a justifié ce choix du gouvernement et, ensuite, si vous envisagez des correctifs ciblés – j'ai cru comprendre qu'un décret devait être publié prochainement.

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.

M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Vous l'avez rappelé, le gouvernement a souhaité dès 2018 que le CPF contribue à lever les freins à la mobilité en rendant éligibles les préparations aux permis de conduire du groupe léger. La finalité de cette mesure était clairement professionnelle : faciliter l'accès ou le retour à l'emploi.

Je partage bien sûr votre attachement à l'égalité d'accès à l'emploi et à la formation, en particulier dans les territoires ruraux – que vous représentez –, où la mobilité constitue un facteur déterminant de l'insertion professionnelle.

Cette mesure s'inscrit dans une dynamique de recentrage des politiques publiques et d'efficience économique, dans le contexte d'un budget pour 2026 contraint. Elle a été conçue en articulation avec les autres possibilités permettant de financer le permis, afin de ne laisser personne à l'écart, notamment les personnes vivant en milieu rural.

Les évaluations disponibles, notamment celles de la Dares, la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, montrent toutefois que l'objectif initial du dispositif n'a été que très partiellement atteint. En effet, les bénéficiaires vivent majoritairement dans des zones bien desservies par les transports collectifs, ce qui peut sembler paradoxal, et les motivations déclarées relèvent souvent de l'usage personnel, voire de confort, au-delà des seuls besoins professionnels.

Le second fondement du recentrage de notre politique est lié à la soutenabilité financière du dispositif. Les préparations au permis de conduire représentent environ 300 millions d'euros de dépenses annuelles et les tarifs augmentent régulièrement d'environ 3 % par an, ce qui représente un montant élevé par rapport à l'ensemble du budget du CPF et pèse durablement sur le dispositif.

Dans ce contexte, le gouvernement a choisi de recentrer, et non de supprimer, le financement par le CPF du permis de conduire afin de préserver sa vocation première : sécuriser les parcours professionnels. Il est légitime que les entreprises, qui financent le CPF, vérifient que son utilisation est bien orientée vers l'emploi.

L'éligibilité des préparations au permis léger est ainsi maintenue pour les demandeurs d'emploi pour lesquels la mobilité constitue un levier immédiat de retour à l'activité.

Rappelons qu'il existe d'autres possibilités de financement, grâce auxquelles les actifs en milieu rural ne sont pas laissés de côté. Le permis de conduire d'un salarié peut ainsi être cofinancé par l'employeur, ce qui est d'ailleurs un moyen d'attester du caractère professionnel du projet – dans ce cas, le CPF peut être mis à contribution.

Une telle approche permet, en complément du CPF, de mobiliser les acteurs de terrain les plus pertinents pour répondre aux réalités locales, en particulier dans les territoires ruraux tels que les collectivités, les entreprises et les opérateurs de l'emploi.

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