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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture

Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Avec
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées29 avr. 2026

VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES DANS LA SARTHE


M. le président. La parole est à Mme Élise Leboucher, pour exposer sa question, no 709, relative aux violences sexistes et sexuelles dans la Sarthe.

Mme Élise Leboucher. Vingt et un mille euros : c'est le reste à charge cumulé supporté par les victimes de violences sexuelles dans l'enfance pour se soigner. Anxiété, troubles du sommeil, crises d'angoisse, dépression, isolement, conduites addictives, troubles alimentaires, douleurs chroniques, maladies cardiovasculaires, tentatives de suicide : 70 % des victimes de violences sexistes et sexuelles auront de graves conséquences psychotraumatiques sur leur santé mentale et physique. Certaines d'entre elles subiront même des conséquences neurologiques – il a été démontré que des zones cérébrales pouvaient diminuer de 30 % à la suite de violences sexuelles.

Tous les spécialistes s'accordent à dire que les violences sexuelles constituent une urgence médico-psychologique. Plus la prise en charge est spécialisée, rapide et de bonne qualité, plus les conséquences peuvent être atténuées. La France a d'ailleurs ratifié en 2014 la convention d'Istanbul, qui oblige tous les pays signataires à se doter de centres d'aide d'urgence pour les victimes de violences sexuelles. Toutefois, la France compte moins de 50 centres régionaux du psychotraumatisme – avec des délais d'attente d'un an en moyenne –, alors qu'elle devrait en avoir près de 300 pour respecter la convention d'Istanbul. Quant aux hôpitaux, ils sont en crise et ne disposent toujours pas d'un protocole harmonisé de prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS). Enfin, la politique de votre gouvernement a méthodiquement détruit le secteur psychiatrique et l'offre de soins psychologiques.

Pour toute réponse, vous invoquez le dispositif Mon Soutien psy, créé en 2022 et déjà boycotté par une large partie de la profession. Ce dispositif, de toute façon, est inadapté aux victimes de VSS : il propose douze séances d'accompagnement psychologique, alors que vingt à trente-trois séances spécialisées en psychotraumatisme seraient nécessaires. En outre, il s'adresse aux personnes connaissant une souffrance d'intensité légère à modérée, ce qui ne correspond pas aux psychotraumatismes résultant de VSS.

Dans mon département de la Sarthe, les victimes de violences sexistes et sexuelles font face à une saturation complète de l'offre de soins, alors même que les signalements pour violences sexuelles ont augmenté de 5 % en un an. L'établissement public de santé mentale et le centre hospitalier du Mans disposent bien d'un pôle de psychotraumatologie, mais il est tellement saturé que les professionnels doivent accueillir en priorité les personnes ayant vécu des traumatismes très récents. Il existe aussi des centres médico-psychologiques (CMP), mais le manque de personnel crée des délais d'attente très longs avant l'obtention d'un premier rendez-vous ; par ailleurs, les professionnels qui y exercent ne sont pas toujours formés aux psychotraumatismes et aux VSS.

Face à cet abandon des victimes, les associations s'organisent. Le centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de la Sarthe tente d'ouvrir une permanence psychologique, assurée par une professionnelle du psychotraumatisme, pour accompagner gratuitement une vingtaine de victimes de VSS chaque année. Mais l'agence régionale de santé (ARS) a répondu à sa demande de subvention que le dispositif Mon Soutien psy était suffisant – alors même que celui-ci est déjà saturé dans le département, en plus d'être inadapté. Quelques mois auparavant, l'association France Victimes en Sarthe avait dû fermer son dispositif d'accompagnement des victimes de VSS par manque de financement. Je précise que la Sarthe est particulièrement affectée par les choix politiques de la présidente de la région Pays de la Loire, Mme Christelle Morançais, qui a supprimé toutes les aides aux associations, notamment celles destinées au CIDFF et au planning familial.

Dans ce contexte de grande fragilisation des associations, le déficit de financements publics et le renforcement du mécénat privé empêchent la pérennisation de tout dispositif d'aide aux victimes. Que répondez-vous aux victimes de violences sexistes et sexuelles de mon département qui n'ont aucune solution ? Alors qu'en France, un tiers des femmes subissent des violences sexistes ou sexuelles qui auront de graves conséquences sur leur santé physique et mentale, quels engagements prenez-vous pour leur proposer enfin une prise en charge à la hauteur, dans le respect de la convention d'Istanbul ?

M. le président. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.

M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Au nom du gouvernement, je confirme que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est une priorité. Il reste beaucoup à faire pour accompagner les victimes, notamment sur le plan psychologique.

S'il existe encore des difficultés d'accompagnement dans certains territoires, de nombreuses mesures se sont concrétisées ces dernières années : plus de 200 structures spécialisées en psychotraumatisme, dont les centres de ressources territoriaux, et trente-quatre maisons des femmes, ainsi que leurs dizaines d'antennes, maillent désormais le territoire.

Les outils de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) ont permis de former plus de 500 000 professionnels au repérage et à la prise en charge des victimes. Les structures sont donc désormais plus nombreuses et permettent de mieux accompagner davantage de victimes. Cette augmentation met cependant certains services sous tension, avec des conséquences sur les délais d'accès aux soins, parfois allongés de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois.

Pour poursuivre l'accompagnement des victimes, l'action du gouvernement s'articule autour de trois priorités. Tout d'abord, le développement d'une offre spécialisée en psychotraumatisme, afin de mieux outiller les lieux où les victimes peuvent être prises en charge immédiatement : maisons des femmes, centres spécialisés en psychotraumatologie, unités d'accueil pédiatrique des enfants en danger (Uaped) pour les mineurs. Dans ces structures, une femme pourra, en une seule fois, consulter un médecin ainsi qu'un psychologue et être accompagnée dans ses démarches.

La deuxième priorité est de mettre en œuvre le parcours coordonné renforcé pour les enfants de l'aide sociale à l'enfance (ASE), garantissant, pour chaque enfant confié, un bilan systématique, des soins somatiques et psychologiques, un suivi dans la durée. Ce parcours vise à prévenir les troubles psychotraumatiques durables, dont les retentissements sur la santé des enfants sont en effet considérables, entraînant des coûts massifs pour notre système de santé. D'autres politiques similaires émergent dans d'autres territoires pour des enfants ne relevant pas de l'ASE.

Troisième priorité : mieux repérer, former et orienter. La Miprof développe des outils en ce sens : grilles de repérage, formations, protocoles de signalement. L'objectif, à terme, est de faire en sorte qu'un enseignant, un médecin ou un animateur sache immédiatement orienter une victime vers le bon dispositif, sans perte de temps. Sachez enfin que la ministre de la santé annoncera bientôt un plan spécifique pour aller encore plus loin sur cette question majeure.

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